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[France - Ecologie] Natura 2000 : plus d’un tiers des sites naturels protégés sont dégradés, selon FNE

Publié le 12 juillet 2011 par Yes

Selon l’enquête 2011 menée par France Nature Environnement (FNE) sur les sites Natura 2000, 34,1% des zones de protection spéciales (ZPS, instituées par la directive Oiseaux) et 19,1% des zones spéciales de conservation (ZSC, instituées par la directive Habitats) sont « concernées par des dégradations ou sont susceptibles de l’être ». L’ONG a réalisé son évaluation, qui ne prétend pas à l’exhaustivité, avec les données relevées par ses correspondants dans les régions de France dont 12,5% du territoire terrestre sont intégrées dans le réseau Natura 2000. Une évaluation officielle par l’Etat est attendue en 2012.
Parmi les exemples de sites concernés par ces dégradations, FNE cite l’île de Noirmoutier, dont  les dunes sont victimes des boues de dragage du chenal d’un port, Fontenay-sur-Mer dans le Cotentin où l’extension d’un golf est menée en pleine zone protégée ou les Pyrénées-Orientales, qui comptent plusieurs projets de stations de ski mettant en danger les tourbières, le coq de bruyère Grand Tétras (tetrao urugallus) et une espèce rare de papillon, le Damier de la Succise (euphydryas aurinia). Les régions les plus touchées par les dégradations sont l’Aquitaine, le Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’azur (Paca). FNE souligne les atteintes sur des espèces emblématiques : le vison d’Europe, l’outarde, un semi-échassier tacheté en voie de disparition en Europe et qu’on trouve encore dans le sud de la France et en Espagne, ou la violette de Rouen, qui n’est plus présente que sur trois communes en France et qui risque aujourd’hui de disparaître du fait de deux projets routiers.
D’après l’enquête FNE, les projets ou activités mettant en péril les sites protégés sont très variés : il peut s’agir d’événements accidentels (incendies, pollutions), d’actes de malveillance (décharges sauvages, braconnage), de dragages de ports, de manoeuvres militaires. Sont également mis en cause certaines pratiques d’agriculture intensive ou de loisirs (chasse, sports de nature), le développement urbain et touristique, la création d’infrastructures de transport (routes, LGV, canaux, aéroports, etc.) ainsi que des problèmes résultant d’une mauvaise gestion de la ressource en eau.
Sur la base de ses enquêtes d’évaluation du respect de la directive européenne Natura 2000, FNE demande aux pouvoirs publics de réexaminer les « projets potentiellement néfastes qui n’ont pas encore été autorisés » et de veiller à la réalisation d’études objectives des impacts écologiques des projets de construction dans et à proximité des zones de protection des espaces naturels. Il y a urgence à agir car le non-respect de la directive européenne est passible de lourdes amendes. La France a ainsi été tancée à la mi-juin par la Cour européenne de justice pour n’avoir pas suffisamment protégé les lieux de reproduction du grand hamster en Alsace, menacé notamment par des projets de zones de développement économique près de Brumath au nord de Strasbourg.


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