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Le contrôle des expressions faciales dans le mensonge

Publié le 06 août 2011 par Hugues @hugues_delmas
Le contrôle des expressions faciales dans le mensongeLe mensonge fait partie intégrante des relations humaines et est largement présent au quotidient. Les études montrent que nous mentons en moyenne 2 fois par jours (DePaulo, Kashy, Kirkendol, Wyer, 1996). Certes ce ne sont pas forcement de gros mensonges mais ils restent tout de meme des mensonges. Lors de son mensonge, le menteur va laisser échapper differentes sortes d'indices, comme des indices non verbaux (geste, posture, expression faciale…). Ainsi, apprendre à observer la communication non verbale peut permettre d'améliorer sa capacité à detecter les mensonges et les non dits.
Dans la detection du mensonge nous pouvons distinguer plusieurs approches dont l'approche du contrôle (Vrij, 2008). Lors d'un mensonge, le menteur va essayer de contrôler au maximun ce qu'il dit mais aussi sa communication non verbale, par exemple ses expressions faciales. Le contrôle exercé par le menteur sur son propre comportement non verbal peut mettre à jour des indices et engendrer des fuites comportementales comme les micro expressions faciales (qui sont des expressions faciales très brèves) (Ekman, 2009) ou les expressions faciales asymétriques (Ekman, & O'Sullivan, 2006 ; Turchet, 2010).
Une récente étude (Hurley, & Franck, 2011) a étudié la capacité des sujets à "effacer", contrôler les mouvements faciaux. En se sachant observé, par son interlocuteur, le menteur va essayer de réduire au maximum les indices qui lui paraissent suspect. Ainsi, un menteur va délibérément contrôler son visage, son corps, ses gestes pour paraître le plus véridique aux yeux de son interlocuteur et essayer de le tromper. La littérature scientifique sur le mensonge n'avait pas encore etudiée si les menteurs, et de manière plus générale si les personnes, pouvaient supprimer des mouvements spécifiques du visage, comme par exemple les mouvements des sourcils ou le sourire. C'est ce que les auteurs ont étudié dans le cadre de leur étude.
Lorsque les expérimentateurs demandaient aux participants d'arrêter de bouger un item précis (par exemple d'arrêter de bouger les sourcils) les auteurs ont observés une réduction généralisée de tout les mouvements faciaux. C'est à dire que les sujets en voulant contrôler une partie de leur visage ont involontairement reduit et contrôler tout leurs mouvements faciaux. Les résultats de cette étude suggèrent que les mouvements faciaux peuvent être réduits mais pas supprimés. Ainsi une personne qui tente de contrôler un mouvement facial particulier aura sans doute un visage davantage immobile et figé. Cette tentative de contrôle de la communication non verbale est une strategie que l'on peut retrouver lorsqu une persone ment.
Article initialement publié sur www.comunicazionenonverbale.com le 24 juillet 2011.
Références:
  • DePaulo, Kashy, Kirkendol, Wyer. (1996). Lying in everyday. Journal of personality and social psychology. Vol. 70, No 5, 979-995.
  • Vrij, (2008). Detecting lies and deceit. John Wiley & Sons.
  • Ekman, & O'Sullivan. (2006). From flawed self-assessment to blatant whoppers: the utility of voluntary and involuntary behavior in detcting deception. Behvioral sciences & the law. 24: 673-686.
  • Hurley, & Franck. (2011). Executing control during deception situations. Journal of nonverbal behavior.
  • Turchet. (2009). Le langage universel du corps. Editions de l'homme.
  • Ekman. (2010). Je sais que vous mentez !. Michel Lafon.

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