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Présidentielles 2012 et si en 2006 Arlette n'avait pas totalement tort?

Publié le 18 juillet 2011 par Gilles74

30.03.2007

ARLETTE Lutte OUVRIERE

08.12.2006

préidentielles 2007 ARLETTE LAGUILLER

Le discours d'Arlette LAGUILLER est toujours aussi sincère même si les propositions qu'elle proposent sont complétement dépassées et d'un autre siècle.

Le constat qu'elle dresse esr cependant la triste réalité, il est inacceptable de voir se propager une telle misère dans notre pays.

il faut faire quelque chose; certes mais la lutte des classes, la lutte contre le capitalisme "VERSAILLAIS" d'un THIERS contre les communards est dépassée et d'un autre siècle.

Si le constat est juste, si une action doit être entreprise au plus vite pour rendre un avenir et surtout leur dignité aux plus fragiles qui ont été écartés de la vie du Pays depuis 1981, cela ne peut se faire en montant une partie de la population contre l'autre.

Les wagons ne peuvent avancer que si des locomotives tirent les trains. nous ne sommes pas tous égaux sauf en droit depuis 1789. la vie nous fait douleuresement constater comme le disait le professeur "COLUCHE" qu'il vaut mieux naître riche, beau intelligent et en bonne santé, que pauvre, bête,malade etc....

Rien ne peut se faire sans ceux qui ont le courage mais surtout la capacité d'entreprendre, d'imaginer de nouveaux produits de les commercialiser et ainsi de créer les emplois de demain du monde salarial;

Ne pas prendre en compte cette réalité consiste tout simplement à nier l'évidence et à créer les conditions comme nous l'avons fait en France depuis 1981 de la mise à l'écart de 10 millions de français

conséquences de décisions prises alors par le PS qui en sont les CAUSES dont les effets demeureront tant qu'elles ne seront tout simplement pas corrigées.

si les conséquences sont intolérables les causes doivent être dénoncées afin d'être corrigées pour rendre possible les conditions d'un avenir digne pour tous.

