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Quand le PS se prend le retour de bâton écolo

Publié le 23 août 2011 par H16

De temps en temps, et surtout lorsque les nuages noirs s’amoncellent, un bon gros LOL, ça fait du bien. On dit que ça compte autant qu’un steak. Je ne sais pas. En tout cas, ça compte assez pour un petit billet de blog. D’autant que là, il s’agit très clairement d’une atteinte gravissime à l’Ambiance Bisou qui devrait régner dans la République du Bisounoursland.

En République du Bisounoursland, tout le monde peut s’exprimer, à condition d’avoir des pensées positives. La liberté d’expression y est un pilier fondamental de la société, à condition de ne surtout pas exprimer des opinions qui fâchent, des idées qui peignent les gens à rebrousse-poil et qui donnent la mauvaise haleine. D’ailleurs, pour éviter les malentendus, on a interdit tout ça : vous pouvez donc dire ce que vous voulez, tant que vous êtes d’accord avec tout le monde.

La politique, en République du Bisounoursland, est une affaire d’humanistes pétris de bonnes intentions qui feront absolument tout pour le bien collectif, tant qu’il s’agit de s’ouvrir aux autres, tous les autres, à tout prix, de ne discriminer absolument rien ni personne.

En République du Bisounoursland, les évangélistes militants des partis politiques prennent la route et vont au plus près de leurs ouailles sympathisants pour leur vendretransmettre du merchandising ridicule la bonne parole : des préservatifs marqués « Le PS, c’est trop de la boule« , des tongs qui laissent des empreintes au nom d’un candidat quand on marche sur le sable, et autres calembredaines messages essentiels pour que tout le monde se mobilise, youpi. Youpi.

Egalité, Taxes, Bisous : République du Bisounoursland

En République du Bisounoursland, le gentil socialiste n’aime pas les patrons méchants qui payent toujours très mal leurs employés. Il n’aime pas la bourse, les spéculateurs et le capitalisme fou. Dans ce pays merveilleux, le gentil socialiste milite main dans la main avec le gentil écologiste pour un monde plus vert, plus rose, plus rouge.

Au passage, on notera avec lucidité que le mélange du rose, du rouge et du vert, ça donne du marron. Coïncidence ? Je ne pense pas.

Bref, en République du Bisounoursland, mener une campagne d’évangélisation politique sur le terrain, c’est surtout rencontrer des gens sympathiques, échanger des idées stimulantes, nouer de nouvelles complicités, étendre son réseau d’amis, c’est facebook IRL.

Choupinet, non ?

Et là, émoi dans toutes les rédactions ! Effroi, horreur, consternation, pleurs et tristesse fraisi-tragique !

En République du Bisounoursland, il y a quelques militants socialistes qui se sont pris une peignée par de méchants militants anti-progrès !

Ici, je vais faire un parallèle qui sera, on le conçoit aisément, une abomination pour tout Distributeur Officiel de Bisous.

Je vais noter que lorsque des syndicalistes de l’agriculture saccagent un supermarché ou répandent des fruits ou des légumes parfaitement consommables partout sur la chaussée, un ou deux journaux locaux retranscrit la nouvelle, tout au plus. Il n’y a aucune arrestation, la police assiste plus goguenarde que concernée, et s’assure surtout que personne ne viendra se mettre en travers des syndicalistes (« faudrait pas qu’il y ait un drame, hein »). Et quelques heures après, on n’en parle plus, du tout.

En revanche, lorsque des associatifs viennent saccager un bus à la con rempli de gentils socialistes et de leur attirail électoral dégoulinant de niaiserie, là, les rédactions nationales se lèvent comme un seul homme, la presse chauffe, les rotatives tournent alors comme l’Epson de Trichet ! La police intervient et fait six interpellations, pif, paf, d’un coup d’un seul !

Evidemment, le traitement, tant policier que médiatique, des deux événements ne doit surtout pas être mis l’un à côté de l’autre. C’est pas pareil ma brave dame, tout ça.

Mais le plus drôle est le motif des déprédations sur le bubusse des Jeunes Amoindris Socialistes : les militants (écologistes, agriculteurs, anarchistes) entendaient faire connaître leur colère contre le projet d’implantation d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, projet auquel l’UMP est favorable, ainsi que … toutes les collectivités locales socialistes.

Roh. Zut de zut.

L’écologie, pourtant tendrement adulée par nos amis socialoïdes, est en train de leur pourrir leur joli bus ! Le durcissement des discours écolos, que nos amis socialauds n’ont pas été les derniers à prononcer, est en train de leur revenir dans le groin. Voilà qui est fort triste, et va provoquer une salve de larmichettes depuis les fédérations locales jusqu’à la Rue de Solférino où l’on ne peut pas tolérer ce genre d’attaques virulentes contre un monde qu’ils s’échinent à rendre plus doux et plus calin !

Au demeurant, il faut noter que les écologistes officiels — qui se désolidarisent bien sûr très très vite de ce petit mouvement d’humeur — condamnent fermement la violence : ce n’est pas karma-green compatible, les enfants !

Evidemment, à la suite d’un tel acte, les pauvrets ont été pris en charge par la cellule psychologique du PS national, dont l’équipe comprend bien sûr Benoît Hamon, qui s’est empressé de déclarer :

« Il est sûr que nous ne laisserons pas cette affaire impunie. »

Sacré Ben. Il nous fait bien rire avec ses grands airs ! Ça va vraiment donner quelque chose de chouette le jour où il passera la puberté ! Cependant, on souhaiterait qu’il soit aussi ferme contre les courageux qui détruisent et saccagent d’autres choses que des bus ridicules de ses petits encartés. On souhaiterait qu’il dénonce aussi fermement les agissements des casseurs syndiqués et autres preneurs d’otages encartés…

Dans la fine équipe de soutient psychologique pour les Bousculés de Nantes, il y a aussi Harlem Désir, qui nous explique sans frémir que, je cite :

« Aucun débat ne peut justifier l’intimidation ou la violence physique et verbale. »

On souhaiterait que ce tartufe ait les mêmes mots, la même fermeté, lorsqu’il s’agit d’autres violences, d’autres intimidations, dans d’autres débats. On attend ses indignations fort sélectives d’hypocrite assumé lorsqu’il s’agira de dénoncer les agissements du Syndicat CGT du Livre et autres dockers syndicalisés dans les ports les plus vérolés par cette gangrène de notre littoral.

Je vous rassure : ce jour là, Ben et Harlem auront poney.

Ce fait divers est une parfaite illustration du ridicule dans lequel baigne ce pays. Depuis la médiatisation jusqu’à l’action des militants casseurs, il n’y a rien à sauver. Bien sûr, il faut poursuivre ces trous du culs et évidemment, personne ne peut trouver son compte dans cette attitude lamentable. Mais ceux qui braillent contre ces comportements sont parfaitement hypocrites en ne choisissant que leurs petites misères et leur petit pré carré.

Et surtout, c’est une magnifique illustration de ce que peuvent donner des idéologies collectivistes poussées à leur terme : les gens qui ne pensent pas comme il faut seront contraints, par la force, de changer d’opinion.

Eh oui, cher PS : tu as, en nourrissant les écolos, semé le vent, et tu récoltes la tempête. Tu as tendu beaucoup trop loin l’élastique du principe de précaution, de l’action militante musclée, des oppositions pas du tout démocratiques. Maintenant, il te claque au museau.

Ça fait mal, hein ?


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