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En jeu politique, l’enjeu importe peu pourvu que l'on ait la place

Publié le 11 juillet 2011 par Chezfab

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Nous sommes en guerre, depuis des années. Notre nation (car c’est le mot à la mode) est en guerre, que ce soit en Irak, en Afghanistan ou maintenant en Libye. Et je mets de côté les coups de force en Afrique, qui sont plus que fréquents. Tout cela pour « défendre les intérêts de la France ». Comprenez défendre les intérêts de ses multinationales et des marchés. De ses riches.

Nous sommes sous la coupe des banquiers et autres investisseurs. Aujourd’hui même Raffarin le dit : il faut séduire l’électeur et les fonds de pension (serait-ce un coup de lucidité ? Non plutôt de cynisme de la part d’un de ceux qui sert les riches depuis des années). La gouvernance du monde est aujourd’hui orientée vers le maintien de la richesse d’une élite oligarchique autoproclamée. Nous sommes coupable collectivement de cela en laissant notre apathie être la seule réponse. Mais nous sommes aussi tétanisé par la jeu politique (voir ci-dessous).

Nous sommes sous le coup d’une monté sans précédent de la précarité et de la pauvreté en France. Le nombre d’enfants sous le seuil de pauvreté est en hausse permanente, dépassant le million depuis longtemps. Le nombre de personnes sans logement est en augmentation. Le nombre de personnes ne mangeant pas à sa faim est plus qu’en explosion. Le nombre de personnes ne pouvant pas partir en vacances atteint presque 50%.

Nous vivons une destruction des services publics, que ce soit les services hospitaliers, l’école, les pompiers, les crèches, les maisons de retraites. Tout est balancé dans les mains du marché, autrement dit bradé à des fous qui seraient capables de tuer père et mère pour faire encore plus de pognon. Au mépris des besoins des plus pauvres, et de tous en fait. Sur l’hôtel du profit, nous sacrifions simplement le ciment de la vie en commun. Passant d’une société de l’entraide (même très imparfaite) à une société du chacun pour soi. Et Dieu pour personne, je ne vais quand même pas rappeler ici que c’est une fiction.

Alors face à cela, même si je crois plus à l’action directe et en une société anarchiste, je ne peux que trouver que le jeu politique actuel est à vomir.

Les pauvres sont lancés dans les bras d’un Front National trop content de les récupérer. Et ce avec lucidité (lisez donc, comme le souligne Fakir, excellent journal, les notes de la fondation Terra Nova) et cynisme. Dans le but clair de créer une « masse non critique » d’électeurs pour s’assurer une victoire au second tour pour l’UMP ou le PS. Car ils sont dans l’instant, oubliant que l’histoire est pleine de fascistes arrivés au pouvoir par les urnes quand d’autres pensaient juste s’en servir pour contrer l’adversaire de gauche ou de droite. Au nom de leur élection, jusqu’où iront les inconscients politicards ?

Les écologistes d’Europe Ecologie Les Verts (fermez la porte en sortant) semblent, avec un peu de surprise, avoir choisi Eva Joly comme candidate, au lieu de l’éco-tartuffe amis des puissants Hulot. Mais le rôle d’hulot, dans le jeu, est tenu : laisser croire qu’Eva Joly serait une femme de gauche et anticapitaliste. On en est très loin, mais l’illusion peut avoir pris. Et le journal des marchants de malheurs de se lamenter sur la défaite de leur poulain, tout en soulignant la prégnance idéologique de celui-ci.

Au Front de Gauche, c’est Mélenchon qui tient la corde. Tout en gouaille mais si on décortique, peu de choses sortent réellement de ses diatribes. Elles font plaisir, flatte le côté anti, mais ne sont que peu force de proposition au-delà d’un programme commun digne de celui de Mitterrand grande époque (et on se souvient de ce que cela a donné). De plus le positionnement « par les urnes » d’une « révolution citoyenne » entraine de fait une baisse de la mobilisation des gens, force première dans l’histoire (et le présent) de tout changement. Alors la « révolution citoyenne » sans les forces qui vont avec, qui y croit ? La révolution citoyenne sans appelle aux travailleurs … Ca promet !

Côté FHaine, voir ci-dessus, on se contente de ramasser les électeurs qui passent, en jouant à « plus social que moi tu meurs ». Mais le vote FHaine va aller avec la note que devront payer les partis dit de gouvernement pour ne pas avoir écouté leurs électeurs, fait fi de tout, voulu créer des choses ex nihilo sans appui de qui que ce soit (Europe telle qu’elle est aujourd’hui, représentativité de plus ne plus discutable, cumul des mandants, etc.… etc..). Car c’est une défiance qui peut créer un vote d’adhésion (et non de contestation) aux idées simplistes de repli sur soi, propre au FHaine. Car oui, ne nous leurrons pas, ce n’est plus un vote « sanction » mais bien un vote consenti, avec ce que cela implique comme de dire « on a déjà tout essayé, alors pourquoi pas Le Pen ? ».