extrait du discours d'Arlette LAGUILLER le 6 décembre 2006 à Orléans

http://www.lutte-ouvriere.org/pub/met-al.phpterxte:Travailleuses, travailleurs, camarades et amis, Avant même que Sarkozy annonce officiellement une candidature à laquelle tout le monde s’attendait et que Ségolène Royal soit désignée candidate du Parti socialiste, la presse, la radio et la télévision n’avaient d’yeux que pour ces deux candidats à l’élection présidentielle. On nous parle de démocratie, de liberté de vote, de pluralité de courants politiques. Mais en réalité,à coups de sondages, de passages répétés à la télévision, à coups de millions déversés, de meetings spectacles et de voyages à l’étranger surmédiatisés, se déroule sous nos yeux la fabrication de deux candidats entre lesquels les électeurs devront choisir celle ou celui qui occupera l’Élysée pour les cinq à venir. On nous a fabriqué ainsi un candidat qui se revendique de la droite et une candidate qui se dit de gauche, dont les programmes, ou plutôt les images, sont assez différents pour qu’on les distingue l’un de l’autre, mais assez proches pour que chacun puisse ambitionner de séduire la partie de l’électorat qu’on qualifie de centriste. Cela se passe comme cela depuis bien longtemps aux États-Unis où deux partis à peine différents l’un de l’autre,le Parti républicain et le Parti démocrate,se disputent l’exécutif comme le législatif, fermant pratiquement la possibilité pour d’autres courants non seulement de se faire élire mais même de s’exprimer. Oui, bien sûr, cette bi-polarisation n’est pas, en France, poussée aussi loin qu’aux États-Unis. À droite, l’UMP de Sarkozy est concurrencée par l’UDF de Bayrou et peut-être d’autres, sans parler de l’extrême droite et ses deux candidats, Le Pen et Villiers, À gauche, en dehors du Parti socialiste et de Ségolène Royal, il y a les Verts, l’extrême gauche, le Parti communiste, sans parler de la gauche dite anti-libérale. Mais toute la machinerie électorale fonctionne pour raboter, uniformiser, les multiples opinions qui existent dans l’électorat pour qu’au bout du compte,  elles entrent dans le moule de deux opinions préformatées. On pourrait se dire qu’il n’y a qu’une seule place de président et qu’il est dans la logique de cette fonction que les minorités disparaissent. Mais des députés, il y en a 577, il y a de quoi assurer la présence à l’Assemblée d’élus de tous les courants politiques, même minoritaires.  Eh oui, si les élections législatives étaient à la proportionnelle intégrale, un courant recueillant 1 % des suffrages devrait avoir cinq élus. Avec le mode de scrutin majoritaire par circonscription, non seulement un courant politique comme le nôtre est écarté de toute représentation, mais les législatives elles-mêmes contribuent à pousser à la bi-polarisation.Les formations politiques minoritaires à gauche ou à droite n’ont pratiquement pas de chances d’avoir des élus aux législatives s’ils n’ont pas le soutien de l’UMP à droite et du Parti socialiste à gauche. Ou, du moins, si les formations dominantes ne font pas le choix de présenter des candidats contre elles.  Du coup, faire miroiter devant les partis minoritaires une attitude bienveillante lors des législatives devient, pour l’UMP à droite et le Parti socialiste à gauche, un moyen de chantage convaincant pour les amener à retirer leur candidature à la présidentielle. Je ne sais pas ce que Christiane Taubira ou Christine Boutin avaient à dire dans cette campagne, mais l’une comme l’autre ont choisi de se retirer –ou leurs formations respectives ont choisi pour elles- l’une en faveur de Ségolène Royal, l’autre en faveur de Nicolas Sarkozy, moyennant quelques circonscriptions gagnables aux législatives. Oh, la stricte égalité entre candidats sera observée pendant les quinze jours de campagne proprement dite. Les candidats défileront à la queue leu leu, quelques minutes pour chacun dans les émissions officielles que, pour regarder, il faut avoir du courage.  Mais la véritable campagne électorale se déroule déjà, et il n’y a même pas un semblant d’égalité. Ségolène Royal ou Sarkozy ne peuvent pas faire deux pas sans qu’une meute de journalistes les accompagnent, même en déplacement à l’étranger, et imposent l’idée que le ou la futur(e) président(e) sera l’un ou l’autre et que tous les autres candidats ne sont que des figurants.  