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Publié le 25 février 2008 par Blabla-Series
Si l'on regarde sa dvdthèque un instant, le sériephile type se rendra rapidement compte que la majorité des séries foncièrement cultes qui la décorent sont le produit majeur d'une, et une seule chaîne : HBO.

Parce qu'aucune chaîne ne pourra rivaliser en quantité de chefs d'oeuvre produits, HBO est la chaîne de référence par excellence, elle est incontestablement la chaîne la plus audacieuse, la plus novatrice, la plus enrichissante, la plus singulière et la plus généreuse de tout le paysage audiovisuel connu. Elle peut être le motif principal d'une installation permanente aux Etats-Unis et d'un abonnement à vie au câble.

Au commencement, pour ma part, HBO, c'est avant tout Oz et l'audace d'Emerald City, Oz et la violence carcérale réaliste et déroutante, Oz le chef d'oeuvre toutes catégories confondues. Si Oz n'avait pas existé, c'est toute une avancée télévisuelle qui aurait été manquée, un choix créatif détruit, un message politique et citoyen négligé.

Par la suite, HBO connut la renommée, le succès et l'étiquette qu'elle mérite : chaîne OVNI du paysage audiovisuel américain.

Elle continua sur sa lancée et nous proposa les quelques Sex & The City, The Sopranos, et Six Feet Under. Sex & The City a été le pied-de-nez exemplaire à Ally McBeal. Sex & The City s'est emparé de la tendance "série féminine" et Carrie Bradshaw est devenue le modèle icône des femmes et le fantasme absolu de la gent masculine. Véritables phénomènes de société, Carrie, Charlotte, Samantha et Miranda ont révolutionné autant la télévision, que les moeurs et la représentation de la femme au sein de la société , à tel point de devenir une marque à elles toutes seules.

Un phénomène de société ne suffisant apparemment pas pour HBO, celle-ci s'est permis de remettre le couvert : The Sopranos. Pour beaucoup, HBO a surtout façonné sa réputation grace à la famille de Tony Soprano, à cet univers mafieux dangereux, aussi passionnant que dérangeant. Jamais une série, qui plus est noire, n'aura autant fasciné l'Amerique que The Sopranos.

Entre temps, s'est crée Six Feet Under, ou l'histoire d'une famille de croque-morts pourtant plus ordinaire qu'une famille d'épiciers lambda. Six Feet Under n'avait pas pour objectif de faire apparaître la famille Fisher comme loufoque, mais plutôt d'unir les Fisher au monde entier, de faire suivre à ces millions d'individus la vie de ces personnages si attachants, si spirituels et intelligents. Jamais le sujet de la mort n'aura été aussi bien traité, jamais une ode à la vie n'aura été d'une justesse si parfaite, jamais les complexes relations humaines n'auront été aussi réalistes, aussi bien décrites et interprétées. Six Feet Under, ce n'est rien d'autre que la Série du siècle.

Dans les années 2000, HBO, c'est l'audace toujours plus croissante, la rigueur, le pointillisme, la somptuosité, la fresque historique : Rome, Deadwood et Carnivàle. Entre l'oeuvre onirique, mystérieuse et captivante qui restera dans les annales malgré une fin bâclée très frustrante, et le splendide peplum romain, aussi grandiose qu'haletant, qui nous offre grâce à son budget exorbitant -le plus cher de l'histoire des séries-, une peinture parfaite de la vie -atroce- romaine, en passant par le western superbement revisité, les clichés en moins-la qualité made David Milch en plus, HBO a montré qu'elle demeurait le seul maître en la matière.

Sans avoir cette soif permanente de nouveautés, HBO a su également remanier des sujets moins spectaculaires et proposer des séries toutes aussi excellentes. A ce sujet, la saison 5 du passionnant The Wire débutera en Septembre sur HBO et semble s'attirer encore les meilleures critiques, la bonne nouvelle de l'été est le renouvellement pour une saison 3 de Big Love, série sympathique et jubilatoire qui se joue des moeurs et modes de vie américains. Si les dramas sont la force incontestable de la chaîne américaine à péage, HBO a également produit certaines comédies qui valent fortement le détour. On garde en mémoire notamment les originaux Dream On et The Comeback qui ont marqué la télévision en employant des procédés de réalisation novateurs, Dream On mettait en scène la vie de Martin Tupper, charmant éditeur, vie qui était illustrée par des scènes clés de films des années 30-50 ; The Comeback, quant à lui, se présentait comme un docu-fiction, caméra à l'épaule et jeux spontanés des acteurs, à l'image de The Office aujourd'hui.

De surcroît, HBO ajouta à son tableau des mini-series aussi grandioses et ambitieuses que ses séries cultes. On retient avant tout Angels in America, servi par Emma Thompson, Meryl Streep, Al Pacino, Patrick Wilson, Jeffrey Wright, Justin Kirk et Mary Louise Parker. Outre ce cast frôlant la perfection, il faut surtout reconnaître à cette mini série un message fort louable et une authenticité bouleversante. Les six épisodes d'Angels in America ont eu une portée considérable et demeurent encrés dans l'historique des chefs d'oeuvre d'HBO. Tout comme Band of Brothers et Into the West, qui en plus de bénéficier d'une production Steven Spielberg, ont véritablement marqué la chaîne et les téléspectateurs. Si Band of Brothers s'est intéressé à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale et Into the West à la conquête de l’Ouest de 1825 à 1890 , ces deux séries se rejoignent dans leur audace affichée, leur parfaite réalisation et leurs décors à faire pâlir les plus grands films hollywoodiens.

Et pour les mauvaises langues qui n'hésitent pas à enterrer le succès et l'avenir d'HBO sous prétexte de l'arrêt de sa série phare, The Sopranos, il faut se remémorer qu'HBO a prouvé depuis maintes années sa constante évolution et ses sans cesse mutations, notamment en diffusant des séries aussi farfelues et originales que fortement insoupçonnables. Et ce n'est pas le nouveau "Tell me you love me", série porno chic et soft centrée sur l’intimité sexuelle de couples de différents âges, et les prochains "John Adams" sur la révolution américaine, "Generation Kill" sur la guerre en Irak, le projet basé sur le conflit entre Richard Cœur de Lion et Saladin, sans oublier le nouveau Alan Ball "True Blood" ... qui nous dirons le contraire.

Pour les nombreux chefs d'oeuvres qui ont bouleversé notre vie de sérievore assidu, l'hommage à HBO était inévitable. On ne pourra jamais remercier autant une chaîne pour le bonheur qu'elle nous procura, pour les chefs d'oeuvre qu'elle s'efforça de créer, pour l'inspiration procurée à ses jeunes consoeurs câblées, pour son intégrité et son audace toujours croissante.

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