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La crise, l'arbre qui cachait la forêt

Publié le 20 septembre 2011 par Chroneric

Ces derniers temps, l'actualité politique a été riche, sans mauvais jeu de mots. Une face de la politique que l'on n'aime pas, que l'on n'aimerait pas voir se donner en spectacle dans la presse ou la télévision. Que l'on aimerait bien inexistante et faisant partie du fantasme populaire. Clearstream, Bettencourt, Karachi, Bourgi, DSK, etc… toutes ces affaires qui plombent le débat et qui nous font douter sur le devenir de notre beau pays et de nos voisins.

Le pouvoir amène l'argent et l'influence, ce n'est un secret pour personne. C'est bien pour cela que tous ces mouvements secrets d'argents frais et ces arrangements entre amis n'étonnent pas l'opinion publique autant qu'ils scandalisent. Alors évidemment, quand vous leur demandez ce qu'ils faisaient en vacances avec tel ou tel dictateur, que vous leur demandez ce qu'ils ont fait des valises, ils vous déclarent avec force qu'ils sont innocents. Et là, soudainement, certains amnésiques atteints d'Alzeihmer devant les juges retrouvent subitement la mémoire pour porter plainte. Non, je suis innocent comme l'enfant qui vient de naître. Sauf que le nouveau-né ne porte pas de costumes à dix mille euros ou de mocassins à quinze mille !

De quel côté sont vraiment les victimes ? Après, les candidats vont avec candeur s'interroger sur la désaffection des Français sur la politique ? Ils n'ont qu'à arrêter de nous mentir, de pratiquer la langue de bois et d'essayer de nous convaincre que tout cela va changer. Je n'ai pas passé une campagne présidentielle sans entendre que tout allait changer. La corruption n'est là que pour servir à leur train de vie et leur position sociale. Pendant ce temps, des millions de gens cherchent des moyens pour finir les quinze derniers jours du mois, si ce n'est le mois complet. Vous prenez trois mois ferme pour un vol de steak haché et rien pour des rétro-commissions. Les Africains crèvent la dalle en admirant les beaux palais présidentiels et les brillants cortèges de limousines allemandes défilant en ville, financés par les milliards d'aide des pays européens qui reviennent en petites coupures pour financer les campagnes électorales, la boucle est bouclée. Nos élus devraient se servir directement dans les caisses, ça irait plus vite et cela nous coûterait moins cher.

Alors, nos candidats ont l'air de découvrir tout ça, ils nous parlent de moral et de partage. Il parait que la France produit chaque année plus de deux mille milliards d'euros (selon Jean-Luc Mélenchon dans l'émission On n'est pas couché du samedi 17 septembre dernier). Mais où va tout cet argent ? On nous promet justice, équité et partage. Mais le problème est que tant que la corruption fera loi sur Terre, rien ne pourra être fait pour moraliser et rééquilibrer les choses. Tant que les puissants financiers et les grands actionnaires arroseront les décideurs politiques de la planète, ils les tiendront par les bourses et ne prendront donc aucune décision en leur défaveur. Vous rendez-vous compte, ce serait terrible si au lieu de gagner cinquante mille euros par jour, je n'en gagnerais plus que trente mille, comment ferais-je pour faire face à mes dépenses quotidiennes et indispensables de séances d'UV ou de restaurants !

Je pense qu'il ne faut pas tenter de moraliser tout ça mais de faire comprendre à tous ces gens qui entassent leurs richesses sur des comptes en Suisse qu'ils ne perdront pas leurs caleçons d'en laisser un peu à ceux qui travaillent, ceux sans qui les belles villas, les yachts et les séjours en palace ne seraient pas possibles. Ah ben oui, le FN gagne du terrain. Car le FN fait de belles promesses, dit ce que les gens veulent entendre, font de la pure démagogie. Mais derrière il y a quoi ? Comme les autres partis. Des parlementaires qui siègent et qui encaissent leurs indemnités en fin de mois. Tout ce petit monde ne pourrait pas exister si le peuple était heureux et vivait décemment car il est plus facile de mobiliser des gens sans ressources, des gens dans la misère qui ont besoin de rêver. Si vous gagniez trois mille euros par mois, vous perdriez votre temps à écouter les débats à la télévision ? Vous perdriez votre temps à espérer ? Non. Il est donc primordial pour nos politiques qu'il y ait une forte masse de précarités et de gens qui n'ont pas la force et les moyens de prendre en mains leur avenir.

Ce qui est formidable c'est qu'à chaque fois, ils ont une bonne excuse pour expliquer la situation : la crise. C'est la faute à la crise tout ça, désolé, on n'est obligé de couper les vivres et de vous prélever plus sur vos maigres fiches de paye. Par contre, les banques qui font des bénéfices, on va les aider ; les milliards de bonus ou de dividendes, on va les laisser fructifier gratuitement. En vérité, quelle est la situation ? Les seuls qui subissent la crise c'est les petites gens. Ceux pour lesquels, crise ou pas crise, ils n'y arrivent pas. Ceux à qui on demande d'atteindre le dernier cran de la ceinture car on a préféré gaspiller des vaccins plutôt que de nourrir les populations. Ceux à qui on dit que l'on préfère payer des amendes plutôt que des logements sociaux qui dérangent les petits bourgeois de la rue voisine. Ceux à qui que l'on est désolé de dépenser douze mille euros pour des cigares ou cent soixante mille pour un aller-retour sur la côte. Avec tout ça, les déclarations et les discours de Marine le Pen et Jean-Luc Mélenchon commencent à faire écho dans les chaumières. Ne soyons pas surpris.


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