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Toujours pas de QG européen

Publié le 19 juillet 2011 par Egea

La Grande-Bretagne poursuit son veto à l'installation d'un QG européen, alors pourtant que :

  • c'était une demande de la présidence polonaise ...
  • soutenue par le triangle de Weimar, donc par la France et l'Allemagne ...
  • et qu'elle avait été émise par la baronesse Ashton herself, excusez du peu.

Toujours pas de QG européen
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Et pourtant, William Hague, le secrétaire au Foreign Office, a dit non. Voir ici. Seul un Anglais peut dire non à une Anglaise, peut-être....

Cela ne surprendra pas grand monde. Toutefois, au-delà du cynisme de rigueur, cela mérite quelques commentaires.

1/ Certes, on pouvait nourrir quelques espoirs :

  • d'une part, la Grande-Bretagne se rend compte que la grande alliance transatlantique bat de l'aile, ce que je dis depuis pas mal de temps (ici, il y a déjà deux ans)
  • d'autre part, le récent traité franco-britannique était le signe de ce nouveau pragamtisme européen (voir ici)
  • enfin, la commune guerre en Libye (étiquettée OTAN, mais franco-brit dans les faits) pouvait effacer le souvenir de Suez et montrer que l'option européenne était effcace dans le domaine de la défense
  • on pouvait donc espérer un peu plus de tolérance envers une PSDC qui ne demandait qu'à avancer, par exemple avec une mesure symbolique comme le QG européen, qui aurait de plus démontré à tout le monde que l'Europe était solide et qu'elle était encore capable d'avancer, et que cette crise économique n'était qu'un trouble passager.

2/ Toutefois, il ne faut pas se leurrer.

  • certes, il y a un affaiblissement américain et un rapprochement avec les Français : mais cela n'autorise pas à aller plus vite que la musique, surtout sur la scène intérieure : j'ai le sentiment qu'un PM britannique ne peut faire qu'un pas européen par mandature, et que M. Cameron l'a fait avec Lancster House ; surtout, il se débat en ce moment dans l'affaire News of the World (le média corrupteur de R. Murdoch) et ne peut se permettre de risque politique supplémentaire.
  • ensuite, la France ne témoigne pas le plus grand enthouosiasme pour l'Europe de la défense, comme l'explique fort bien N. Gros-Verheyde dans Bruxelles 2
  • Enfin, l'Europe de la défense ne fait honnêtement pas très envie : l'abstention allemande lors du vote de la résolution 1973 d'une part, la sortie de Robert Gates d'autre part, n'incitent pas les Anglais à se joindre à des passagers clandestins qui n'en veulent pas. En Angleterre, au foot comme au rugby ou à la boxe, on apprécie surtout ceux qui mouillent le maillot.. Et hormis ces bizarres frogs, qui en plus ne jouent mal ni au rugby ni au foot, il n'y a pas grand monde en Europe.

3/ On remarquera au passage :

  • que Guido Westerwelle a "fait le job" et s'est abstenu de toute position abracadabrantesque: comme c'est assez rare, cela mérite d'être signalé et porté à son crédit.
  • que Mme Ashton a tout fait pour enterrer la proposition, montrant une fois encore ses fidélités. Mais ça, est-ce rare ?

O. Kempf

Réf :

  • Bruxelles2 sur Ashton et le QG européen : ici et ici. Et sur le blocage anglais.
  • une lecture anglaise de l'événement

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