Le NPA tente d’exister mais met à sa tête pour porter les couleurs de son parti un homme tout à fait « formaté » malgré ses dires. Un ouvrier, présenté comme tel, pour « dénoncer l’usurpation du FHaine »… Drôle de mission. Moi qui croyait que la primauté devait être de dénoncer et d’affaiblir (pour le renverser) ce système capitaliste, j’ai du me tromper. Ancien de Lutte Ouvrière, Poutou en la dialectique, le phrasé et surtout pas mal le positionnement (écologique par exemple). Rien de très entrainant donc, mais un jeu de dupe pour donner une impression ouvriériste à une candidature.

Le PS nous rejoue la partition du parti du peuple. Ce parti qui a tout accepté depuis des années et qui a été celui de l’arrivée des marchés n’a pas fait son aggiornamento. Mais il cherche aujourd’hui à jouer à plus rouge que rouge, surfant sur un anti-sarkozysme assez primaire. Mais que voulez vous, quand on n’a pas d’idées (ou très proches de celles de l’UMP) il faut bien se démarquer par quelque chose d’autre. Mais quoi ? Et bien du « sociétale » comme on dit, qui a certes sont importance, mais qui ne peut pas être le cœur d’une politique ! Et puis des affaires montés en mayonnaise (et que l’on dit du mal de Martine sur internet, et qu’on en dit de Ségolène, et de François). Bref du vide, de l’air, du vent. Mais du médiatiquement utile pour faire oublier les frasques de DSK … Et ne pas parler du programme.

Et l’UMP, totalement décomplexé, peut se lancer, comme avec le rapport Goasguen dans la chasse à l’immigré et à l’ennemi intérieur. Cette propension à désigner des ennemis pour que le « bon peuple » détourne la tête de celui réellement à abattre, c’est un anthem ancien, que nous ressorts régulièrement le partis des patrons et de la finance. Tout comme le pied fait ouvertement dans la grande partouze nauséabonde aux Identitaires par la « Droite Populaire » des néo-pétainistes. A grand coup d’apéros saucisson-pinard bien franchouillards. Au fait, ces crétins là sont ministres, comme Thierry Mariani par exemple. Donc les idées de l’extrême droite sont déjà au gouvernement… N’en déplaise à ceux qui pensent qu’ils n’ont pas encore essayé le FHaine. Tient un autre exemple, priver les enfants de chômeurs (ces fainéants comme dirait le député Luca) de cantine. Les salopards en rêvaient, l’UMP l’a fait !

Voilà, le tour du jeu électoraliste n’est pas exhaustif, j’en conviens, mais il démontre à quel point nous sommes loin de l’idéologie, de l’idée, du programme sauf… A droite toute ! Et là ça fait mal, ça casse, ça détruit, mais nous restons apathiques.

Il va falloir bien plus qu’un simple bulletin dans une urne pour renverser la vapeur. Bien plus aussi que de simples « indignations ». C’est une révolte, un soulèvement des peuples qui est à espérer pour changer les choses. Mais au-delà de ça, il nous faut changer nous aussi de fusil d’épaule. Changer de but, qu’il soit autre que notre simple confort personnel, mais bien celui du confort de tous. La liberté, c’est s’occuper que celle des autres existe. Qu’elle soit totale pour tous. Alors, nous ne pouvons nous satisfaire de la présence sur le sol français de Centre de Rétention Administratifs, nous ne pouvons vouloir que les mineurs aillent en prison, etc.. etc.. Mais nous devons non seulement le dénoncer, mais en allant encore plus loin, lutter contre, être présents, hurler la colère et la laisser enfler ! Un tsunami de colère pour une révolte qui balaie tout, en continue, et cherche le monde le plus vivable.

Non, les urnes, dans l’histoire, n’ont jamais permis à elles seules d’obtenir quoique ce soit. C’est bien la lutte, et par la lutte, que nous devons transformer cette société, pour ne plus nous laisser endormir par les chants de sirènes du jeu politique. Jeu qui n’a pour but que l’obtention du pouvoir et son maintien à la tête de celui-ci, et non le bien être de toutes et tous.

Libertaire, anarchiste, la révolte doit prendre des tournures pour « libérer l’humain ». Elle ne doit pas être corporatiste et encore moins fondamentaliste. C’est à cette condition que demain sera plus plaisant qu’aujourd’hui, mais surtout que le présent deviendra vivable. Etre dans la perspective anarchiste ne demande pas autre chose que de se dire que la révolution commence ici et maintenant, mais qu’elle doit grandir.

Contraignant, oui c’est certain. Mais beaucoup moins pernicieux que de laisser se faire sur notre dos un jeu politique qui assure à la bourgeoisie oligarchique d’être toujours bien servie.


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