Qu’elle est belle, leur démocratie ! On laisse les électeurs choisir mais uniquement parmi des candidats qui ont été présélectionnés par les appareils politiques des grands partis, mais plus encore par ceux qui tiennent les cordons de la bourse, ceux qui possèdent les grands quotidiens et les chaînes de télévision, de Dassault à Lagardère en passant par Bouygues. L’élection présidentielle tourne au grand spectacle sponsorisé par les plus riches.  La campagne qui intéresse journalistes et sondeurs, c’est celle qui oppose les participants supposés du second tour. Lorsque les autres sont interrogés sur leurs idées, si tant est qu’ils le soient, c’est pour amener invariablement la question : mais pour qui allez-vous faire voter au second tour ? Il ne faut pas s’étonner : il faut seulement savoir que, même pour s’exprimer, il faut s’en donner les moyens. Oh, les grandes chaînes de télévision feront tout ce qu’elles peuvent pour que la grande Star’Ac ne soit pas trop monotone et que chaque jour apporte son lot de petites phrases assassines entre les deux vedettes dont l’une sera désignée lauréate le 22 avril 2007. Oh, on n’en est pas encore aux États-Unis où, il y a quelques années, le show électoral avait amené à la Maison Blanche, en la personne de Reagan, un acteur de série B, et qu’avant de devenir gouverneur de Californie, Schwarzenegger a été Conan le Barbare, puis Terminator, notamment. Il faut croire que cela aide…  Mais, après tout, cela correspond à la réalité des faits. Ce qu’on demande aux dirigeants politiques élus, c’est d’occuper le devant de la scène. Mais le véritable pouvoir n’est pas soumis aux suffrages. Ceux qui l’exercent le font en vertu de la toute puissance que leur donnent leurs capitaux. Les dirigeants politiques qui nous gouvernent sont aux ordres. Ils exécutent ce que le patronat leur demande et, en plus, ils assurent le service après vente. C’est à eux de justifier, de rendre acceptables les pires infamies patronales contre les travailleurs.  Dans le domaine économique, il y a une véritable dictature, où une toute petite minorité de possesseurs de capitaux a le droit de tout faire,  fermer des entreprises, délocaliser, licencier, sans avoir de comptes à rendre à quiconque. Et, en dominant l’économie, cette petite minorité domine aussi toute la vie sociale et toute la politique. Les patrons commandent et le pouvoir politique s’exécute.  Voilà la réalité des rapports entre le grand patronat et le pouvoir politique.  Il y a un mois à peine, c’est le PDG du trust Peugeot-Citroën qui annonçait la suppression de 10 000 emplois.Puis, c’est Airbus qui a fait état de son intention de se débarrasser d’une grande partie de ses sous-traitants, faisant payer aux travailleurs de ces sous-traitants les erreurs de sa propre direction. La semaine dernière, c’est la direction de Volkswagen qui annonce des milliers de suppressions d’emploi dans son usine de Bruxelles, en Belgique ! Et ces grandes entreprises ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Pour ne parler que de l’automobile, combien de sous-traitants et équipementiers suppriment des emplois ou ferment carrément des usines ? Et combien d’autres entreprises, moyennes ou petites ? Et, pendant ce temps-là, les ministres se répandent dans les médias en brandissant des statistiques pour affirmer que le chômage baisse. Dans le monde du travail, tout le monde sait que ce sont des mensonges, des manipulations statistiques. Mais les ministres mentent sans honte, ils sont payés pour cela. Ils sont payés pour faire croire que ça va de mieux en mieux pour l’économie et que, si on en licencie certains, c’est pour sauvegarder l’emploi des autres.  Assurer à chacun de ses membres un travail et un revenu permettant de vivre devrait être le devoir élémentaire de toute société. Le fait que l’organisation actuelle de l’économie n’en soit pas capable, qu’elle laisse sur le bord du chemin trois millions, voire six millions de travailleurs potentiels, suivant que l’on compte les chômeurs complets ou ces chômeurs partiels que sont les précaires, est une des preuves les plus démonstratives de la faillite de l’organisation sociale actuelle. Qui, parmi les travailleurs, ignore que, lorsqu’on a perdu un emploi stable, on a peu de chances de trouver autre chose qu’un emploi précaire mal payé ? Qui, parmi les travailleurs, ne voit la pauvreté qui monte ? Les Restos du Cœur sont à peine ouverts que déjà ils débordent. Leurs usagers ne sont plus, depuis longtemps, des