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Construire des dynamiques de prise de pouvoir : l’épineuse question du coup d’Etat…

Publié le 25 juillet 2011 par Wilnton @pam_wilnton

Qui ne se souvient pas du renversement de Tandja en 2010 ? Surtout pas moi qui s’est caché sous la chaise alors que j’étais à moins de 500 mètres de la zone de tirs ? Qui ne se souvient pourtant pas avoir dit “Ouf” comme si quelque chose de bien venait de se passer…En tout cas belle ou mauvaise affaire…Ce coup d’Etat amène à réfléchir…Pour prendre le pouvoir, le coup d’Etat est-il une solution pour ceux qui aspirent à la liberté des peuples et à l’expression de la volonté populaire ?

Les coups d’Etat naissent en réalité de quatre manières :

Je veux le pouvoir…Et je n’ai pas envie de passer par toute cette bureaucratie électorale ou successorale. Je le veux maintenant ! (cas de la plupart des rebellions armées comme celle de la Côte d’Ivoire en 2002).

Quelqu’un d’autre souhaite que j’aie le pouvoir, mais il ne peut l’exprimer à haute voix. Alors, il me propose de prendre le pouvoir et de le prendre tout de suite avec la promesse de m’en faciliter l’accès par les armes. (Cas de la plupart des coups d’Etat généreusement financés par la France dans plusieurs pays africains).

Je veux le pouvoir, mais l’autre a mis sur pied des mécanismes qui font je ne peux avoir aucune issue si ce n’est en m’attaquant à lui de manière armée. (cas du coup d’Etat de Thomas Sankara ou de celui de Mohammed Kaddhafi à l’époque)

Je ne veux pas le pouvoir, mais celui qui est là m’exaspère tellement que je n’ai qu’une seule envie, en finir avec lui. (Cas du Coup d’Etat au Niger ou en Guinée Bissau).

La plupart des coups d’Etat se revendiquent une vocation démocratique et commencent avec des conseils, des comités, des machins de restauration de la démocratie, des forces patriotiques, etc. Autant de noms affabulatoires capables de semer la confusion.

Ils naissent TOUJOURS d’une fermeture du dialogue d’un côté ou de l’autre…Mais dans bien des cas, ils sont souvent la mise à l’écart du respect des règles.

Cependant, il y’a matière à faire attention. De nos jours, les comportements des leaders provoquent la tentation des coups d’Etat et donne des motifs presque valables de coups d’Etat :

- rester au pouvoir pendant plus de 15 ans

- tricher aux élections et empêcher toute voie de recours juste

- modifier la constitution

- soumettre son pays de manière visible au pillage des pays “amis”

- faire succéder son fils à la tête du pays

Ce qui est certain est qu’un coup d’Etat est toujours meilleur que l’intervention de la “communauté internationale” qui manque en général d’âme et qui n’est pas rattaché au pays comme le serait les soldats d’un coup d’Etat.

Même si certaines coups d’Etat ont produit des grands hommes dans la construction de leur Nation, (Seyni Kountché, Thomas Sankara, Mohammed Kaddhafi, Jerry Rawlings, etc.), il n’en demeure pas moins vrai que ces hommes ont souvent eu des difficultés dans leur règne. Kaddhafi est même complètement entrain d’être bombardé par ses anciens amis aujourd’hui.

Il est donc préférable que l’accès au pouvoir se passe par des moyens qui n’ont pas besoin d’armes. Mais c’est à tout le monde de construire cela.



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