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La shoah, l’hystérie et la blogosphère

Publié le 18 février 2008 par Frednetick

C’est désormais le sujet à la mode, pour autant qu’il puisse être “à la mode”. L’initiative, pour le moins contestée de Nicolas Sarkozy, de faire prendre en charge mémorielle un enfant mort en déportation par un élève de CM2 suscite réprobation, opprobre et autres sorties comminatoires à l’endroit de celui qui a érigé la commisération au rang de politique publique.

Avec une componction jamais démentie, notre président met les pieds dans le plat de la mémoire, regard affectée et mine transiprant la gravité historique. C’est un peu ce qu’on lui reproche en fait, mais les mots pour le dire, s’ils arrivent aisément, mettent la blogosphère et la rue dans des états d’excitation qui n’a rien de lubrique.

Se précipiter sur la suite (mais sans quitter cette page !)

Fallait-il y voir quelque chose d’odieux? Cette proposition est-elle indécente? Doit-elle glacer le sang?

Si tout le monde semble à peu près d’accord sur le caractère pour le moins interrogeant de cette proposition, c’est surtout les réactions qui sont l’objet de réflexions. et Hughes s’y essayent avec finesse, mettons y les gros sabots, puisque c’est le style de la maison.

Tout d’abord la mesure. N’ayant pas de compétence en développement psychologique infantile, je m’abstiendrais de me prononcer sur l’éventuel choc psychologique ou le poids de cette mémoire individuelle. Nénamoins, si le programme de CM2 prévoit effectivement d’aborder la période des deux guerres mondiales, je doute qu’un enfant de 9 ans et 1/2 soit en capacité de mesurer l’étendue de la solution finale quand bien même selon Koz aurait-il déjà la connaissance de la mort.

Je me souviens personnellement d’un visionnage de Nuit et brouillard en 3ème qui n’avait laissé personne indemne, et je crois intimement que cela a marqué ma conscience bien plus profondément que ne pourrait jamais le faire le post-it mémoriel prévu par notre président.

Ensuite la méthode. Sans concertation, comme d’habitude serait-on tenté de rajouté instinctivement, c’est devenu une méthode de travail, balancer un pavé dans la mare avant de se livrer à une timide palinodie. Cela marche en matière économique, en matière sociale pourquoi ne pas le tenter en matière scolaire?

Une méthode qui fait pourtant appel à un sentiment toujours présent, la compassion. Pour mémoire compassion vient du latin cum passere qui veut dire souffrir avec, la passion étant la forme francisée de Passio (action de supporter, de souffrir, souffrance du corps, maladie, enfin affection de l’âme).

Or souffrir avec quelqu’un, fut-il enfant juif déporté, nécessite une proximité que les élèves n’auront jamais.

A quel sentiment fait-on appel alors? Si la mémoire doit s’incarner dans une rélle compassion, dans une réelle identification, alors à l’évidence cette mesure est nauséeuse. Si elle fait appel à la pitié, forme distanciée de la compassion, alors elle me chagrine.

Si elle fait appel à l’intelligence, pour mesurer le degré d’abjection que l’humanité peut atteindre lorsqu’elle laisse de côté son Humanité pour en revenir à des réflexes primaires, alors pourquoi pas. Le tout est de savoir si des enfants de 10 ans pourront avoir cette réflexion, cette distanciation. Je n’en suis pas certain.

Qu’ensuite les vitupérations de l’opposition et de ceux qui dénonce la mesure ne soit pas au goût de Koz, d’Hughes et autres blogueurs, m’est complétement égal. A chacun de trouver son positionnement. En montrant du doigt ceux qui sont systématiquement polémiques et outranciers, on ne fait que suivre le mouvement de fond, dont le tempo est donné par le chef de l’Etat.

Il lance un truc, l’opposition moque et vocifère, les commentateurs éreintent les uns et les autres…Un hamster mental dans un monde de communication.

Cacher cette brillante littérature


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