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Giulio Cesare de Haendel à l'opéra de Lille

Publié le 25 février 2008 par Vincent

Avant toute chose, on pourra trouver une critique plus professionnelle à cette adresse là. Je le signale car il y a des choses que je ne répéterai pas : elles y sont bien expliquées et en détail (par exemple la mise en scène dont je ne parlerai pas ni du décor mais sur ces deux points c'était très bien dans l'ensemble). En ce qui me concerne, je vais vous livrer mes impressions de spectateur de catégorie 5 qui avait accès à 70 % de la scène (surtout quand le monsieur de devant à la chemise blanche avait la bonne inclinaison) et 100% de la musique. Evidemment,  je vais me permettre d'être un peu critique mais je ne voudrais pas que l'on prenne mal ces critiques car au fond ce fut un tel bonheur pour moi de voir autant de gens écouter avec une attention soutenue cet opéra (qu'on se rappelle qu'à l'époque de Haendel, personne n'écoutait trois heures durant un opéra, on venait pour y discuter, manger et les compositeurs rivalisaient d'imagination pour attirer l'attention du public ...) que les petits défauts ne sont rien en face. Il y a eu de grands moments et d'autres un petit peu moins réussis mais les grands moments l'emportaient indéniablement et tout le monde en a eu pour son argent (surtout ceux qui n'avaient payé que 5 €, n'est-ce pas ...)

* Sonia Prina, Giulio Cesare, contralto: mouais ... j'aurais bien entendu préféré entendre un haute-contre mais bon, j'ai fait avec. Reconnaissons qu'elle s'est bien sorti de la suite de vocalises redoutables de la partition mais ça manquait d'âme quand même. C'était techniquement correct mais  j'aurais aimé être davantage touché et mis à part quand elle mêlait sa voix à Cléopâtre (les deux duos finaux étaient réussis), c'était un peu fade, mécanique. Le fait d'avoir joué le personnage sur un registre macho n'aidait peut-être pas à dégager de l'émotion. Bref, pas convaincu du tout. J'ai essayé d'oublier les versions de Minkowski, Jacobs et toutes les autres, de les faire sortir de ma tête mais rien n'y a fait. Sur l'air Va tacito e nascosto, ou mes oreilles m'ont joué un tour ou le cor était en petite forme, jouant de moins en moins franchement, et se laissant couvrir par les cordes.

* Anna Christy, Cleopatra,  soprano: on lui doit le plus  grand moment de l'opéra, celui qui est d'ailleurs un peu attendu au tournant, le fameux  V'adoro pupille où Cléopâtre fait sa grande scène de séduction à César. Dans un décor féérique scintillant de l'atmosphère des Mille et une nuits, Anna Christy a su apporter une touche orientale dans ses vocalises gracieux que je n'avais jamais entendue (et pourtant, j'en ai entendu des versions de Jules César !). De tout en haut, j'ai regardé furtivement le public littéralement scotché aux lèvres de la soprano. C'était un instant magique et là le spectacle était total: musique, orchestre, chorégraphie ... tout y était !

* Charlotte Hellekant, Cornelia, mezzo soprano: le rôle dramatique de l'opéra avait de la tenue. Magnifique duo avec l'autre soprano Tuva Semmingsen, Sesto à la fin du premier acte.

* Pour les contre ténor, il y avait Christophe Dumaux (Tolomeo) qui m'a un peu laissé sur ma faim et Rachid Ben Abdeslam (Nireno) dont le seul air à l'acte deux fut un véritable plasir pour les yeux et les oreilles. J'ai regretté de ne pas en avoir entendu plus de lui, ce fut vraiment trop court.

* J'allais oublier Simon Bailley (Achilla) et Alexander Ashworth (Curio) pour les voix masculines. Le premier a du coffre vocalement et si les notes de musique s'étaient tout d'un coup matérialisées, elles seraient montées jusqu'à mon étage.  

* Enfin, Emmanuelle Haïm que j'ai pu voir se démener au clavecin et l'orchestre (sur laquelle j'avais une vue imprenable grâce à ma place à 5 €) a su faire entendre des aspects de la partition de Giulio Cesare que je n'avais jamais entendus jusqu'à présent.

D'ailleurs pour conclure, je dirai que lorsque l'on va à l'opéra ce n'est pas pour entendre une musique jouée à la perfection (à supposer qu'une telle expression ait d'ailleurs un sens en musique), pour cela, on a les CD. Non, on y va pour y voir des personnes prendre le risque de jouer une partition à la scène. Des ratés, il y en a forcément mais il y a aussi des instants de grâce qu'on ne peut fixer sur un CD (ou même un DVD) vu qu'on les obtient en se mesurant au risque. Et quand je dis raté, entendons-nous bien, je parle de micro-détails que seule une oreille qui connaît Giulio Cesare pour l'avoir entendu dans bien des versions remarquera. J'ai pour ma part entendu suffisamment  de  nouveautés dans ce Giulio Cesare de Haïm pour être heureux de ma soirée à 5 € (j'espère avoir assez répété durant ce post et le précédent que j'avais une place à 5 € pour que l'opéra de Lille via Google tombe sur mon petit article et m'envoie gracieusement une deux invitations à la première de Thésée de Lully en catégorie 1. On peut toujours rêver).

Pour Google seulement (tu peux t'en aller cher lecteur, j'ai fini mon article) : mots clés : opéra de Lille  + offrir deux invitations à quelqu'un à Lille + Thésée + Lully


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