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Conséquences de l’interruption de la voie publique lors du passage du président de la ...

Publié le 19 juillet 2011 par 237online @237online
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Conséquences de l’interruption de la voie publique lors du passage du président de la République Paul BiyaAlain Fogue. L’expert en questions de sécurité analyse les conséquences de l’interruption de la voie publique lors du passage du président de la République.

Quel commentaire faites-vous de l'interruption de la voie publique lors du passage du chef de l'Etat ?
A vrai dire, le problème de fond n'est pas celui de la fermeture des voies au moment du passage du chef de l'Etat. En effet, nulle part au monde le convoi présidentiel ne se fraie un chemin parmi les autres automobilistes. C'est plutôt le calvaire auquel sont soumises les populations pendant des heures durant

qui choque. Quelquefois, les voies sont fermées cinq voire six heures avant le passage proprement dit et de longues minutes après que le président  soit passé. J'ai parfois vu des agents de la sécurité empêcher à des voitures transportant des malades de simplement traverser la voie publique de longues minutes avant le passage effectif du convoi officiel. Il ne faut pas perdre de vue que lorsque ces voies sont fermées, on exige aux commerçants de fermer leurs magasins durant toutes ces heures, alors même que c'est avec leurs impôts que l'Etat paie les voyages présidentiels. Le préjudice économique  de ces fermetures est important. Parfois, des Camerounais perdent tout simplement la vie à cause de ces fermetures des voies publiques pendant des heures.

Cette interruption de la voie publique au passage du président est-elle une mesure efficace pour assurer sa sécurité ?
Je me réserve de me prononcer sur l'efficacité de ces mesures. Je pense plutôt que les responsables des déplacement présidentiels doivent rechercher le moyen de concilier l'impératif de sécurité avec la prise en compte du fait que les populations doivent vaquer à leurs occupations ( aller au travail, à l'école, à l'hôpital, passer un examen, passer un concours, un entretien d'embauche etc.). Il est souhaitable que le dispositif sécuritaire soit mis en place des heures avant, mais que les populations puissent être libre d'aller et venir jusqu’à ce que le cortège soit annoncé.

Paul Biya a-t-il peur de son peuple ?
Je ne sais pas si c'est le président de la République qui a peur  des Camerounais ou alors si ce sont des personnes tirent des profits de cette paranoïa sécuritaire dans son entourage. Je pense que le dispositif sécuritaire autour du président Paul Biya est trop démonstratif au regard de ce qui se passe  ailleurs. Cette démonstration peut avoir un prix politique élevé. Car, même le militant le plus convaincu du Rdpc qui voit un des siens mourir dans ses bras,  parce qu'il n'a pas pu traverser la route pour le conduire à l'hôpital ne pourra plus jamais voter le président Paul Biya. Cette démonstration excessive fruste les populations.

Comment la sécurité du président de la République peut-elle être assurée lors de ses déplacements sans gêner les populations ?
Il est possible de concilier la sécurité du président et le cadre de vie des Camerounais. Il suffit de prendre en compte qu'un peuple qui se sent  respecté peut mieux soutenir les gouvernants dans leurs choix.


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