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4- finitude et infinite de l'espace-substance

Publié le 08 septembre 2011 par Jeanjacques

(SUITE)

L'espace ne peut être délimité par aucun bord tel qu'il se trouvera une fin d'espace, un vide radical, un rien qui serait l'absence même du lieu. Ne pouvant jamais atteindre un bord, l'espace est sans limite et remplit ainsi entièrement le concept d'infinité: il existera toujours un plus loin que le lieu d'un positionnement ponctuel, local.

L'infini, en tant que concept qui pose le principe du "toujours plus" comporte dans sa dé-finition contradictoirement le principe de l'in-définition, l'impossibilité de poser une limite, de jamais pouvoir arrêter le compte. Cette notion, en tant qu'elle comporte le concept de l'illimité, relève du principe d'éternité en ce que le temps suppose un mouvement dans l’espace, lequel ici ne peut jamais être fini pour être mesuré. On ne peut ainsi fixer un temps initial à un phénomène, une durée comprise entre un début et une fin. L'in-création, le "toujours là" jamais débuté de l'Univers, implique l'infinité de l'espace en tant qu'un mouvement infini ne saurait avoir débuté ni avoir de fin. Au temps infini qui est celui de l'absence de temps de l'éternité correspond l'infinité de l'espace qui indique l'absence de borne le délimitant.

Cependant, l'espace-substance comme objet physique réel, ne peut recevoir supplémentairement une quantité d'espace telle que la "masse" de prématière puisse augmenter, ce qui supposerait un ailleurs d'où proviendrait un surcroît d'espace-substance. Aussi, l'être-là du Cosmos, comme totalité "massique" est définitivement fini dans le temps du présent éternel et ne saurait augmenter ni diminuer d'une seule quantité d'espace-substance. Dès lors bien qu'infini dans ses dimensions, le Cosmos doit s'envisager comme une totalité définitivement et immédiatement achevée comme "oeuvre" et finie dans sa  "masse-substance" présente.

L'espace comme « lieu » est pure extension sans limite, on n'en peut atteindre un bord qui serait le lieu du non-lieu. Il est par essence  non fini dans toutes les directions et indéfinissable par une quelconque géométrie. Il ne saurait connaître ni expansion ni récession.

L’espace comme substance est fini et infini. Si l'espace n'était pas infini, il faudrait supposer qu'une "autre chose" vienne le limiter, il faudrait imaginer une frontière au-delà de laquelle cesserait l'espace, ce qui est inconcevable. D'autre part, l'espace est également fini, la substance de l'espace existe dans sa totalité, car on ne peut penser à un ailleurs de l'espace - un néant - qui viendrait l'alimenter, l'enrichir, l'agrandir.

Il est essentiel pour comprendre la possible conciliation entre finitude et infinitude de traiter l’espace selon deux modes : l’espace-métrique comme cadre où les objets se disposent et lieu de leur mesure, et l’espace-substance  comme objet physique composé de prématière. La notion de « toujours plus » ne peut s’appliquer à l’espace-substance puisque cela suppose de rajouter, à partir d’un lieu externe à l’espace lui-même, de la prématière pour en étendre la distance, sur le mode métrique, qui serait alors infinie effectivement. Or l’espace-substance doit se comprendre comme une totalité finie sans extériorité et on ne peut pas ajouter de  prématière à partir d’un quelconque néant. La quantité de prématière est infinie mais,  comme existant, cette quantité est nécessairement finie. Nous passons du plan de la mesure, de la quantité à celui de l’ontologie.. Cela prolonge l’idée qu’il n’y a pas d’extériorité à l’univers et que par conséquent l’univers est fini, qu’il ne peut recevoir de quantité de prématière d’un ailleurs que lui-même et que par conséquent, il est fini au sens d’achevé. On pourrait écrire : l’univers est achevé et infini.

Pour être dans le temps, pour exister il faut qu’un objet soit individualisable, achevé dans son « être-pour-exister ». Dans la seconde actuelle  du temps présent, tout ce qui est a une réalité d’existant. La totalité du monde, même infini, a une présence totale à lui-même. On cohabite ainsi dans le présent avec la totalité infinie-finie de l’univers, dans le même temps.

L'infini-fini de l'espace est conceptualisable seulement s'il est pensé comme substance prématérielle réelle. En effet, tant que la contradiction fini/infini relève d'un traitement  mathématique de la distance,  il demeure sans contenu d'existant. Dès que l'on donne une réalité substantielle d'objet physique à l'espace, celui-ci ne peut être que fini car tout objet EST par définition fini dans le temps.

Fini et infini sont parfaitement conciliables si les deux définitions de l’espace – comme lieu et comme substance – sont saisies simultanément dans leur complémentarité.

(A SUIVRE)


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