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La bourse ou la vie !

Publié le 12 juillet 2011 par Pierre

La bourse ou la vie !La Bourse est « en petite forme » aujourd’hui, puisqu’il n’y a eu que vingt-six milliards d’euros échangés. Ou trois… Ou neuf… Que signifient donc de tels chiffres pour le couillon moyen ? Mais la caissière d’Auchan doit sûrement écraser une larme furtive : quoi ? seulement 12 milliards ? ça craint !

La tendance s’inverse, la Bourse « reprend sa marche en avant vers les sommets » ? Hourrah ! Sonnez trompettes, résonnez hautbois ! On se sent déjà nettement mieux ! Le chômeur en fin de droits en est tout ragaillardi.

Curieux phénomène : c’est toujours la Bourse qui a des états d’âme, jamais l’employé stressé, le cadre débordé, l’ouvrier sous-payé, la secrétaire harcelée ou la directrice d’école épuisée : eux n’existent tout simplement pas, ou alors simplement comme crânes à bourrer.

La Bourse est « atone ». Prière d’être vaguement contrarié. Elle est « frileuse » ? Là on est déjà forcément un peu plus soucieux. « Fébrile » ? Alors là ça ne rigole plus, on est vraiment prié de s’inquiéter. Elle peut aussi être « en petite forme », « prudente », « dans l’expectative ». Dans ce cas elle « se contracte », « se replie », « est peu favorisée », « abandonne » quelques pour cent.
A l’inverse elle est « bien orientée », « dynamique », « optimiste », « rassurée », « euphorique » même ! Alors, ô joie ! elle « se redresse », « reprend de la hauteur », « du terrain », « du poil de la bête », « retrouve le sourire », « rebondit », « se raffermit ». C’est que nous avons là une petite personne fort délicate dont les sautes d’humeur, les caprices, les tocades sont surveillés comme le lait sur le feu car ils conditionnent l’enrichissement et les milliards de quelques-uns. La dèche, le chômage, le désarroi de dizaines de millions d’autres ne sont qu’une conséquence collatérale totalement négligeable. Ceux qui n’ont rien à compter ne comptent pas.

Le seul enjeu valable c’est de « rassurer les marchés ». Les gens on s’en fout comme d’une fiente de moineau dans un terrain vague. C’est rien que des empêcheurs de s’enrichir en rond. Hausses de salaires, politiques sociales, services publics, retraites décentes, tout ça c’est l’horreur. La Bourse déteste. Plans de licenciements, délocalisations, dumping fiscal et social, subprimes, régimes autoritaires ou dictatoriaux : que voilà des mots qui sonnent doux ! La Bourse adore. Sans parler bien sûr des paradis fiscaux, produits financiers toxiques et autres saloperies. Le top du top : l’entreprise qui annonce en même temps plan de licenciement, délocalisation et bénéfices records. La Bourse « applaudit » et « plébiscite le titre ».

En un mot plus les gens sont accablés, opprimés, misérables, plus les marchés sont satisfaits, prospères, heureux. Caricature ? A peine…

Le « printemps arabe » ? C’est pas bon ça, Coco. Ces pays-là, faut leur baisser la note souveraine, ça leur apprendra ! La Grèce, l’Irlande, l’Islande, le Portugal sont plus ou moins ruinés ? Comment ça c’est la faute des banques et des spéculateurs ! Non mais ça va pas ? C’est évidemment la faute des fonctionnaires, des services publics, des retraités, de tous ces foutus « assistés » !

Le marché a toujours raison, le citoyen a toujours tort. Il n’a donc qu’à fermer sa gueule. De toutes façons on ne lui demande pas son avis.

Dernière minute : le cours de l’action Tepco a fait « un bond en avant » à la Bourse de Tokyo à l’annonce que sa responsabilité financière dans la catastrophe de Fukushima allait être plafonnée…

Maurice Claqueboudin


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