Quel que soit le résultat des élections de mai et juin le budget de l’Etat pour 2012 a très peu de chances d’être réalisé tel que voté : en cas de victoire de la gauche comme de la droite il sera sans doute modifié après les élections.
Ce budget est destiné à rassurer les marchés financiers. La France doit garder pour sa dette la cotation AAA au moins jusqu’aux élections. Pour cela la prévision de déficit (4,5 % du PIB) est maintenue, quitte à augmenter massivement les impôts (+ 7,6 %), en particulier l’impôt sur le revenu (+ 13,3 %), principalement par la suppression de niches fiscales. Cette augmentation portera donc principalement sur les riches.
Valérie Pécresse, ministre du Budget, l’avait déjà annoncé à la commission des Finances de l’Assemblée nationale à propos du plan du 24 août : « l’effort portera à 82 % sur les grandes entreprises et les ménages les plus aisés ». Cette politique se poursuit avec le budget 2012.
Du côté des dépenses, on annonce une stabilité hors pensions de retraites des fonctionnaires et intérêts de la dette.
Mais les pensions des fonctionnaires, qui représentent 47 % des salaires, augmentent de 5,3 % et les intérêts de la dette de 17%, si bien que les dépenses totales augmentent de 1,6 %. La rémunération totale des fonctionnaires de l’Etat (salaires plus pensions) va aussi augmenter de 1,6 %. Celle de tous les fonctionnaires (y compris collectivité locales et hôpitaux) va beaucoup plus augmenter.
Si l’on avait sérieusement voulu baisser les dépenses il eût fallu geler les salaires des fonctionnaires ou les baisser, comme l’on fait l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Irlande, le Portugal, la Grèce.
Il eût fallu aussi revoir les conditions de calcul des retraites des fonctionnaires, baisser certaines allocations sociales, privatiser, encourager les entrepreneurs au lieu de les pousser à quitter leur pays.
Mais nous sommes en année préélectorale et le président de la République craint avant tout les manifestations de fonctionnaires. Comme il l’avait déclaré le 1er mars 2011, à propos de la réforme des retraites, « mon devoir c’est de défendre la fonction publique ». La politique budgétaire dépend évidemment de la conjoncture électorale. Favoriser la croissance de l’économie n’est pas réellement son objectif.
Alain Mathieu, président de Contribuables Associés
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