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Jardins de Bagatelle de Guerlain : opulence et fausse candeur au rendez vous

Publié le 18 juillet 2011 par Papillondessenteurs @Papillondessent

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C'est assez drôle quand même les coïncidences ...

En rentrant de congés j'ai écrit sur Fleur de Rocaille et cela m'a donné envie de parler de Jardins de Bagatelle.

Puis entre temps, Jeanne Doré a évoqué ce jus.

Ainsi j'ai hésité quelques jours car je ne savais pas si mon article tombait à propos et j'ai fini par me lancer.

Après tout, les grands esprits du parfum se rencontrent, que peut on y faire ?

Et puis je vais l'aborder à ma manière, c'est à dire via le côté émotionnel ...

Dans un premier temps, Jardins de Bagatelle évoque pour moi les années 80-90, mon enfance en résumé.

Il me donne l'image d'un parfum de Femme, mais aussi un parfum à la fois riche et innocent.

 Il fait partie de ces jus que j'ai découverts étant petite, que je ne me voyais nullement porter et que j'ai donc rangé dans ma mémoire dans la catégorie "parfums d'adultes".

Puis les Jardins de Bagatelle se sont rappelés à moi de nombreuses fois avec grand plaisir.

Par exemple, lors d'un de mes stages professionnels, une femme d'une cinquantaine d'années parfumait régulièrement le couloir d'effluves savonneux et enivrants.

Pendant un temps, il m'avait semblait qu'elle portait un Chanel mais je sus quelques mois plus tard par mon petit ami de l'époque, lui aussi très sensible aux parfums, que c'était Jardins de Bagatelle. J'avoue avoir été étonnée car elle le portait différemment de l'odeur que j'avais conservé dans mes souvenirs. Quant à lui, il en était persuadé car c'était l'odeur du parfum de la première femme à mettre ses sens sans dessus dessous : un de ses anciens professeurs, une femme jeune, élégante et sexy. Ainsi pour lui aussi cette fragrance sentait l'enfance mais elle était reliée en lui à un premier amour rêvé.

Cette anecdote m'avait fait sourire et j'avais apprécié cette confidence qui m'avait permis d'avoir confiance en moi : ce don pour reconnaître les parfums, d'autres personnes l'avaient aussi, hommes compris.

Puis en 2008, j'ai eu la chance de visiter le Paris romantique. Et là, je suis retombée sur le nom "jardin de Bagatelle" à Paris-Neuilly, et je souris en pensant à ce parfum. Ainsi, je compris tout le concept de ce parfum, qui m'avait il me faut l'avouer, un peu échappé.

Quand il a été lancé en 1983, Jean Paul Guerlain s'est inspirés de ces Jardins construits en un temps et avec un budget record, par le Comte d'Artois et Marie Antoinette. Jardins où l'on peut trouver un joli château, un pavillon, une roseraie, des fontaines et bien d'autres surprises.

Alors je comprends mieux ce parfum, qui représente le romantisme lié à ces Jardins, la luxuriance de fleurs et de végétaux, l'équilibre entre la modernité et l'héritage, la sensualité et la fraîcheur.

Et puis ce nom, Bagatelle, est assez évocateur, donnant l'image d'une femme joyeuse qui construit son bonheur à la force de ses envies et laisse les ennuis comme des bagatelles posées sur sa route.

Bref c'est un parfum optimiste et féminin ... Très attractif !

L'autre jour je suis retournée le sentir, par curiosité et envie de partager cet entrain.

Et là, je l'ai apprécié. J'ai presque pensé à le porter. J'ai fini de penser que ce jus est une fragrance qui sonne faux sur moi.

J'ai donc eu le plaisir de redécouvrir ce floral opulent, très fleur d'oranger.

Tout d'abord la tête est très aérienne et pétillante : agrumes et feuilles de violette.

Mais très rapidement, nous entrons dans le coeur du jus : un bouquet de fleurs blanches peu candides, avec une impression de Lys royal assez intense, et jasmin, magnolia, gardénia et néroli par petites touches. A cela s'ajoutent des fleurs laissant un effet plus poudré et sensuel, comme les roses du Jardin de Bagatelle (ou du moins leur portrait olfactif paré d'aldéhydes), le mimosa, l'iris ou encore des fleurs vertes comme le narcisse. Je m'aperçois d'ailleurs que les fleurs à foison mêlées à la bergamote de tête et au patchouli mousseux de fond donnait une impression légèrement chyprée assez intéressante.

En fond justement, la sensualité est de de mise avec des muscs, des bois, des lichens et une note animale qui répond à la face obscure des fleurs blanches.

En fil conducteur, la solaire tubéreuse, sensuelle et moirée, sied à merveille à ce parfum (et pour répondre à Jeanne, en effet je pense que c'est elle qui confère ce côté exotique qui vous rappelle la noix de coco).

Un beau jus, certes très loin de Jicky et Shalimar, mais si différenciant que je n'ai aucun doute à ce niveau : c'est bien un Guerlain.

Et si la Bagatelle vous tente, n'hésitez pas à le sentir en urgence, sait on jamais, si Guerlain le congédiait pour une Idylle ...


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