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Wangari Maathai, le combat d’une vie

Publié le 27 septembre 2011 par Sequovia

Wangari Maathai, le combat d’une vie

Wangari Maathai, première femme Africaine ayant reçu le prix Nobel de la paix en 2004 pour son travail sur le développement durable, la démocratie et la paix, est décédée dimanche à l’âge de 71 ans à Nairobi, des suites d’un cancer. Elle laisse trois enfants et une petite fille, mais surtout un grand vide pour tous les militants écologistes.

  • Une force de la nature

Wangari Maathai est née le 1er Avril 1940 dans un petit village du Kenya. Elle reçoit une bourse d’étude pour le Mount St. Scholastica College (Kansas, Etats-unis) d’où elle sort diplômée de biologie en 1964. Elle obtient ensuite un Master de l’université de Pittsburgh, où elle rencontre un groupe d’activistes environnementaux militant pour une règlementation sur la pureté de l’air, ce qui sera son premier contact avec l’activisme environnemental et qui l’inspirera dans ses actions futures.

Elle a ensuite étudié en Allemagne avant de revenir au Kenya pour terminer son doctorat à l’université de Nairobi, ce qui fait d’elle la première femme Kenyane à obtenir ce niveau d’étude.

Elle est considérée comme pionnière dans la lutte contre le changement climatique notamment avec la création de l’œuvre de sa vie en 1977 : le mouvement « Green Belt ». L’objectif de ce mouvement est de promouvoir la biodiversité en luttant contre la déforestation, tout en créant des emplois pour les femmes, à une époque ou très peu d’africains ont conscience des enjeux écologiques de la déforestation. Mais elle se rend compte rapidement que militer pour la défense de l’environnement ne sert à rien sans un gouvernement démocratique et stable, et son combat s’étend alors aux questions de démocratie, de lutte contre la corruption et du respect des Droits de l’Homme.

Wangari Maathai peut revendiquer la plantation de 47 millions d’arbres sur le continent Africain et grâce à son mouvement, plus de 900 000 femmes ont pu créer des pépinières et ainsi lutter contre la déforestation. Ses membres se sont exprimés sur sa disparition : « Son départ prématuré et une perte douloureuse. Pour nous tous qui la connaissions, elle était comme une mère, un proche parent, une collègue, un modèle, et une héroïne. Nous admirions sa détermination à faire de notre monde un endroit plus pacifique et plus sain pour nous tous. »

Wangari Maathai n’hésite pas à mettre en danger son intégrité physique pour mener son combat. En effet, elle a été arrêtée, harcelée et battue plusieurs fois dans les années 80 et 90 sous le gouvernement de Daniel arap Moi, gouvernement autocratique et corrompu. Moi la qualifiera de folle et prétendra qu’elle est une menace pour la sécurité du pays.

Son mari demande le divorce en 1979, invoquant la raison qu’elle serait trop instruite, trop forte, trop brillante, trop têtue et trop difficile à contrôler.

  • Une activiste accomplie

En 1989, elle proteste contre la construction de buildings dans le parce Uhuru de Nairobi, avec succès.

En 1992, elle est arrêtée avec un groupe de militants pro-démocratie pour trahison, mais les charges ont été abandonnées après de nombreuses pressions internationales. La même année, elle est arrêtée et battue pendant une grève de la faim pour la libération de prisonniers politiques. L’année suivante, les prisonniers politiques en questions ont été libérés.

En 2002, elle est élue au parlement kenyan en tant que ministre adjointe de l’environnement et des ressources naturelles puis secrétaire d’Etat à l’environnement entre 2003 et 2005.

En 2006, elle devient la marraine de la campagne « pour un milliards d’arbre » lancée par le programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et inspire des milliers de personnes dans le monde pour la plantation d’arbres. Plus de 11 milliards d’arbres ont été plantés grâce à cette campagne.

Dans la nouvelle constitution Kenyane en 2010, elle réussit à imposer une clause qui garantit à tous les kenyans le droit à un environnement propre et sain.

  • De nombreuses distinctions

Elle obtient le prix Nobel de la Paix en 2004, et selon le comité Norvégien elle était « à l’avant-garde de la lutte pour un développement écologiquement, socialement, économiquement et culturellement viable au Kenya, et dans toute l’Afrique. »
Dans son discours lors de la remise de son prix en 2004, Wangari Maathai explique qu’elle a puisé son inspiration dans son enfance, dans le petit village Kenyan ou elle a grandi et ou elle a été témoin de la déforestation au profit d’exploitations commerciales, détruisant la biodiversité locale et la capacité des forêts à conserver l’eau. Elle dit : « Au cours de l’histoire,  vient un moment où l’humanité est appelée à s’élever à un autre niveau de conscience, et atteindre un plus haut niveau de moralité. Un moment où nous devons oublier nos peurs et nous donner de l’espoir les uns aux autres. »

Mais le prix Nobel n’est pas la seule distinction qu’elle a reçu, en effet, en 2005, elle est nommée ambassadrice pour la sauvegarde de la forêt du Bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical au monde.

Elle reçoit aussi des récompenses de plusieurs pays du monde : en 2006, elle est faite chevalier de la Légion d’Honneur en France. En 2007, elle reçoit le prix Nelson Mandela pour la santé et les Droits de l’Homme, et en 2009 l’ordre du Soleil Levant au Japon. Elle a aussi reçu des doctorats honorifiques de plusieurs universités.

Enfin, elle est membre du conseil consultatif pour les questions de désarmement auprès du secrétaire général des Nations Unies et membre honoraire du Club de Rome. Et en 2009, elle est nommée messagère de la paix pour l’ONU.

  • Avis Sequovia

C’est tout le continent Africain qui doit une fière chandelle à Wangari Maathai et ses 40 millions d’arbres plantés. De nombreuses personnalités ont exprimé leur hommage au professeur Maathai (dont les membres du mouvement Green Belt et Adam Steiner, secrétaire général adjoint de l’ONU et directeur exécutif du PNUE) ce qui montre à quel point sa disparition est une grande perte pour nous tous.

Son combat contre la déforestation et le maintien de la biodiversité est plus que jamais d’actualité (en effet, 2011 est l’année de la forêt), on peut donc penser que son combat continuera à travers ses héritiers du mouvement Green Belt et que ses messages continueront de résonner dans les esprits et les consciences.

 


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