marginaux, des malheureux dans une situation dramatique exceptionnelle. Même plus seulement des chômeurs : de plus en plus nombreux sont ceux qui ne peuvent plus se passer des Restos du Cœur alors, pourtant, qu’ils ont un travail. Un grand quotidien a consacré hier sa Une et une double page à ce qu’il appelle « les damnés du périph’ ». C’est-à-dire à ces femmes et à ces hommes, qui vivent sous des tentes ou dans des cabanes le long des talus bordant le périphérique parisien. Le journaliste souligne « sur le périph’, il y a aussi des familles avec des enfants, scolarisés ou non, des travailleurs pauvres (…) qui se sont installés dans une caravane ou une tente avec un réchaud, de l’électricité ». Le journaliste remarque comment, au petit matin, ils sont des dizaines et des dizaines à émerger du périph’ pour se rendre à leur travail. Il y a parmi eux des intérimaires, y compris de grandes entreprises, des travailleurs de la ville de Paris et même, triste ironie du sort dans cette société capitaliste, des travailleurs du bâtiment qui construisent des logements et qui, eux, chaque soir après le travail, rentrent sous une tente au bord du périphérique ! Voilà où on en est au XXI-ème siècle dans un des pays les plus riches de la planète ! Et je répète qu’il ne s’agit pas seulement de cas sociaux, il ne s’agit pas seulement de marginaux. Il y a parmi eux des hommes et des femmes qui ont beau travailler, leur salaire est insuffisant ou leur situation trop précaire pour qu’un bailleur accepte de les prendre en tant que locataires. Il s’agit d’une fraction de la classe ouvrière elle-même. C’est de nous, c’est de notre avenir qu’il s’agit si on laisse faire ceux qui dirigent l’économie !Vous vous rendez compte ! Ils en sont à affirmer que, s’il y a le chômage, c’est la faute au Smic qui détruit des emplois ! Des grands patrons qui touchent des millions, comme ce vice-président du Medef, qui osent dire, en substance, que toucher le Smic est un privilège et que si on veut avoir du travail, il faut accepter d’être moins payé. Alors, il n’y a pas à s’étonner que les Restos du Cœur n’arrivent plus à faire face. Il ne faut pas s’étonner que les abris de fortune se multiplient autour du périphérique parisien. Les patrons prétendent que la précarité et la flexibilité sont nécessaires pour les entreprises en raison de la concurrence internationale. Mais pourquoi est-ce les conditions de travail et les salaires des travailleurs qui devraient être flexibles et adaptables aux aléas du marché ? Pourquoi ne seraient-ce pas les dividendes et les bénéfices qui seraient flexibles ? Dans ce système économique, la concurrence, la recherche du profit déterminent tout : l’habitat, la santé, la production de biens utiles à la vie de tous, les transports. Tout ce qui est nécessaire à une vie normale exige que sa production rapporte beaucoup de profits, sinon on ne le fabrique pas ou on ne l’assure pas. C’est pourquoi on ferme des entreprises, des hôpitaux, des lignes de chemin de fer et des services. Et, quand on ne les ferme pas, on les laisse à l’abandon. Pour pouvoir prendre sur le budget de plus en plus d’argent à consacrer au patronat, on rogne sur tout ce qui concerne les classes populaires, des transports collectifs au service postal. Les larbins du grand patronat présentent la recherche du profit à tout prix non seulement comme un droit mais même comme un devoir sacré pour les entreprises. C’est au nom du profit qu’on impose sur les chaînes de production, dans les super et hypermarchés, c’est-à-dire partout, des rythmes de travail insupportables ; c’est encore au nom du profit qu’on rogne les temps de repos. Et pourquoi faire, ces profits ? Même pas pour investir dans la production afin de créer, au moins plus tard, des emplois supplémentaires ! Non, le profit est en partie dilapidé par la classe riche pour mener grand train, appartements aux quatre coins du pays, sinon du monde, hôtels de luxe, avions privés ou bateaux de plaisance grands comme des paquebots.  Ce n’est pas pour rien que le secteur économique qui marche le mieux en France est le secteur du luxe. Ce n’est pas pour rien que l’homme qui a détrôné Liliane Bettencourt, l’inamovible plus riche milliardaire du pays pendant des années, est Bernard Arnault, propriétaire de LVMH, trust spécialisé dans le champagne et les articles de luxe.  