Magazine Journal intime

Quoi de neuf côté expatriation?

Par Astrid On The Road
Quoi de neuf côté expatriation?
   31 octobre 1999, je débarquais dans la capitale anglaise avec mon meilleur ami. À l'époque, je cherchais ma voie et je pensais trouver le bonheur à Londres, cette ville si digne aux quartiers chics et aux coins excentriques que j'adorais tant et que j'adore toujours autant. Ce que je ne savais pas c'est que ce n'était pas forcément un métier que je cherchais mais un style de vie qui collait à ma personnalité "je ne veux pas faire comme tout le monde, je veux une vie différente". Après Londres, je suis restée deux ans en France pour terminer mes études, puis je suis repartie en Angleterre en octobre 2002 et depuis je ne suis jamais retournée vivre en France. Angleterre, Belgique et Mexique; c'est dans ces trois pays que j'ai installé mes valises provisoirement. Sept mois dans le Kent à quarante minutes en train du centre de Londres, trois ans au cœur de Bruxelles et cinq ans et demi à Chihuahua dans le nord du Mexique. Presque dix ans de ma vie à l'étranger, presque dix ans de vie entre une France où je ne connais plus rien et un ailleurs où j'ai une vraie vie. Dans mon pays, il ne me reste que ma famille et des souvenirs car je n'y ai plus de véritables amis. Mes meilleures amies sont expat comme moi. Deux vivent en Angleterre et une en Belgique. Je les ai rencontrées au cours de ma vie dans ces pays sauf une qui est une vieille copine du lycée. Mes autres bonnes copines sont également expat. L'une d'entre elles vit en Corée du Sud, une autre au Quebec, deux à Londres et deux ici. Puis, il y a mes copinautes. Des filles que je n'ai jamais rencontrées mais avec qui je corresponds via Internet depuis trois ans.
   Même si c'est parfois difficile, je ne regrette pas une seule seconde mon choix de vie et je voudrais continuer comme ça encore longtemps mais ...

... mais il y a la crise qui rend l'obtention de visa de plus en plus difficile! Pourquoi engager un(e) étranger(e) quand il y a un tas d'autochtones au chômage? C'est ce à quoi je me suis confronter aux États-Unis (excepté quand j'ai bien loupé mon entretien pour la Louisiane!).... mais dans le FLE (Français Langue Étrangère), il n'y a pas beaucoup de bonnes opportunités. Oui, c'est sûr, il y a beaucoup d'offres d'emploi ... 

  • dans des endroits pas toujours recommendables,
  • ou où le salaire n'a rien de décent (les femmes de ménage ont un salaire plus élevé que ce qu'on nous propose!),
  • ou où nous n'avons tout simplement pas envie de vivre.
   Irak, Afghanistan, Egypte, Maroc, Bangladesh, Inde, Chine, Mexique, Perou, Chili, etc. Si j'étais seule, je partirais mais voilà maintenant j'ai une famille donc je dois penser à eux avant de penser à mes rêves.   Les profs de FLE n'ont pas la vie des riches expatriés qui ont un salaire français et dont les maisons, les voitures et la scolarisation des enfants sont payées par leur entreprise. Non, les profs de FLE vivent comme et avec les autochtones et galèrent autant qu'eux! Quoi, 600 pesos (32 euros) pour descendre le canyon en tyrolienne, c'est vraiment pas cher! Pour toi touriste, non mais pour moi ça me fait une semaine de courses alors la tyrolienne, ce sera pour une autre fois! Au moins, c'est la vraie vie et on baigne dans l'authentique jusqu'au cou, ça c'est clair! 

   Les profs de FLE représentent la France à l'étranger mais, comme le CAPES FLE n'existe pas, nous ne sommes pas considérés comme de vrais profs dans notre beau pays. Nous ne pouvons travailler (sauf gros coup de bol) que dans des écoles de langues où on nous propose un salaire de misère et un statut précaire; et ce en France comme en Europe.

Bref, la belle vie!   Ne vous méprenez pas, j'adore ce que je fais; c'est juste que j'aimerais qu'il y ait un peu plus d'avantage matériel! Heureusement, du point de vue de l'enrichissement personnel, c'est du 100%!Bilan, je fais quoi maintenant?

   Je continue à galérer dans une ville que je déteste, loin des miens et où je risque de me prendre une balle perdue en allant au restau?

Non, je rentre en France.   Nous y avons mûrement réfléchi et nous avons décidé de sauter le pas. Gil pourra apprendre le français, connaitre un peu mieux mon pays (il comprendra enfin pourquoi ej râle tout le temps!) et l'Europe, Amelia verra plus souvent sa famille française et moi je me reconnecterai avec l'Europe que j'ai quittée il y a cinq et demi.   Mais avant le grand départ, nous avons du pain sur la planche! Nous avons envoyé au consulat français de Mexico tous les documents nécessaires pour faire transcrire notre mariage sur les registres français; maintenant il ne nous reste plus qu'a attendre de recevoir notre livret de famille. Une fois qu'on l'aura reçu, Gil pourra faire sa demande de visa. En attendant, nous allons aussi nous renseigner pour le chien. Ben oui, nous n'allons pas laisser notre Napo ici! Nous nous sommes déjà renseignés sur internet et ça s'annonce laborieux et cher. Cet après-midi, nous allons nous renseigner auprès des différentes compagnies aériennes et lundi j'appelle le consulat et l'ambassade de France. Passionnant programme en perspective ... En ce qui concerne Amelia, nous ferons enregistrer sa naissance auprès du consulat français de Los Angeles quand on sera en France car cela risque de prendre des mois, voire des années et il est hors de question d'attendre sagement ici! En plus, la poste mexicaine n'est pas très fiable et DHL coûte cher! J'ai beaucoup plus confiance en la poste française!

   Bref, ce n'est pas un adieu à l'expatriation (pour moi car pour Gil ça en sera une belle!) mais juste une pause.

Après ... on verra!


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