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Ils vont abattre un satellite espion !

Publié le 18 février 2008 par Chantal Doumont
 

satellite espionLes Etats-Unis vont abattre un satellite espion en perdition !

Les Etats-Unis ont décidé d'abattre avec un missile un satellite espion devenu incontrôlable et qui devait s'écraser sur Terre avec des réservoirs remplis d'une substance toxique 

Le satellite de 1,1 tonne environ, qui a décroché de son orbite voici plusieurs semaines, doit être détruit par un missile tactique tiré d'un bâtiment de la marine américaine. 

Le président George W. Bush "a ordonné au département de la Défense de procéder à l'interception", a annoncé jeudi le conseiller adjoint à la Sécurité nationale James Jeffrey. 

Mais selon Marc Pircher le directeur du centre spatial de Toulouse: "la décision prise par les Américains de détruire un de leurs satellites espions en raison du danger présenté par son carburant toxique hydrazine lors de sa rentrée dans l'atmosphère n'est pas crédible". 

"Je suis assez surpris qu'on parle de ce risque puisque ce n'est pas la première fois qu'il y a un véhicule qui rentre avec de l'hydrazine dedans", a déclaré à l'AFP ce responsable du Centre national d'études spatiales (Cnes). 

Les Etats-Unis n'ont jamais procédé à la destruction d'un engin dans l'espace mais leur défense antimissile prévoit la capacité d'intercepter un missile dans l'espace. 

La Chine avait suscité les protestations du monde entier après avoir abattu en janvier 2007 un satellite météo en orbite basse. 

M. Jeffrey a précisé que la décision avait été prise en raison du risque pour la vie humaine de la rentrée dans l'atmosphère terrestre de ce satellite encore porteur de près de 500 kilos d'un carburant toxique appelé hydrazine. 

Cette substance chimique hautement toxique est le carburant de choix pour les moteurs des satellites classiques. 

Extrêmement irritante, elle attaque le système nerveux central et peut être mortelle à forte dose, mais elle se dégrade rapidement sous l'effet de la chaleur et des rayons ultra-violets, relève un rapport de l'agence française de sécurité INERIS. 

Les responsables américains ont en revanche réfuté toute notion selon laquelle cette décision d'abattre le satellite puisse être motivée par la volonté de protéger des données secrètes ou encore pour tester une capacité de défense antisatellite. 

Le missile qui sera tiré sur le satellite "est conçu évidemment pour d'autres missions mais nous avons conclu que nous pourrions reconfigurer à la fois le missile et les autres systèmes associés, de façon réversible et juste pour effectuer le tir", a précisé le conseiller à la sécurité. 

Un croiseur lance-missiles de classe Aegis tirera un seul missile SM-3 visant le réservoir, les autorités américaines espérant réussir au premier tir, a déclaré de son côté le général James Cartwright, chef d'état-major adjoint. 

Selon lui, le but est de frapper le satellite de telle sorte que les débris pénètrent dans l'atmosphère et tombent dans l'océan. 

"C'est notre objectif: se débarrasser de la substance et que ça tombe dans l'océan", a-t-il dit, en précisant que le tir n'interviendrait pas avant trois ou quatre jours. 

Les Etats-Unis disposent du réseau de satellites espions le plus dense au monde. Les caractéristiques de ces satellites, dont le prix unitaire dépasse le milliard de dollars, sont couvertes par le secret défense. 

Certains sont dotés d'un télescope optique, d'autres d'un radar. Certains fonctionnent par paires, ce qui permet de reconstituer des images en relief des zones observées. 

Pour répondre aux besoins des militaires, les satellites espions sont amenés à faire de fréquentes corrections d'orbite, ce qui implique des réserves d'énergie plus importantes que pour la plupart des engins civils qui sillonnent l'espace au-dessus de la Terre. 

Les satellites espions sont placés en orbite basse afin de détecter le plus de détails possibles à la surface de notre planète, et permettre par exemple des "frappes chirurgicales" sur des cibles définies au décimètre près depuis l'espace. 

Plusieurs satellites espions sont déjà sortis de leurs orbites au cours de ces dernières années. 

En janvier 1978, un satellite espion russe (Cosmos 954), mu par un réacteur nucléaire, s'était écrasé dans le grand Nord canadien. 

Un de ses successeurs, Cosmos 1402, s'était désintégré dans l'atmosphère en février 1983 au dessus de l'océan Indien, mais des traces du plutonium qu'il contenait avaient été détectées jusque que dans la neige tombée sur l'Arkansas, dans le sud des Etats-Unis.

Par Jim MANNION

AFP -


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