La bourgeoisie a de l’argent, et elle en a de plus en plus. Les prix des tableaux de maître ou des lots de grands crus atteignent dans les enchères des niveaux invraisemblables.  Le contraste croissant entre le gaspillage de ceux qui vivent dans le luxe et ceux qui crèvent de pauvreté est révoltant. Mais ce n’est même pas ce qui coûte le plus cher à la société.  La part des profits –la plus importante- est utilisée par les entreprises à racheter d’autres entreprises, à mettre la main sur leur marché et sur leurs ouvriers. Du moins, sur ceux qui ne sont pas licenciés sous prétexte de restructuration. C’est un immense gâchis du point de vue de la société car l’argent dépensé simplement pour qu’une entreprise change de propriétaire n’augmente pas la richesse sociale. Et c’est nuisible : car les bagarres financières qui opposent les entreprises les unes aux autres alimentent la spéculation qui menace l’économie d’une crise financière grave. Et c’est peut-être cela le pire. La concurrence, la spéculation, la course de chaque groupe capitaliste pour réaliser un maximum de profit, se transforment à l’échelle de l’ensemble de la société en une véritable course à l’abyme. C’est une société à irresponsabilité illimitée… La société, l’État, n’exercent aucun contrôle sur les conseils d’administration des grandes compagnies industrielles et financières. Ils peuvent décider librement de la meilleure façon de gagner plus. Et, pour eux, tant pis si cela pousse à la misère un nombre croissant de salariés, tant pis pour ceux qui en crèvent !  Eh bien, dans cette campagne, il faut qu’il y ait au moins quelqu’un qui puisse dire que ce système-là est catastrophique pour la société et que c’est à ce système qu’il faut s’en prendre vraiment !  Il faut que, dans cette élection, soient réellement défendus les intérêts politiques et sociaux du monde du travail. Il faut que soit présente une candidature qui exprime clairement que le grand patronat, que la grande bourgeoisie, sont les ennemis directs de toute la population. Une candidature qui dise pourquoi et comment la mainmise de la grande bourgeoisie sur l’économie et la société est la cause des maux principaux dont souffre la majorité des travailleurs et en quoi cela représente un danger grave pour l’avenir de l’humanité.  C’est pour cela que je présente ma candidature dans le cadre de l’élection présidentielle de 2007. Ce que je dirai dans cette campagne, aucun des représentants des grands partis, aucun de ceux ou de celles qui ont une chance d’accéder à la présidence, ne le dit. Ils rivalisent de grandes phrases sur l’avenir de la France, sur le bonheur du peuple. Mais aucun d’entre eux n’osera s’en prendre au grand patronat et à ses intérêts, même pas en paroles, même pas par démagogie.  Ils ne tiennent pas tous le même discours, bien sûr. Il faut bien que les électeurs les distinguent les uns des autres, pour qu’ils aient le sentiment d’avoir un choix réel. De plus, les uns et les autres n’ont pas le même électorat et ne cherchent pas à plaire aux mêmes gens. Les hommes politiques de la droite peuvent être d’autant plus ouvertement aux ordres des riches, d’autant plus cyniques et arrogants à l’égard des classes populaires, que cette attitude est bien vue par le gros de leur électorat.  L’électorat de droite, dans son immense majorité, est composé de possédants petits et grands ou de celles et ceux qui aspirent à l’être et qui sont d’autant plus méprisants vis-à-vis des classes populaires qu’ils voudraient bien s’élever au-dessus d’eux.  Sarkozy a fait toute sa carrière politique en essayant d’incarner au plus près la mentalité, les préjugés, de cet électorat de droite, dans tout son mépris des pauvres, des quartiers populaires, des jeunes, des travailleurs immigrés, et de tous les travailleurs. Et, pendant sa campagne électorale, il persiste et signe. Lors de son passage durant trois heures sur France 2, la semaine dernière, il a multiplié les déclarations aussi méprisantes vis-à-vis des travailleurs que serviles envers les bourgeois.  Pour les travailleurs, moins de code du travail, les grèves soumises à un vote à bulletins secrets, un contrat de travail unique s’inspirant du CNE, c’est-à-dire rendant le licenciement plus facile encore. Pour les riches, un « bouclier fiscal limité à 50 % des revenus », la protection contre les services du fisc, de l’URSSAF ou de l’inspection du travail. Des aides supplémentaires pour les entreprises. Le gouvernement de droite, au pouvoir depuis quatre ans, a tellement accumulé de mesures anti-ouvrières, il a tellement aidé le grand patronat à aggraver le sort des travailleurs, il a manifesté si ouvertement son mépris à l'égard du monde du travail, que l'électorat populaire a de bonnes raisons de vouloir s'en débarrasser.  