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Colombie : le renouveau des FARC n’est pas la faute de la politique de Santos

Publié le 19 juillet 2011 par Rene Lanouille
La politique sécuritaire du président colombien Juan Manuel Santos ne serait pas la cause principale de la montée de la violence des guerilleros en Colombie. Colombie : le renouveau des FARC n’est pas la faute de la politique de Santos Rien que pour le premier semestre de l’année 2011, les actes de violence commis par les FARC ont progressé de 10% par rapport à l’année précédente. De quoi pointer du doigt le président Santos, au pouvoir depuis un an, et qui serait incapable d’être aussi ferme au niveau sécuritaire que son prédécesseur, le très populaire Alvaro Uribe.

Mais le directeur d’une ONG, Nuevo Arco Iris, qui étudie les conflits armés et le monde politique en Colombie, remet en cause ce mode de pensée. Leon Ventura a analysé les statistiques des 3 dernières années et estime que Santos n’est pas la cause de la résurgence des FARC en Colombie.

Valencia affirme que l’activité des FARC ne cesse de progresser depuis au moins 3 ans. « Nous pouvons dire que la montée des actions réalisées par les FARC durant le premier semestre 2011 suit la même tendance observée depuis deux ans, pour la même période. On ne peut pas attribuer la montée de la violence au changement de gouvernement. Depuis 2009, les FARC ont réalisé de plus en plus d’actions armées. »

Valencia est cependant en opposition avec Santos et son ministre de la défense qui affirment que la violence démontrée par le FARC n’est qu’un signe de désespoir et de faiblesse, les sachant condamnés tôt ou tard. Pour Valencia, les FARC ont tout simplement changé de stratégie sous l’impulsion de leur nouveau leader, Alfonso Cano.

« Les FARC privilégient désormais des attaques rapides qui prennent la population par surprise. Ils sont plus mobiles et ils évitent les longs conflits armés avec les militaires. Ils attaquent avec peu d’hommes, maximum 5 personnes et s’en prennent à des postes militaires, par l’intermédiaire de snipers et de mines anti-personnelles."

Valencia estime aussi que certaines maladresses de communication ont fini par miner le moral des troupes militaires. L’an dernier, le général Padilla de Leon avait claironné, après la mort de deux commandants des FARC « que la lutte armée touchait à sa fin et que les FARC seraient définitivement liquidés d’ici un an. » Résultat : les militaires finirent par se démotiver lorsqu’ils observèrent le contraire, quelques mois plus tard.

Alors pour Valencia, quel est le meilleur moyen d’accroître la sécurité en Colombie ? « Il faut combattre les réseaux criminels qui sont corrompus au niveau national et cela nécessite une purge. Lorsqu’on voit des politiciens proches de l’administration Uribe qui sont accusés de liens étroits avec des groupes paramilitaires d’extrême-droite, cela n’inspire pas la confiance de l’opinion publique, qui finit par éprouver même de la sympathie pour les FARC. En s’attaquant à nettoyer les institutions corrompus, il ne faut pas croire qu’on cherche à amoindrir l’importance des forces armées de ce pays. Au contraire, je pense que c’est la meilleure stratégie pour retrouver un niveau de sécurité acceptable en Colombie. »



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