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John From Cincinnati – Review – Critique – Saison 1 [Intégrale]

Publié le 25 février 2008 par Blabla-Series

"John From Cincinnati might be the strangest show ever produced

for American television."

Crée par David Milch (Deadwood, Brooklyn South, NYPD Blue) et Kem Nunn
Diffusion sur
HBO
Series Premiere
10 juin 2007
Saison 1 achevé - Série annulée
Format 50mn-
12 épisodes

Cast
Bruce Greenwood (Class of the Titans, Capote), Rebecca de Mornay (ER, Identity), Brian Van Holt (Threshold), Luke Perry (Beverly Hills 90210, Windfalls, Jeremiah, Oz), Ed O’Neill (The West Wing, Dragnet, Big Apple, Married With Children), Keala Kennelly, Emily Rose, Matt Winston (Six Feet Under, Teachers, Enterprise) et Austin Nichols (Surface, Pasadena, Six Feet Under)

Show Synopsis
La famille Yost est une famille très connue en Californie : de père en fils, chaque Yost est devenu un surfeur de talent. Mitch, le patriarche, était la star incontestée du surf avant qu’il ne se casse le genou. Butchie, son fils, également très talentueux, a préféré une autre addiction. Shaun, le jeune espoir, est tiraillé encore ses pères refusant en bloc son entrée dans le monde impitoyable du surf et sa grand-mère, sa première supportrice. La famille Yost va être chamboulée lorsqu’elle verra arriver un homme étrange et énigmatique : John Monad de Cincinnati.

Critique

Je crois n’avoir jamais été aussi perplexe devant le début d’une série que devant les premiers épisodes de John from Cincinnati. Pas de sentiment de grande découverte qui pourrait charmer et envoûter le plus impitoyable des sériephiles, pas vraiment de répulsion ni d’hostilité à l’égard de l’histoire, et ce bien que le surf ne soit pas vraiment l’un de mes sujets de prédilection, pas vraiment non plus d’antipathie pour ces premiers épisodes, mais pas non plus de grandes affinités.

John from Cincinnati est probablement la série OVNIesque de l’année, renouant ainsi avec le passé d’HBO et son florilège de séries singulières et farfelues. Une dose de sport, un thème familial classique, un soupçon de surnaturel et de mystique et au final, une belle ambiance intrigante à souhait. Nul doute, il y a bien la chaîne à péage américaine de renom derrière tout ça.

Ce qui étonne au prime abord dans John from Cincinnati, ce sont ses dialogues chargés à bloc en fuck et synonymes et qui ne sont pas moins poétiques et touchants pour autant. Et pour cause : il y a une vraie alchimie entre les personnages : les Yost en sans cesse interaction les uns aux autres, bien qu’en perpétuel désaccord, un désaccord manifesté par le fucking patois ou l’art de décliner le mot fuck dans tous les sens inimaginables.

Mitch, le patriarche, était la star incontestée du surf, c’était sa passion, sa vie, son temps. Après un accident au genou plus que sérieux, Mitch fut contraint d’arrêter sa carrière et redevint l’amateur plus ou moins anonyme d’antan.
Son fils, très jeune reprit le flambeau, ce qui ne déplut pas à son père. Malheureusement pour lui et sa femme Cissy, Butchie Yost rencontra dans le milieu des gens mal intentionnés et dériva en toxico paumé.
Son petit- fils, Shaunie, est aujourd’hui adolescent, fasciné par l’expérience de ses aînés, il surfa très vite et s’avère aujourd’hui comme les des plus grands espoirs de sa génération. Evidemment, Mitch et Butchie, bien qu’en confrontation permanente, voient d’un mauvais œil l’arrivée de Shaunie dans le milieu cruel du surf. C’est avec l’aide de sa grand-mère, une femme forte, aimante et très impétueuse, que Shaunie tente de percer et de se faire remarquer aux contests régionaux.

Dès la première minute du pilot, l’énigmatique John Monad fait son arrivée à Imperial Beach et rencontre le junky Butchie. John semble de toute évidence connaître Mitch Yost de réputation et semble déterminé à le rencontrer.
D’un caractère plus ou moins autiste et attardé, John est difficilement cernable et c’est là que réside l’intérêt majeur de la série. D’un vocabulaire assez limité, se concentrant sur ses formules toutes faites "The end is near", "It doesn’t ring a bell" transformés par la suite en « I don’t know Butchie instead », "I got my eyes on YOU", John se montre très innocent et pas vraiment cohérent. Pourtant, on comprend rapidement que John détient un don, un pouvoir, une aptitude, un quelque chose d'unique plus ou moins surnaturel.

