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Friday Night Light - Saison 2 - Bilan

Publié le 24 février 2008 par Vincent Gache

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Il y a quelques jours s'est achevée la saison 2 de Friday Night Light. Le constat est amer. Quelle déception et quelle frustration. Loin des histoires sincères, poignantes et humanistes, de la saison 1, cette seconde tranche de FNL a laissé place à la superficialité, à la grossièreté et même au ridicule.

Il y eu d'abord le premier épisode, où l'on pouvait comprendre que Friday Night Light n'était plus Friday Night Light. En introduction, on y voyait des jeunes gens beaux, au bord d'une piscine, entrain de fleurter, le tout accompagné d'images soignées. Je m'étais même arrêter pour vérifier que j'étais bien entrain de regarder FNL. Ces images n'avaient rien avoir avec celles montrées jusqu'alors. On n' y voyait pas des piscines, des barbecues, de l'alcool, des bikinis bien garnis, des maitres nageurs bien musclés. On n'y voyait pas un grain façon Heroes. Cette séquence racoleuse n'était pas l'adage de la série. Mais c'était la première marque d'un changement.

Puis, tel Shrek sauvant la princesse Fiona du Malin, Landry sauva Tyra du Mesquin. Alors qu'elle sortait du restaurant, un monsieur qui avait très envie de la violer, tenta...de la violer. Landry vert de colère, l'arracha des griffes du vilain et tua ce dernier. Pris de panique et ne sachant pas quoi faire du corps, ils le jettèrent à la hâte dans le cours d'eau du coin. L'histoire en elle même était bien gênante. Rien avoir avec ce à quoi nous avait habitué la série. Rien de simplistes et réalistes. Non pas que ce genre de péripéties ne le soit pas. Mais si vous voulez cette séquence donnait le sentiment que la série voulait choquer avec quelque chose de tout à fait extraordinaire. Rien n'était naturel dans cette séquence. Pourquoi un type qui a déjà tenté de la violer, aussi con soit-il, tenterait il de nouveau de le faire, qui plus est, à la sortie d'un restaurant ? Pourquoi Tyra seulement ? Pourquoi au moment où Landry faisait les yeux doux à Tyra ? Simplement pour rapprocher ces deux là, les scénaristes ont cherché quelque chose de forts qui devaient leur arriver pour ensuite justifier leur rapprochement. Si on est un tout petit peu terre à terre, une fille comme Tyra ne peut pas sortir avec Landry. C'est sans doute ce qu'aurait démontré la série en saison 1. Or ici, cet évènement trop coïncident venait faire sombrer la série dans quelque chose de surréaliste et dégoutant avec cette façon indigne de gagner de l'audimat.

Plaire en quantité, c'est ce que n'a cessé de faire la série tout au long de cette année, y laissant à contre coup pas mal de qualités. Ainsi, on eu les apparitions anecdotiques de quelques têtes connues du petit écran. On eu, me semble-t-il, un soupçon de Veronica Mars. La présence de Francis Capra en chef de gangs, la petite enquête de police au milieu des adolescents, la rencontre à la radio entre Lyla et l'animateur, le jeu de flirte entre cette même Lyla et Tim Riggins avec ce petit côté Roméo et Juliette, ne me laisseront pas penser le contraire. On eu Tyra transformée en Jeanne de Jeanne et Serge. On eu, à mon sens, à de nombreuses reprises, de gros raccourcis dans la psychologie des personnages. Par exemple, Matt qui était un garçon naturellement timide, a en quelques épisodes pris une assurance assez excessive à mon sens. Je veux bien que les évènements l'ai changé. Mais je ne pense pas qu'une personne timide ai réagit de cette façon. Elle aurait eu plutôt tendance à davantage se replier sur elle même plutôt que de jouer les caïds sans cervelle. Nous avons eu les personnages de Tami et Eric qui ont eu droit à des scènes à l'antithèse de ce qu'ils sont. La première, conseillère pédagogique, ayant donc un certain recul, une certaine expérience, voilà que dans le dernier épisode elle était incapable de discerner les avances sous marines d'un de ses ex petit ami. De même son mari, Eric, entraineur et souvent donneur de leçons à ses jeunes joueurs, agissait de la même façon primaire que eux. Landry, le type posé, réfléchit, réaliste, humble, se laissait emporté par Tyra et finissait les chevilles gravement enflées.
Le seul personnage qui m'ai donné matière à satisfaction, même si j'ai été bien déçu par son final avec le sage entraineur à la barbe blanche, est celui de Smash Williams. Il obtient la scène qui restera longtemps gravée dans ma mémoire.

Tous ces éléments me laisse ainsi l'impression que la série a tenté de se rapprocher d'un type de public bien défini. Je pense que les scénaristes, la chaine ou qui sais je encore, après réflexions sur les résultats décevants de la saison 1 ont essayé de simplifier leur série auprès du public à priori visé: les adolescents. Dans la première saison rien n'était tellement superficiel, rien n'était évident. Il y avait de la profondeur. Mais du même coup, peut être ont ils pensé que la série se coupait du type de public qui était le plus susceptible de la regarder et de s'identifier. Là ou certains ados pensaient peut être y voir des histoires d'ados faciles et relativement superficielles, peut être ont ils été surpris par la teneur du propos de Friday Night Light vis à vis de ses personnages adolescents. Peut être que les scénaristes y ont donc vu un décalage avec ce qu'attendait le public de Friday Night Light et leurs personnages. Un exemple pour moi assez flagrant est la relation entre Tim Riggins et Lyla. Quel intérêt d'aller faire perdurer cette relation, si ce n'est pour anticiper une certaine empathie pour ce couple de la part du public et la flatter ?
C'est ici pour moi que la série s'est dénaturée.
Pourtant des bonnes pistes, ils y en avaient plein. Par exemple, l'amour fou de Landry pour Tyra aurait pu amener à quelque chose de totalement destructeur pour lui. La passion de Lyla pour la religion et son espèce de secte aurait pu être aussi, je pense, davantage exploitée avec une vraie réflexion sur l'altération mentale de ces organisations chez les jeunes.

Au lieu de cela, la série a cherché par tous les moyens a sauvé sa peau et a sans doute payé au prix fort un renouvèlement arraché.


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