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L'enrôlement est un prétexte et une facette de la cohabitation ….par Ibrahima Falilou

Publié le 29 septembre 2011 par Bababe

(Photo: Kaedi, Maghama , Boghé ,Bababé  Djéol , Mbagne... Que le Fuuta  ne s'embrase pas encore une fois.)

L’enrôlement est un prétexte et une facette de la cohabitation ….par Ibrahima Falilou

La Mauritanie s’embrase. Les premières victimes de ce qui  devait être juste des marches de protestation contre l’enrôlement sont tombées hier. La répression est brutale, disproportionnée, inopportune. Peut –on et doit –on mourir  pour avoir dit qu’on est citoyen et qu’on doit être traité comme tel ?


 

 Combien de mouvements, souvent fantoches se sont structurés ici à l’aune de partis politiques et ont fait étalage  de leur «  colère »feinte et bénéficié de l’attention et de l’indulgence de l’Etat ? Combien de manifestations avons-nous connu et qui sont souvent l’œuvre de petits plaisantins à la  recherche de tribunes pour vendre leur maigre et virtuelle existence à un pouvoir frileux et désireux de stabilité ? Combien de jeunes ont battu le pavé ces derniers mois avec comme seul motif un factice désir de se faire un printemps arabe version locale ?

Combien de ces jeunes se sont retrouvés, dans l’expression tapageuse de leurs caprices, sur un lit d’hôpital ? Combien sont tombés ? Pas un !  C’est  au contraire dans les salons de la présidence qu’on les a revus pour des  « audiences » appuyées et des invites insistantes à une meilleure structuration ! Alors pourquoi, leurs concitoyens de Kaedi, Maghama , Boghé ,Bababé  Djéol  ou Mbagne -qui n’ont aucune chance de se retrouver dans ces audiences de la république et qui trainent avec eux leur amertume -doivent payer le prix fort pour avoir dit que s’en était trop de leur calvaire et qu’ils étaient à bout de patience et d’espérance ?

 Leur  cause est pourtant plus noble .Parce que c’est celle  d’un droit  à la terre, d’une appartenance à un pays .Un droit à la vie. Pas même  une vie digne  mais juste une vie sur leur terre, dans leur dénuement ; face à leurs privations. Une vie de discriminations et d’injustices portée  en  bandoulière par  des générations meurtri es et  en projet apatrides. La vérité, c’est qu’au-delà des ces remous épisodiques  se joue un chapitre de la cohabitation politique entre les composantes de ce pays. L’enrôlement est un prétexte et  une  facette  de cette cohabitation. La répression sauvage, une illustration de l’iniquité  des traitements. C’est l’expression manifeste d’une question sociale occultée et maladroitement entretenue. Les élucubrations des cadres négro africains et autres explications savantes des théoriciens du régime n’y feront rien ! Pas même les indemnisations à l’emporte pièce. Le problème est  autre. Il est ailleurs .Il  est  dans  les contrebas de cette autre Mauritanie qui traine sa douleur, sa frustration. Celle de voir ses maux étudiés sous des prismes pécuniaires, dans des postures simplistes, passéistes. Pour tous ces jeunes, Hier est une longue série de contes macabres faits de brimades, d’expulsions et d’exécutions sommaires. Un passif qu’ils  peuvent bien pardonner, qu’ils veulent bien pardonner s’il n’avait de fait les relents d’un …actif .Si  aujourd’hui ne portait pas les contours d’un prolongement d’hier sous un vocable nouveau et un habillage à la limite de l’indécence.

Ce qui se passe dans le pays est une affaire de justice sociale et  transcende les questions épisodiques de l’enrôlement. C’est le cri de ralliement d’une jeunesse fatiguée d’espérer d’avoir sa place, sa vraie place  loin des mises en scènes grotesques de représentation  « tape à l’œil ». C’est la saturation d’un mal être quasi chronique nourri et entretenu par un passé qui ne passe pas et un présent qui (per)dure.

     Ibrahima falilou

   professeur


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