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Equipe de France : Dans le mur en klaxonnant !

Publié le 04 octobre 2011 par Lben

Chronique du mardi 4 octobre 2011.

Marc Lièvremont a décidé… de ne rien changer. Ou plutôt si peu que cela en est désespérant. Analyse…

La logique jusqu’au bout de l’impasse :

Marc Lièvremont veut mourir avec ses idées. Soit, c’est son droit. Mais est-ce une raison suffisante pour envoyer l’équipe de France dans le mur alors qu’une occasion inespérée d’aller en finale se profile ??? Comment est-il possible de ne quasiment rien changer à une équipe qui a failli autant ? Comment est-il possible de remettre une charnière qui n’en est pas une et qui répond au simple besoin de ne pas avoir à choisir entre 2 joueurs qui méritent d’être titulaire au poste de demi de mêlée ? Comment peut-on mettre dans l’équipe Aurélien Rougerie qui ressemble de plus en plus au chevalier des Monty Python, celui qui continue à se battre alors qu’il se voit amputé de ses membres les uns après les autres ?

Une chose est sûre, cette équipe est celle de Marc Lièvremont et cela m’étonnerait qu’elle reçoive l’assentiment des joueurs, ce qui n’est pas sans poser problème au moment où l’on demande à ceux-ci de se révolter. En effet, en continuant à s’enfermer dans ses certitudes, Marc Lièvremont n’envoie pas le bon message à ses joueurs. Après leur avoir dit, dimanche, de prendre le pouvoir, il fait tout le contraire avec cette composition d’équipe. En imposant une charnière qui n’existe que dans sa tête, il envoie à ses troupes un message fort mais destructeur : je reste le patron. Ce qui, dans la situation actuelle, est suicidaire. En effet, tout le monde s’applique à reconnaitre que la seule manière de battre les Anglais est de provoquer une révolte des joueurs. Que ceux-ci, en se rebellant devant un certain pouvoir et un destin qui semble écrit, soient capable d’inverser le cours des choses et de battre les Anglais. Ca me parait très mal parti.

A mon avis, même Morgan Parra doit avoir des doutes sur sa capacité à jouer en 10 pour un quart de finale de Coupe du Monde. Or l’équipe de France a maintenant besoin de certitudes. Elle a besoin de se concentrer sur le combat et de mettre en place des schémas de jeu simples. De s’appuyer sur un ouvreur qui distribue le jeu au pied pour limiter les risques et mettre l’adversaire sous pression. Avec Morgan Parra, Marc Lièvremont impose un animateur de jeu, capable de défier les défenses et d’essayer de peser sur le match par sa créativité mais, en aucun cas, par son jeu au pied. C’est normal, un tel niveau de jeu ne peut pas s’imposer comme cela à quelqu’un qui ne joue pas à ce poste. Du coup, c’est totalement contre-productif par rapport à ce qu’il est souhaitable de faire pour se recentrer sur le combat et la capacité à obliger les Anglais à reculer. A moins que Dimitri Yachvili limite son jeu à des coups de pied de déplacement et une animation au près, dans le petit périmètre, l’équipe de France se trouvera bancale, prise entre ce qu’il faut faire et ce que l’entraîneur lui impose de faire. Si encore Damien Traille jouait au côté de Morgan Parra et proposait son puissant coup de pied pour obliger l’adversaire à repartir de sa moitié de terrain. Mais entre Mermoz, Rougerie et, plus certainement, Marty, il n’y a pas un centre dans cette équipe pour assumer le jeu au pied. Nous voilà bien…

Une révolte qui a du plomb dans l’aile :

J’ai du mal à croire à la réussite d’une révolte organisée par le pouvoir en place : Entre le « Allez, lâchez-vous les gars, buvez autant de bière qu’il le faut » d’un Jo Maso qui représente plus, à mes yeux, un bourgeois de Calais au moment de l’arrivée des Anglais qu’un De Gaulle version appel de Londres, le jeu de cache-cache enfantin des joueurs avec les journalistes, comme pour montrer un semblant d’esprit rebelle et, maintenant, une équipe imposée par Marc Lièvremont, dont la seule concession aura été de remettre Himanol Harinordoquy, joueur cadre qui avait eu le tort de l’ouvrir, à la place de Picamoles, de toute façon déjà condamné, rien ne me laisse penser que la flamme des grandes victoires est en train d’embraser l’équipe de France.

Quelle est la genèse d’une révolution ? Bien sûr, il n’y a pas de formule mathématiques caractéristique, mais il existe quelques éléments essentiels. Le premier et le plus important est que le point de départ vient de la plèbe, les joueurs, par défi du pouvoir. Or, là, pour le moment, les seuls qui ont le mot révolte à la bouche, c’est Marc Lièvremont et Jo Maso. C’est dire leur désarroi et la perte de contrôle d’un encadrement qui, plutôt que de construire une équipe spécialement conçue pour battre les anglais, mise sur une révolution qui, bien sûr, les épargnerait. Ce qui est bizarre comme comportement car, appeler à la révolte, c’est reconnaître les erreurs des choix faits jusque-là. Et vouloir la contrôler, c’est justement ne pas accepter la révolte. C’est un peu comme si Moubarak était descendu sur la place Tahrir et avait dit aux manifestants qu’ils avaient raison et qu’il les rejoignait pour combattre le pouvoir en place. Bizarre, non ???

J’ai été, comme tout le monde, surpris par les victoires de 1999 et de 2007 contre la Nouvelle-Zélande. Pourtant, il y avait quelques indices, de ci de là, qui pouvait laisser penser que quelque chose était en train de se passer et que les joueurs avaient réussi à allumer une flamme en eux. Là, j’ai quand même l’impression que l’ancéphalogramme est plat. Les joueurs parlent de combat, de fierté, d’assumer leur rôle, mais je les sens seulement disposés à livrer un match du même tonneau que celui face à la Nouvelle-Zélande : capables de répondre présent dans le combat, dans l’agressivité, de livrer une copie correcte au niveau des phases de conquête et de la défense mais pas beaucoup plus. La bonne nouvelle, c’est qu’en face, l’adversaire ne maitrise pas son rugby d’une manière suffisamment assurée pour être sûr de passer l’obstacle français. En effet, si les Anglais restent aussi approximatifs que contre les Ecossais, ils offriront certainement un ou deux opportunités de les surprendre en contre. Ce que, naturellement, les joueurs français savent très bien faire. Mais est-ce qu’ils sont naturellement dans le meilleur état d’esprit pour le faire ? J’ai plus qu’un doute à ce sujet…

Equipe contre l’Angleterre : Médard – Clerc, Rougerie, Mermoz, Palisson – Parra, Yachvili – Bonnaire, Harinordoquy, Dusautoir – Papé, Nallet – Mas, Servat, Poux

Remplaçants : Szarzewski, Barcella, Pierre, Picamoles, Trinh-Duc, Marty, Heymans.

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