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In-Carne, beauté incarnée

Publié le 18 septembre 2011 par Christianpoulot @lemodalogue

In-Carne, beauté incarnée

Exposé, surexposé, caché, pornographié, tatoué, scarifé, effacé ou starifié, où en est la représentation corporelle aujourd’hui? 

Avant-hier soir, In-Carne exposition d’un jour, prenait place au Bastille Design Center. Les artistes Annabelle Petit, Christophe Martinez, Emmanuel Lacoste et Alexandre Bardin se sont exprimés autour de la thématique de la beauté ainsi que sur le rapport que nous entretenons avec notre corps.

En utilisant différentes techniques (photographie, peinture, travestissement…) et en utilisant une ou plusieurs parties du corps (chair, cheveu, sang) ou toute représentation de celui-ci, ils apportent leur vision, ne nous laissant jamais indifférents.

In-Carne, comme tout ce qui a attrait au corps, dérange. A propos du cheveu, matière première de l’artiste Christophe Martinez, ne dit-on pas à la fois « sale comme un peigne » alors que Beaudelaire exalte celui-ci dans son poème « La chevelure ». La beauté est hautement subjective.

In-Carne, beauté incarnée

Christophe Martinez, Set de table en cheveu, 2009 

In-Carne, beauté incarnée

Christophe Martinez, photographie de cheveux sous plexiglass

In-Carne, beauté incarnée

Christophe Martinez, « Cocofesse », 1998, copy-art cheveu (photographie sous plexiglass)

In-Carne, beauté incarnée

Christophe Martinez, « Duplicity », 1999, photographie sous plexiglass

Emmanuel Lacoste s’interroge sur la projection de soi à travers une œuvre. Que transmet-on à la personne qui porte ou reçoit une œuvre que l’on a conçue?

Si l’on considère que certains créateurs de mode ont une démarche artistique voilà de quoi alimenter un passionnant sujet de discussion. Que transmettraient alors Martin Margiela, Hussein Chalayan ou Azzedine Alaïa à travers leur vêtement?

In-Carne, beauté incarnée

Emmanuel Lacoste « Essence 2011- », tirage photographique sur aluminium.

Ci-dessus, la mère de l’artiste porte une chemise tachée du sang de son fils, « bouclant ainsi, le cycle de la création » (sic).

Annabelle Petit, cite l’ésotériste arménien Georges Gurdjieff et nous propose à travers ses toiles et ses sculptures un voyage vers l’imaginaire et le surréel. Un voyage à l’intérieur de soi aussi bien dans la chair que dans notre esprit, palpable et impalpable.

In-Carne, beauté incarnée

Annabelle Petit, « I », 2011, acrylique sur toile

In-Carne, beauté incarnée

Annabelle Petit, « Bois de chair », 2011, acrylique sur bois de cerf

Alexandre Bardin est adepte du travestissement, il incarne Vera Berkson personnage hypnotisant ayant vécu au début du siècle dernier.

In-Carne, beauté incarnée

Initiales V.B. comme Vanessa Beecroft, artiste aimant, elle aussi, utiliser son corps ou une représentation de celui-ci. Vera Berkson serait aussi à rapprocher de la comtesse Elisabeth Bathory de part certaines pratiques particulières… L’histoire de Vera Berkson indique que celle-ci aimait à porter des bijoux fait de métal et de chair (cf. photos ci-dessous)…

In-Carne, beauté incarnée

Collier métal et chair

On pense à « Vanitas, robe de chair pour anorexique albinos » de Jana Sterbak (1987), mais aussi à la superbe exposition de ce printemps Tous cannibales à la Maison Rouge.

Les artistes étant souvent annonciateurs de nouveaux comportements sociétaux, une micro-tendance se dégagerait-elle alors? Dans notre monde où semble s’imposer le préfixe « dé », on dé-mondialise, on dé-mode, on dé-matérialise, on dé-fiscalise, peut être craint-on aussi une dé-sincarnation de nos êtres?

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