Mais si l'électorat populaire avait des raisons de se réjouir des têtes déconfites des chefs de la droite, le soir des élections, aurait-il d’autres raisons de se réjouir ?  Peut-il espérer que Ségolène Royal pourrait mener une politique qui correspondrait à ses besoins ? Est-ce qu'il peut espérer qu'elle mettrait fin au chômage, ou même seulement qu'elle le ferait reculer de façon significative ? Est-ce qu'avec elle à la présidence, les travailleurs ne vivraient plus sous la menace permanente d'un plan de licenciements ou d'une délocalisation qui les transforme en chômeurs puis en pauvres ? Est-ce que les jeunes auront l'espoir de commencer autrement leur vie active qu'en galérant de période de chômage en emploi mal payé ou en stages pas payés du tout ?Est-ce que les classes populaires peuvent espérer qu'au moins dans ce qui est du domaine de l'Etat, il y aura des changements significatifs ? Par exemple assez de crédits pour la construction de logements convenables à la portée d'un salaire ouvrier pour résoudre le problème du logement ? S'attaquerait-elle aux promo­teurs immobiliers pour enrayer les hausses des loyers qui sont catastrophiques pour bien des ménages des classes populaires ?  Est-ce qu'on peut espérer que l'Etat donnera à l'Education nationale les moyens d'embaucher suffisamment d'instituteurs d'écoles maternelles et d'écoles primaires, permettant aux écoles des quartiers populaires d'assurer une éducation adaptée à tous ? Malheureusement, on connaît par avance la réponse, et on sait qu’elle ne fera rien de tout cela. Ségolène Royal prétend incarner une rupture avec le passé. Elle a cependant été ministre, aussi bien sous Jospin que déjà à l'époque de Mitterrand. On ne peut vraiment pas dire, ni de l'un ni de l'autre, qu'ils ont gouverné en faveur des classes populaires ni qu'ils ont protégé les travailleurs un tant soit peu contre les coups du grand patronat. Le passé est le passé, pourrait-on se dire. Mais a-t-on entendu Ségolène Royal, pendant la campagne précédant le vote du Parti socialiste, prendre des engagements à l’égard des classes populaires ?. Oh, elle a tenu quelques propos généraux du genre « revaloriser le pouvoir d’achat des petites retraites sera une de mes priorités ». Mais sans se donner la peine de préciser de combien ? Elle ne promet même pas d'annuler les mesures les plus anti-ouvrières du gouvernement de droite en place, ce qui serait un minimum. Et surtout elle se garde bien d'annoncer quelque mesure de contrainte que ce soit pour obliger les patrons à utiliser leurs profits en hausse de façon utile pour la société, en premier lieu en sauvegardant les emplois. Comment pourrait-elle alors répondre aux problèmes criants qu'affrontent les classes populaires ? L’élection présidentielle est dans quatre mois. Ségolène Royal aurait le temps de prendre les engagements qu’elle n’a pas pris jusqu’à présent. Mais elle ne le fera pas ! Il faudra en tout cas qu’elle sache que, si les classes populaires haïssent Sarkozy, elles ne font pas pour autant confiance ni à Ségolène Royal, ni à son parti. Et cela, les classes populaires auraient intérêt à le leur faire entendre. Au mieux, avant même les élections. Mais, au moins, au premier tour des élections. Pour la prochaine présidentielle, Marie-George Buffet ambitionne d’être présentée, non pas par le seul Parti communiste, mais par le « rassemblement anti-libéral de gauche ». Cela lui permet de prétendre, dans un tract électoral, que « cette gauche citoyenne, populaire et anti-libérale peut à nouveau bousculer le paysage politique ». Et c’est cette fiction de « dynamique unitaire » qui sert à Marie-George Buffet de prétexte pour affirmer, comme elle l’a fait récemment dans L’Humanité : « Notre rassemblement doit clairement viser une majorité populaire pour constituer un gouvernement ». Marie-George Buffet sait parfaitement que, même si elle est candidate au nom de la gauche anti-libérale, elle ne dépassera pas la candidate du Parti socialiste. Mais le calcul qu’elle affiche dans sa campagne est que, si « la gauche anti-libérale » se rassemble autour du Parti communiste et si elle