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Critique Ciné : Le Nom des Gens, la fraîcheur d'un engagement...

Par Delromainzika @cabreakingnews

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Le Nom des Gens // de Michel Leclerc. Avec Jacques Gamblin et Sara Forestier.


Je remercie "La vie en séries" pour cette superbe découverte signée encore une fois de notre cher cinéma français. A dire vrai, je m'attendais pas à une aussi jolie comédie fraîche sur une histoire romantique mêlée de politique. Le film prend en grippe un sujet : les origines. Le scénario en fait une histoire charmante, teintée d'énergie et d'intelligence imposant un regard assez saisissant sur le monde de nos jours. Prenez deux personnages, d'un côté Bahia, née de l'union d'un pied noir et d'une française militante et de l'autre, Arthur Martin, qui a toujours vécu dans le mensonge depuis la seconde guerre mondiale où il devait mentir sur son nom pour éviter les camps de concentration. Le contraste des différents personnages et des intrigues qui s'entrecroisent est joliment fait.
Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie, se fait une haute idée de l'engagement politique puisqu'elle n'hésite pas à coucher avec ses ennemis pour les convertir à sa cause - ce qui peut faire beaucoup de monde vu qu'en gros, tous les gens de droite sont concernés. En règle générale, elle obtient de bons résultats. Jusqu'au jour où elle rencontre Arthur Martin, comme celui des cuisines, quadragénaire discret, adepte du risque zéro. Elle se dit qu'avec un nom pareil, il est forcément un peu facho. Mais les noms sont fourbes et les apparences trompeuses...
Le plus saisissant de ce film reste l'intelligence de l'histoire qui ne s'affaire pas à faire une comédie romantique des plus ennuyeuses et banales, ce que l'on voit régulièrement au cinéma sans se poser des questions. Non, Le Nom des Gens permet justement de se questionner, sur ses origines, sur qui l'on est et ce en quoi on croit. Prendre des sujets aussi sensibles était casse pipe mais le film est plus profond qu'il n'y paraît. Utilisant à bon escient l'humour et la fantaisie de ses intrigues et surtout de ses personnages. Notamment celui de Bahia incarné par une Sara Forestier méconnaissable et brillante.
Le cinéma français peut paraître un peu coincé, mais avec Le Nom des Gens on découvre autre chose. C'est un peu dans l'air du temps, mais aussi dans l'esprit des gens. La politique est un sujet qui n'a jamais autant passionné et pourtant les gens s'en désintéresse lors des urnes (j'ai adoré le coup des élections de 2007 ou encore de 2002, quand elle va se retrouver à voter Chirac au second tour car Jospin n'est pas passé (Jospin qui fait une apparition dans le film, un truc WTF, mais excellent si l'on voit ça comme un clin d'oeil) ou encore quand elle a voté sans faire exprès pour Sarkozy alors qu'elle voulait voter Royal). Au final, voilà une comédie engagée mais juste et drôle à la fois, tout en étant teinté d'émotions et de sentiments amoureux.
Note : 8/10. En bref, une magnifique surprise française. Le cinéma engagé n'est pas mort au travers d'un humour frais, de quiproquos et d'un duo d'acteur principal tonitruant.


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