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Aux morts

Publié le 23 juillet 2011 par Malesherbes

Ce mardi 26 juillet, dans la cour d’honneur des Invalides, la Nation, représentée par ses corps constitués, a rendu hommage à sept soldats tués en Afghanistan. Si, dans leur ensemble, nos citoyens ont été satisfaits par cette initiative présidentielle, je ne puis manquer d’observer que, s’il convient d’honorer des soldats morts, il est tout aussi important, voire même davantage, de prendre les mesures nécessaires pour limiter les risques qu’ils encourent dans l’exercice de leur métier.

Après la mort en Afghanistan le 18 août 2008 de onze de nos soldats au cours d’une embuscade dans la vallée d’Uzbin, on avait appris que certains équipements qui faisaient défaut à nos soldats étaient achetés par ceux-ci à leurs frais. Plus spécifiquement dans le cas de la patrouille mortelle d’Uzbin, celle avait été entreprise sans reconnaissance préalable et des hélicoptères engagés ailleurs lui ont fait défaut lors de l’engagement.

Sept des familles endeuillées ont dénoncé des manquements dans l’organisation et le commandement de cette patrouille. Elles ont porté plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. Le parquet du Tribunal aux armées de Paris a classé sans suite ces plaintes le 3 février. Le parquet n’étant guère indépendant de l’exécutif, on est en droit de douter de la sincérité des larmes versées par nos dirigeants sur nos morts en Afghanistan. Les familles se sont tournées vers la justice civile et le 23 mars, le juge Frédéric Digne a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire.

Fidèle à cette volonté inébranlable de notre gouvernement de faire éclater en tous lieux la vérité, la Commission consultative du secret de la défense nationale a rendu le 23 juin 2011 un avis défavorable quant à la déclassification de documents dans le cadre de l’affaire Karachi. Nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’origine de l’attentat de Karachi qui, le 8 mai 2002, coûta la vie à quatorze personnes, dont onze employés français de la Direction des constructions navales mais, assurément, pas nos dirigeants. Comme il ne s’agissait pas de militaires, conscients eux des risques encourus, ces infortunées victimes ont été depuis longtemps oubliées, si ce n’est par leurs proches.

Si les honneurs funèbres rendus aux victimes de la politique étrangère de notre gouvernement sont légitimes, j’ose espérer que l’État s’emploie surtout à faire en sorte que les familles, et notamment les orphelins, ne souffrent pas, sur le plan matériel, de la disparition de leur soutien. Les compensations ainsi versées atteindraient elles les 45 millions d’euros perçus par Bernard Tapie à titre de préjudice moral ? J’en doute.


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