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Charbon de bois et politique

Publié le 18 août 2011 par Badiejf
Charbon de bois et politique
Vous savez comment ont fait charbon de bois en Haïti ? On met le feu à des morceaux de bois et on étouffe le tout sous une montagne de terre en s’assurant de laisser quelques entrées d’air, donc de sorties de boucanes. La senteur de ce bois qui brule étouffé ne correspond en rien aux aromes d’un bon feu de bois, j’en témoigne. Il doit se consumer quelque chose sous cette terre qui ne revient pas à nos narines. J’ai fait cette photo (avec mon téléphone !!) vers 6h00 du matin dans la montagne derrière chez nous. Je ne parle pas ici de l'impact écologique et sociale de cette pratique, d'autres en font leur spécialité. Ce feu que l’on camoufle tout en l’entretenant, me faisait penser au blokus politique qui décrit les 100 premiers jours de la gouvernance martellyenne. J’ai écrit sur la braise la semaine dernière, c’est dans la continuité. On commence à critiquer Martelly ici comme ailleurs (aller lire l’éditorial du Washington Post du 14 août, le lien) en rappelant continuellement son inexpérience et son passé de vedette. Plus personne ne saurait si c’est le Michel Martelly ou Sweet Micky qui gouverne, une ambivalence commode pour les analystes et que l’intéressé semble enclin à entretenir. La relation entre la présidence et les deux chambres, l’essence d’une constitution qui s’est voulue réparatrice d’un pouvoir présidentiel dictatorial, est comme ce bois qui se consume sous la terre. Tous les acteurs politiques se négocient une circulation d’air pour ne pas tout étouffer, suffisamment pour que la braise se maintienne sans tout embraser. Le ton a fait un bond cette semaine et des stratégies différentes se profilent, comme si l’affrontement ultime que tout le monde tentait d’éviter depuis quelques semaines devenait davantage probable, pour ne pas dire souhaité. La sortie de Martelly dans une entrevue avec une journaliste canadienne (relayée sur youtube par l’équipe Martelly) force tout le monde à se repositionner. Ou on vient de fermer une des sorties d’air, ou on en a créé une supplémentaire ? Chose certaine, la chose se consume autrement. Le charbon de bois et la politique, deux réalités qui doivent changer pour sortir Ayiti du pétrin dans lequel il nage depuis trop longtemps.

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