recueille beaucoup de suffrages, il se créera au sein de la gauche un rapport de forces qui obligera le Parti socialiste à infléchir son programme. Mais, même en 1981, à l’époque où, pour la première fois, Mitterrand avait pris quelques ministres communistes dans le gouvernement socialiste et où les résultats électoraux du Parti communiste dépassaient les 16 %, les ministres communistes n’avaient pas du tout pesé sur la politique du gouvernement socialiste. Avec des formulations mises au goût du jour, en parlant au nom, non pas du Parti communiste, mais du courant anti-libéral de gauche, Marie-George Buffet recommence la jonglerie politique que le Parti communiste pratique depuis « L’Union de la gauche ». Mais le résultat a été à chaque fois le même. Une fois à la tête du gouvernement, le Parti socialiste a mené la politique qu’il entendait mener, c’est-à-dire une politique acceptée par le patronat, en ne laissant au Parti communiste que le choix entre s’aligner ou quitter le gouvernement. C’est avec cette politique que le Parti communiste a désarmé les travailleurs et les a détournés de la lutte de classe, le seul moyen pourtant pour les travailleurs de peser vraiment sur les décisions politiques. C’est avec cette politique qu’il a déçu et démoralisé ses militants et son électorat. Ce n’est pas parce que cette politique est présentée dans un nouvel emballage, signé « anti-libéral de gauche », qu’elle est meilleure ! C’est à la fin de cette semaine que les collectifs anti-libéraux sont censés désigner leur candidat à l’élection présidentielle. Aux dernières nouvelles, il serait encore question de repousser l’échéance jusqu’à début janvier, ce qui indiquerait que nombreux sont ceux qui craignent que le jour où le candidat sera désigné sera aussi le jour de l’éclatement de cette tentative. Pour ma part, j’ai toujours considéré cette opération tentant de prolonger le vote « non » au référendum sur la Constitution européenne comme une opération au mieux stérile, au pire semeuse d’illusions. Voter ensemble « non » à un référendum, où d’ailleurs ont voté « non » également des formations de droite ou d’extrême droite, ne crée pas un ciment politique. Il ne suffit pas d’affirmer que « l’union fait la force » lorsqu’il s’agit de forces tirant dans des sens différents, voire opposés. Je ne me reconnais pas dans la désignation anti-libérale car cela ne signifie rien.Je combats le capitalisme, je combats la mainmise d’une petite minorité de gros possédant sur l’économie, je combats la course au profit, je combats l’exploitation de l’homme par l’homme ! Je tiens à affirmer, le plus clairement possible, qu’on ne pourra rien faire pour améliorer la situation des classes populaires sans s’en prendre au grand patronat et à sa dictature sur l’économie et sur la société. Et puis, je me présente pour que s’expriment sur mon nom toutes celles et tous ceux dans l’électorat populaire qui ne sont pas dupes du duel gauche-droite et qui sont conscients que celui qui décide vraiment et dont le pouvoir n’est nullement mis en cause par les bulletins de vote, le grand patronat, ne sera pas impressionné par le changement de la personne qui est installée à l’Elysée. La seule chose qui peut les impressionner, c’est que les travailleurs en aient assez de subir les coups qu’on leur porte et qu’ils décident de rendre collectivement les coups, à leur façon, avec leurs moyens, en obligeant la bourgeoisie à utiliser de manière utile à la société les profits immenses accumulés depuis tant de temps. J’ai l’air de répéter tout le temps la même chose en disant cela. Mais on ne peut pas empêcher les licenciements, on ne peut pas empêcher les délocalisations, on ne peut pas diminuer, voire supprimer, le chômage, sans s’en prendre à ceux qui possèdent et dirigent à leur profit toute l’économie. Sans cela, on ne peut pas non plus loger convenablement les classes populaires, on ne peut pas résoudre les problèmes de la jeunesse, c’est-à-dire disposer de crèches puis de maternelles et d’écoles primaires en nombre suffisant et, surtout, d’enseignants en nombre suffisant pour donner un enseignement adapté à chacun. Résoudre ces problèmes, c’est aussi répondre au désespoir des jeunes de banlieue qui se voient sans avenir.Tous ceux qui prétendent qu’on peut faire tout cela sans utiliser pour le bien de la collectivité, les profits accumulés, mentent effrontément.Ne pas s’en prendre à la domination