Si vous suivez de près les comptes twitter engagés dans les primaires citoyennes, vous avez probablement vu passer, depuis mercredi soir, un ou plusieurs tweets de ce type : « J’ai rejoint la campagne numérique de @fhollande sur @toushollande : http://fh12.fr/l/d #FH2012 ». @toushollande ? Une nouvelle plate-forme lancée dans le cadre de la campagne de François Hollande, en direction des militants numériques que sont les blogueurs et les « twittos ».

Nous sommes partis de l’analyse suivante lors de sa conception. Si l’importance du volet Internet des campagnes politiques est désormais bien intégrée par les partis, elle peine à se concrétiser, dans les faits, par des stratégies adaptées et efficaces. La question est encore trop souvent abordée de manière autocentrée, c’est-à-dire sous le seul angle de la présence des partis et des élus sur le web, pour y faire de la communication descendante ou reproduire les organisations fermées du monde réel (comme ce fut le cas avec la vogue des réseaux sociaux de parti). L’internaute, dans cette perspective, est considéré comme une cible anonyme à recruter ou à abreuver d’informations. On se concentre moins sur l’individu autonome qu’il est, sur sa capacité d’initiative et de production que sur sa fonction de courroie de transmission passive, et éventuellement de « riposteur » aux contenus produits par les adversaires.
De notre côté, nous faisons au contraire le pari d’une « révolution copernicienne », qui ne centre plus la campagne web sur le seul candidat et qui mette aussi en avant ses soutiens numériques, pour bénéficier de leur créativité et de leur diversité. C’est précisément le but de toushollande.fr : un site conçu comme le « navire amiral » des blogueurs et twittos, de tous horizons, qui veulent appuyer la démarche de François Hollande.
On intègre la « sphère » TousHollande en se créant un compte sur le site et en y connectant son blog et/ou son compte twitter. A partir de là, la plate-forme assure plusieurs fonctions. Premièrement, rendre visible la communauté – jusque là dispersée et non quantifiable – des (micro)blogueurs qui militent pour François Hollande, et leur permettre de se connaître entre eux. Deuxièmement, mettre en avant (via un agrégateur RSS) leur production écrite, sans interférer avec la communication officielle qui passe, elle, par le site institutionnel de François Hollande. Troisièmement, créer de la motivation et de l’émulation en publiant des classements, régulièrement mis à jour, des twittos et blogueurs les plus efficaces et influents dans cette campagne. Quatrièmement, découvrir et faire monter en puissance, via ces mêmes classements, des blogueurs et twittos extérieurs aux cercles habituels du parti mais de grande valeur – ce qui est plus que jamais utile dans des primaires ouvertes. Enfin, last but not least, mettre à disposition de cette communauté des outils innovants pour faciliter leur action et afficher leur soutien : raccourcisseur d’URL aux « couleurs » de la campagne, générateur de tract automatisé, badges de photo, fonctionnalité de retweet automatique pour les messages les plus importants du candidat … Un parc d’outils qui a vocation a être régulièrement mis à jour, amélioré et complété tout au long de la campagne. TousHollande sert ainsi de « zone de test » pour des innovations techniques applicables ensuite à plus grande échelle … et disponibles, pour certaines d’entre elles, en open source (GPL).
TousHollande, donc ? Un geste de confiance envers la blogosphère et la twittosphère, qui vont jouer, c’est notre conviction, un rôle important pour la gauche dans la bataille électorale qui s’annonce.
Romain Pigenel (et l’équipe des animateurs/concepteurs de TousHollande)
