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Au fond des âmes (3)

Publié le 25 février 2008 par Vincent

 

La femme s’éloigne et passe un jeune homme… Où se rend-il ? On dirait qu’il a rendez-vous avec un ami dans un café. Ensemble, ils vont pouvoir se délivrer de la pesanteur du quotidien. Ils se raconteront leurs vies ennuyeuses avec humour, transformant les tracas et les mésaventures en bons délires – à l’image de ce qu’ils font le week end quand ils sortent avec Stef, Caro, Juju et les autres dans les bars de la vieille ville. Ensemble, ils ont ce genre de relation un peu factice dans lequel le sérieux est indésirable et l’éclate de mise. Ce qu’ils veulent, c’est faire pâlir les autres de jalousie par toutes ces soirées mémorables où, par exemple,  Seb était complètement déchiré après la vodka et les pétards et que ce fut toute une épopée pour le ramener à pied jusque chez lui, en dépit de son poids. Ou encore ce soir où ils ont été dans une boîte homo et où ils étaient raides défoncés ; ils avaient été super bien accueillis et s’étaient aperçus que la réputation des gays dans le domaine de la fête n’était pas une légende. Bien entendu, les filles s’inquiétaient un peu pour les mecs qui se faisaient draguer mais en fait, elles furent rassurées quand elles les entendirent insulter un chauffard de pédé à quelques mètres de la sortie de la boite.  Des souvenirs, ils en auront plus tard à raconter ! Si, bien entendu, ils sont toujours là ensemble … Mais de cela mieux vaut ne pas parler, le sérieux, on l’a déjà dit est exclu et c’est une règle tacite à laquelle tout le monde obéit. Bien entendu, c’est avec un sérieux monumental et inhabituel qu’ils parleront de Tintin qui a cassé avec Isa.  Mais gêné de l’irruption de la tragédie dans leur vécu qui, justement, ne veut pas trop en entendre parler, ils passeront vite, et ce sera le soulagement général, à un autre sujet de conversation. Après tout, n’est-ce pas, c’est la vie ! Et on devine tout le creux d’une « philosophie » où la vie est synonyme d’oubli, les autres – des faire-valoir de cet oubli. Le pire, dans tout cela, c’est qu’ils savent, même s’ils ne préfèrent  pas se l’avouer, qu’ils ne sont ensemble que pour un temps. Un jour, la vie – toujours cette même notion vague – aura raison d’eux. Certains se marieront, auront des enfants et s’engageront dans l’interdit du sérieux. Certains changeront de région pour travailler. Un à un, on les verra plus ou moins rapidement abdiquer, trahir le vœu implicite de la bande. On ne les regrettera pas, on les oubliera d’autant plus facilement qu’on trouvera d’autres compagnons de divertissement. Car, au fond, ils sont toujours interchangeables et  le monde nocturne n’est pas ingrat envers ses fidèles.


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