du grand patronat, ce n’est pas seulement mentir, c’est contribuer à justifier les causes de la misère, c’est-à-dire l’entretenir.Soumettre les entreprises, les banques, au contrôle de la population, cela peut sembler utopique, c’est vrai ! Mais c’est nécessaire, indispensable, vital pour que nous tous puissions avoir une vie normale et décente. Et ce qui est vital n’est pas utopique car attendre qu’on nous écrase, sans réagir, c’est impossible. Il faut donc que tous puissent savoir d’où l’ensemble des patrons tirent leurs financements et ce qu’ils en font. Pourquoi ils n’investissent pas leurs profits dans la production de biens utiles à la population pour en faire baisser le coût, au lieu de spéculer dangereusement. Si on contrôle les profits des entreprises, si on contrôle d’où vient l’argent, par où il passe, quels sont les coûts réels de production, quels sont les profits et où ils vont, on pourrait empêcher qu’ils servent à racheter des entreprises déjà existantes aux quatre coins du monde. On pourrait vérifier qu’il est possible de créer des emplois correctement payés et en diminuant les efforts ou le temps de travail de chacun. Il faut imposer que la population ait un accès direct à tout ce que les conseils d’administration envisagent pour l’avenir de leurs entreprises. Ce n’est pas une affaire privée car l’activité d’une entreprise et même les dividendes de ses actionnaires résultent de l’activité de l’ensemble de ses travailleurs. Et ce qu’une entreprise devient concerne toute la région où elle est implantée et toute la population.Il faut que la population puisse intervenir lorsqu’une entreprise se prépare à utiliser ses profits de façon nuisible à toute la société. C’est la seule façon d’arrêter la marche vers la misère.Je comprends les sentiments de l’électorat de gauche qui souhaite chasser la droite du pouvoir. Mais, ce que j’espère, ce que je souhaite, c’est que les travailleurs ne se contentent pas d’exprimer leurs sentiments dans les urnes au début 2007, mais qu’ils les expriment aussi, même plus tard, par un coup de colère qui surprenne et terrorise vraiment le grand patronat et la bourgeoisie. Je ne prétends pas être la porte-parole de tous les travailleurs, mais je serai la porte-parole de leurs véritables intérêts politiques et sociaux. Oui, mon camp est celui des travailleurs ! Et si j’étais vraiment la porte-parole de tous les travailleurs, je vous jure que les choses changeraient et pour le patronat, et pour les travailleurs ! La raison de ma présence dans cette campagne, c’est de permettre à tous ceux qui sont ou qui se sentent eux-mêmes dans le camp des travailleurs, de le dire. Ceux qui, comme moi trouvent intolérable le sort qui est réservé à la principale classe productive de la société ; ceux qui sont convaincus qu’il y a une autre façon de faire fonctionner la société que la seule recherche du profit, pourront le dire en votant pour ma candidature. Mais pourront le dire surtout ceux qui sont convaincus que toutes les promesses des politiciens de gauche ne sont que du vent s’ils ne sont pas capables de s’en prendre à la toute-puissance du capital sur l’économie, c’est-à-dire sur la société. C’est cela la signification principale du bulletin à mon nom qu’ils pourront mettre dans l’urne.  Alors, camarades et amis, je vous souhaite bon courage pour les mois qui viennent.Les idées que je défendrai dans cette campagne, nous les défendons tout au long de l’année. Mais nous ne sommes pas présents partout. Et, en temps ordinaire, nous ne pouvons guère compter sur les grands médias. La campagne pour l’élection présidentielle a ceci de particulier que nous avons un peu plus accès aux grands médias et à la télévision. Mais, même là, bien moins que les vedettes de la politique ou, en tout cas, celles et ceux que les médias présentent comme telles. Nous comptons surtout sur le dévouement de nos militants mais aussi, bien au-delà, sur tous ceux qui se retrouvent dans les idées et dans les objectifs que je compte défendre dans la campagne électorale. Alors, aidez-nous pour propager ces idées. Parlez-en dans votre entreprise, à votre famille, à vos voisins, partout. Il faut que se fasse entendre la voix de ceux qui sont convaincus qu’on ne peut arrêter la dégradation de la condition ouvrière qu’en arrachant au grand patronat le pouvoir absolu qu’il exerce sur la société !

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