Tout d’abord, il se lie d’amitié avec le jeune Shaun, bizarrement, les deux garçons ne vont pas beaucoup échanger mais vont montrer une réelle connivence, notamment en mimant les mêmes gestes et attitudes. Mais John va surtout être proche de Butchie, de Kaï puis de Cass.
Butchie profite surtout de la richesse de John qui sans le savoir, possède dans sa poche un portefeuille bien rempli, une carte illimitée ainsi qu’un mobile. Avec lui, Butchie se rend compte que quelque chose de différent s’établit, il se sent davantage modéré et ne ressent plus sa dépendance au crack. Avec Kai, John est plus intimidé. Il voudrait coucher avec elle, mais ne sait pas ce que « boning » signifie. Un soir, en lui disant « See God, Kaï », Kaî sera prix de vertige, aura certaines hallucinations et ressentira une grande chaleur au niveau de ses piercings, une sensation que partagera également Butchie et ses implants et Cass et ses prémonitions.

Cela semble certain, John est particulier, et connaît des pouvoirs insoupçonnés. Et il y a sûrement plus qu’une coïncidence entre la lévitation de Mitch, le tremblement de terre, la résurrection de Zip puis de Shaun et l’arrivée de ce John Monad. J’ai conscience que cela ne constitue que du détail pur, mais il était difficilement concevable que de parler de l’étrangeté de John et accessoirement de la série sans évoquer certains éléments secondaires et fantasques de la série.

Il y a un côté assurément Twin Peaks dans John from Cincinnati, le mélange subtil du banal ordinaire à l’étrange paranormal y est pour beaucoup. Une caractéristique que l’on ressent surtout dès le second épisode « His Visit : Day Two » lorsque Shaunie se casse le cou en surfant et se retrouve en état de mort cérébrale. Un brin choqué, et surpris du tournant inattendu de la série, on comprend rapidement qu’il est peu probable que l’un des personnages principaux décède si vite et que John aura certainement un rôle dans l’affaire.
Un Shaun qui revit, reparle, réagit comme si rien ne s’était passé ou l’épisode « His Visit :Day Two Continued » -le meilleur à ce jour pour moi- continue un peu plus dans l’étrange. Après une scène parfaite dans laquelle la famille Yost s’enfuit de l’hôpital sous l’air tonitruant de Time To Say Goodbye de Sarah Brightman, c’est au tour du nouveau propriétaire, de Freddie et de Vitenam Joe d’être en proie à des hallucinations.

Dans John from Cincinnati, la distribution est très riche et comme dans toutes grandes séries, les rôles secondaires abondent et contribuent à la qualité et à la complexité d’une histoire. Outre la grande mère Cissy que je trouve fascinante, c’est avant tout Bill -second père de Shaun- qui se démarque des autres, notamment par sa volonté de protéger celui qu’il considére un peu comme son autre oiseau sans défense, par sa complexité aussi, complexité manifeste lors de ses dialogues avec ses oiseaux.
Les couples Freddie-Palaka un peu comparable au duo Butchie -le rebelle au gentil fond- et John -le différent- et Ramon-Meyer-Barry, -concierge dévoué, avocat craintif et propriétaire homosexuel, traumatisé, un tantinet cinglé- sont également non négligeables et apportent une touche d’humour assez second degré sympathique.

 

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En conclusion, John from Cincinnati est une série emblématique d’HBO, intriguante et excentrique à la fois, qui pique notre curiosité par son aspect mystique et irrationnel personnifié par le nomade et mystérieux John Monad (remarquez l’anagramme). Bien que le tout puisse rendre à certains moments plus que perplexe, la série John from Cincinnati peut se vanter d’avoir à l’heure actuelle une empreinte bien à elle, un ton singulier plutôt plaisant et une qualité constante et générale indéniable.
De plus, malgré sa précoce annulation plutôt injuste pour une série de cet acabit, David Milch-Kem Nunn étant les créateurs du show, on osait ainsi espérer que John from Cincinnati savait où il allait, qu’il savait ce qu’il faisait, qu’il maitrisait chacun de ses aspects fantasques et qu’il apporterait maintes réponses aux questions déjà nombreuses que l’on se pose. Encore une déception dans ce monde sériel si prometteur.

Pour finir, une vidéo promo qui résume assez bien les points principaux de la série.

Et dans ce monde avide de succès dans lequel les génériques négligés n’ont plus la moindre existence, voilà celui de John from Cincinnati. D’une minute trente, s’il vous plait.


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Matthias
posté le 11 juin à 23:36
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Excellente série. Et quelle tristesse lorsque l'écran noir s'est affiché alors qu'il avait tellement de questions qui restaient en suspend. Une serie inclassable qu'on peut ranger prés de Profit et Twin Peaks. Et ne me parlez pas des acteurs qui sont tout simplement brillant. Si vous voulez en parler n'hésitez pas à m'envoyer un message et à me donner vos interprétations.

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