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Critiques Séries : American Horror Story. Saison 1. Pilot.

Publié le 06 octobre 2011 par Delromainzika @cabreakingnews

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American Horror Story // Saison 1. Episode 1. Pilot.


Le grand créateur de Nip/Tuck était de retour sur FX Network pour une nouvelle série, American Horror Story. Beaucoup de gens avaient peur que Ryan Murphy et Brad Falchuk créent une série toute pourrie, surtout quand ces gens pensent tout de suite à Glee, aux dernières saisons de Nip/Tuck, … Ce que j'ai du mal à comprendre, c'est pourquoi penser tant de mal de quelqu'un qui a tout de même réussi à créer des trucs irrationnellement bons dans des séries. Ryan Murphy c'est un peu un maître du plaisir. On sent que le scénariste est accro au sexe et à ses différents vices, mais alors que dans American Horror Story il s'en donne à coeur joie. Entre Dylan McDermott nu à plusieurs reprises, qui va se branler, ou encore la bonne qui va elle aussi se trifouiller le verrou. Mais ce n'est pas le plus important de ce pilote, réalisée par Ryan Murphy lui même. Dans un style expérimental, la caméra du réalisateur prend des airs de nouveauté, d'agressivité parfois, mais également de moments qui donne vraiment l'élégance du style. C'est beau, je pense notamment aux deux scènes, certes anodines, et déjà vu, avec les deux adolescents qui débarquent à l'école, gros plan, ralentis, voix off, musique. Tout est singulièrement bien agencé. De quoi donner le ton d'une série magique.

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La famille Harmon, composée d'un psychiatre, de sa femme et leu fille, s'installe dans un manoir... hanté, après l'adultère du père. Les esprits rôdent et sont bien décidés à les torturer...
Le prologue de l'épisode met en condition. On a déjà dans le titre le mot horror, on sait donc que l'on est pas là pour rire et pleurer, mais bien pour avoir peur. Cette première scène lance le sujet de façon apocalyptique. J'ai été transporté par cette magie qui entoure à la fois les deux jumeaux cinglés, mais aussi cette maison qui a tout d'une maison achetée à Amytiville. Je parlais de musique plus haut mais c'est bel et bien l'un des points forts de ce pilote. C'est hypnotique. Je pense notamment à la reprise de Tainted Love de Hannah Peel que je vais ressortir de ma playlist iTunes car je l'adore. Mais c'est également cet air de rock que j'ai pas pu reconnaître durant la petite bagarre scolaire entre Violet et cette adolescente de son lycée qui n'aime pas qu'on jette des cigarettes par terre. Il n'empêche que Ryan Murphy fait passé de ces messages positifs dans une série aussi horrifique quand même. Mais il ne s'empêche pas de jouer les clichés quand on parle de la restauration de la maison :
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"The previous owners of the house were loving this house like a child" - "Gay ?" - "What do you think…".
Mais j'aime bien ce genre de petites références frivoles de la part de Murphy et son comparse Falchuk. Le scénario, édenté en plusieurs points culminants jusqu'à la découverte de cet homme de latex (dont on ne connait pas l'identité au fond, même si l'on se doute bien qu'il y a baleine sous caillou). Les prémices de cet épisode, avec la présentation de la famille Harmon, tout se fait de passe élégante, sans perdre de temps, mais on a aussi cette impression que la série n'est pas native. On a donc des éléments qui se mettent petit à petit en place (la femme qui veut tomber enceinte, le mari qui a trompé sa femme avec la bonne, la fille aux tendances suicidaires qui tente de se faire une place dans sa nouvelle école, la voisine et sa fille (qu'on voit dans le prologue de l'épisode, plus jeune) qui vont venir faire peur à tout le monde dans la maison, et bien sûr l'apparition d'un ancien occupant de la maison ou de la bonne). Bizarrement, avec American Horror Story j'ai retrouvé un peu de l'ambiance de Les Autres, ce film tout aussi terrifiant et hypnotique. Mais plus classique que cette série qui se veut réellement expérimentale.
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La partie avec Ben Harmon, psychiatre est très intéressante. On a pas mal de pans de l'histoire qui nous sont exposés. Notamment ses coucheries (et puis les diverses scènes à connotation, ou même sexuelles sont assez bien foutu, mais quand on image Frances Conroy se purger le coquillage, forcément c'est un peu moins sexy). Mais également son patient, premier du nom pour le moment, Tate. Ce dernier a des troubles assez importants, et va trouver réconfort en Violet. Je sens que la relation des deux personnages sera intéressante à étudier par la suite. Mais le plus important reste tout de même que Ben a une véritable importance, notamment quand il va rencontrer un ancien propriétaire qui a réussi à s'en sortir vivant, Larry. Bizarrement, et c'est là que tout est bien dans cette série, on a pas trop peur dans cette famille. Nous en tant que téléspectateur on voit pas mal de choses, mais avec rapidité on voit bien que les Harmon n'ont aucunes craintes. Sauf peut être avec la scène dans le sous sol avec Tate et Violet… Terrifiante.
Du côté de la voisine, Constance, jouée par Jessica Lange, l'installation de son personnage se fait très rapidement. La première scène avec elle est d'ailleurs très prenante et presque folle. On sent que quelque chose cloche dans les yeux de sa voisine, ou encore de la fille de celle ci. J'aime ce côté cinglé me rappelant un peu Ça de Stephen King. American Horror Story est une série qui n'a pas vraiment de synthèse possible, elle est unique en son genre, prenant quelques références par ci, par là, mais restant fidèle à elle même. Tel une pilule d'extasy, American Horror Story transcendant son public en offrant des images choquantes, une réalisateur solide et surtout très expérimentale, employant un peu de ce cinéma indépendant des années 70 où les séries Z étaient monnaie courante. Le style de Murphy et Falchuk s'allie à merveille sur une histoire proche de l'excentricité la plus totale, mais le pire ? On en redemande.
Note : 9.5/10. En bref, ce qui s'est fait de mieux depuis tellement de temps que je compte plus.


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