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Quand le Yediot Aharonot se lâche !

Publié le 19 février 2008 par Anom Yme

   Le Yediot Aharonot se situe à droite sur le champ politique israélien, et l'on peut le qualifier comme sensationnaliste. Pourtant, l'article signé B. Michaël est simplement prodigieux. Pour ceux qui désireraient le lire avant d'attaquer cette critique, celui-ci est disponible pour les abonnés de Courrier International ici, ou tout simplement dans le n°902.

   L'auteur, dans une plume quasi-hallucinée nous livre un court texte, assez fort pour que l'on s'y attarde. Le sujet principal avait déjà eu une petite place dans ce blog, et n'est autre que la polémique des soldats israéliens montrant leurs derrières à des Palestiniens, le tout filmé par des pacifistes outrés. Vous pouvez vous remémorer cet évènement en allant ici.
Pour B. Michaël, cet acte est une véritable honte : "Qui aurait pu croire que nos enfants, la chair de notre chair, étaient capables de telles abominations ?" Il enchaîne : "fait rare, une enquête disciplinaire a été rondement menée, et les culs (pardon, leurs propriétaires) ont été identifiés, jugés et condamnés à vingt et un jours de prison. Au trou !"
À partir de ce moment là on se demande où l'on va, et où veux nous mener précisément l'auteur. Et là, rappelant l'affaire d'un officier qui avait tiré sur un civil désarmé, l'avait blessé et été sorti du tribunal "libre comme l'air", il lance tout à trac : "S’il avait eu la cruauté de lui montrer son cul, nul doute qu’il serait allé illico en prison. Mais, dans sa mansuétude, il s’est contenté de lui tirer dessus. Certes, la victime était un Arabe. Mais ce détail n’est certainement pour rien dans la clémence du tribunal."
Bim, on tape où ça fait mal, avec en prime la phrase assassine, tabou : "certes, la victime était un Arabe." Triste réalité surtout dans un contexte autant moqueur, mais qui peut tout autant jouer sur le rôle de l'ironie et de la dénonciation (ce pour quoi je pencherais).

   L'article ne s'arrête pas là : "Il n’y a pas de quoi être choqué que des soldats israéliens montrent leur cul. Cette gestuelle fessière est un moindre mal. Ce serait même une excellente idée de l’encourager et d’en faire un substitut légal et officiel à la litanie désagréable de nos actes de guerre." Intéressant n'est-ce pas ? Utopique le Michaël ! Et il se prend même pour Martin Luther King (!) : "Des culs, pas des balles ! Cette nuit, j’ai fait un rêve merveilleux." Et il nous emmène dans son rêve, peuplé de soldats et de raids israéliens fait à coup de fesses, mais tout autant de terroristes qui, "au lieu de déclencher leurs ceintures d’explosifs avaient exhibé leurs beaux torses nus". Il conclue ce rêve sobrement : "j’ai hélas compris que je rêvais de la venue du Messie." Ni plus ni moins ! Le Messie tant attendu fait donc bouger les fesses et sortir les torses !

   On touche là les bas-fond, et, s'en rendant sûrement compte, l'auteur nous ramène à l'ordre : "Bon, assez rigolé !"  Il déclare alors que, " S’il y a quelque chose de révoltant dans l’ 'affaire des derrières' " (notez bien l'usage du si il y a), et bien ce n'est pas l'acte lui-même (sic) ; mais le "choc causé dans l’opinion, la mine grave affichée par nos officiers et les cris poussés par nos esprits bien-pensants." Ah ? Et là, nouvelle phrase à souligner de plusieurs traits : "Les préposés à l’occupation, l’armée, le Shabak [services de sécurité intérieure] et la police commettent chaque jour des actes infiniment plus graves et scandaleux" Jusque là on est d'accord... Et ?
"Mais cela, à force de détourner le regard, nos belles âmes ne le voient pas. Alors, tout ce qu’il leur reste à voir, ce sont des culs. Honte à eux !"
   Pour conclure sur cette grande prose, on notera donc quelques petites "pépites", mais aussi des rêves embrumés qui n'amènent rien, et, plus que tout, la légitimisation de "montrer son cul" pour cause que l'homme (et ici Tsahal) pourrait faire (et fait) bien pire ! Rabaissons donc l'humain, perdons notre sursaut d'humanisme et acceptons que ceux qui souffrent soient rabaissés plus bas que terre, que ceux qui meurent soient moqués !

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