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Les consommateurs « banquiers » des allègements de charges des entreprises ?

Publié le 12 juillet 2011 par Slovar
Au nom de la compétitivité des entreprises, l'UMP propose de taxer les sodas pour alléger les cotisations de Sécurité sociale des agriculteurs ! Une simple étape avant de payer leur protection sociale ?
Les consommateurs « banquiers » des allègements de charges des entreprises ?
L'UMP aime faire des cadeaux aux organisations patronales. Le problème c'est que ça coûte cher au contribuable mais aussi bientôt au consommateur !
Après leur avoir fait cadeau de la taxe professionnelle (qui n'a eu eu, au passage, aucune influence sur l'emploi ) alors que, selon le gouvernement, cette réforme répondait : « (...) à un objectif clair : garder nos usines en France et permettre à nos industriels de se battre à armes égales avec leurs concurrents étrangers (...) » qui a entrainé une perte pour les collectivités locales de 22 milliards d'euros et qui devait être compensée par une éventuelle taxe carbone torpillée ... par le Medef
L'UMP souhaiterait faire un nouveau cadeau. Celui-ci serait destiné à maintenir les emplois permanents des entreprises agricoles. Pour ce faire, un député UMP, Bernard Reynès vient de proposer dans un rapport sur la compétitivité de l'agriculture française remis à Bruno Le Maire, le 6 juillet dernier, de créer ... une nouvelle taxe sur la consommation
De quoi parle ce rapport ?
« L’article 38 de la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche du 27 juillet 2010 prévoit que le Gouvernement doit, dans un délai d’un an après la promulgation de la loi, remettre aux assemblées parlementaires un rapport sur le coût du travail permanent en agriculture et sur les modes de financement alternatifs de la protection sociale susceptibles de l’alléger »
Tout en reconnaissant l'extrême précarité des salariés, puisque le nombre de CDI représentait en 2009 : « (...) 16,5% des emplois de la production agricole alors que pour tous secteurs de l’économie ce taux est de 78% (...) » il propose de combattre cette précarité par : « (...) une mesure d'allègement des charges rapidement applicable (...) » Cet allègement reposerait sur : « l’exonération jusqu’à 1.6 SMIC des cotisations conventionnelles et éventuellement des cotisations légales (...) » page 6 et 7 Ce qui selon lui : « (...) permettra aux entreprises de retrouver des marges suffisantes pour préserver les emplois permanents de leurs salariés et pour les pérenniser (...) »
Outre, qu'on doute très fortement de la conclusion du député sur la pérennisation des CDI dans une activité saisonnière, on est en droit de se demander qui va financer ces : marges suffisantes
Et bien, Bernard Reynès a eu une idée de génie : Taxer les buveurs de boissons gazeuses !
« (...) Pour compenser la perte de recettes pour la Sécu (400 millions), le député propose une augmentation de 5,5% à 19,6% de la TVA sur les boissons sucrées non alcoolisées (...) » - Le Figaro
Ce qui signifie que ce sont les consommateurs français qui seront censé pérenniser les quelques 16,5% d' emplois permanents de la production agricole ! Dangereux lorsqu'on sait que l'augmentation des prix a une influence immédiate sur l'acte d'achat.
Mais, ce n'est pas tout, puisque dans le rapport le député propose (page 36) au gouvernement : « (...) d’étudier les conditions de mise en œuvre à moyen terme d’un financement de la protection sociale agricole par une recette fiscale provenant d’une augmentation du taux de TVA sur les produits agricoles et agro-alimentaires (...) » Après tout, au point où en est le pouvoir d'achat !
Par contre, en ce qui concerne les fabricants de sodas et boissons non alcoolisés, le syndicat des boissons rafraichissantes (SNBR) affirme qu'une taxation : « (...) entraînerait mécaniquement une augmentation du prix de vente de ces produits (...) » et n'hésite pas à brandir, en cas de baisse de la consommation, la survie des : « (...) 5.000 emplois directs et des milliers d'emplois indirects »
Mais pas de panique, puisque, à ce moment là, en cas de chômage massif, il sera toujours temps de faire appel au : « Fonds européen d’ajustement à la mondialisation » de l'Union européenne. Fonds, que les autorités françaises ont sollicité à hauteur de 24 millions d'euros pour faciliter le retour à l’emploi de 3 582 personnes licenciées par Renault et sept de ses filiales et producteurs en 2008.
En matière de gestion des trous, Même le sapeur Camember n'aurait pas fait mieux !
Crédit photo
Le Point

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