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C'est beau le rugby, quand même...

Publié le 15 octobre 2011 par Spartac

C'est beau le rugby, quand même...

Et paf! Ca c'est fait!


A priori, la matinée s'annonçait belle. Levé 8 heures à cause de ce fichu décalage horaire, merci le méridien 0... Prêt pour le match, tout était prévu, même le duplex Skype avec la France afin de bénéficier de l'ambiance Sud Ouest et de pouvoir décapsuler ma bière en compagnie des potes, même en retransmission. Bonne surprise d'entrée de jeu avec le stream d'ITV opérateur local retransmettant la coupe du Monde qui fonctionne au ralenti car saturé les jours de match (n'était ce pas prévisible, et coupant toutes les 3 minutes). 1ere crise de nerf pour une retransmission qui bugge. A tout bien réfléchir, avoir le match n'était pas nécessaire...
Parlons donc de ce match, qui présentait deux équipes au profil traditionnellement joueur et qui promettait du jeu. Du jeu donc, sans doute est il possible qu'aujourd'hui sur un terrain de banlieue défoncé d'Auckland il y en ait eu entre quelques jeunes maoris se prenant pour Dan Carter, car sur le terrain de la demi finale, ce fut l'apothéose de la médiocrité appliquée au ballon ovale...
Déjà comme en 2003, en 2007 et 1995 la pluie s'était invitée, avec des trombes d'eau une heure avant le match. Les dieux maoris avaient eux aussi décidés de pourrir ce match.
Il pleuvait donc au coup d'envoi et on pouvait s'attendre à voir le ballon se transformer en savonnette. Ce fut le cas dès le début. Même si pour avoir un ballon glissant, il fallait le garder plus d'un temps de jeu et ne pas le balancer au pied, en chandelle ou en coup de pied de placement dès que l'occasion se présentait. Il faut croire que les demi français avaient leur godasses à lustrer, car les ogives se succédèrent comme les bouchons de champagne un soir de réveillon . Sale match donc, émaillé dès le début par des fautes françaises, des fautes de main, et des plaquages ratés qui offrirent vite l'occasion à Hook de marquer 3 points. De quoi lancer le match de son équipe? Que nenni, on allait revoir Hook par la suite en mode Pierre Richard de l'ovalie cumulant les fonction de maladroit avec ses deux pieds gauches.

C'est beau le rugby, quand même...

A ta gloire je bâtirais une cathédrale...

Cela commençait mal pour les français, mais le sort leur offrit un cadeau en la personne du capitaine gallois Warburton, plus jeune capitaine de l'histoire galloise, qui fut soudainement pris d'une inspiration digne d'un Roquefort- Rion des Landes en s'offrant une cathédrale d'école sur Vincent Clerc. Incontrôlée, sans doute pas forcement volontaire mais allez simple aux vestiaires avec un carton rouge levé par l'intransigeant Alain Rolland. On peut s'interroger sur cette décision lapidaire pour les gallois, mais qu'il faut mettre en relation avec la dangerosité de l'action. En tout cas on jouait la 16e minute et le match semblait plié.
Heureusement pour le suspense, l'équipe de France s'était présentée sur le terrain en mode tongien ou plutôt italien. C'était la journée équipe en bois sur le terrain. La France su de suite saisir l'avantage? Et bien pas vraiment, car à la mi temps, le score était de 6 à 3 pour la France. Le spectacle? Pas une passe correcte, une collection de chandelles foireuses, et de jeu stérile. Les gallois réduits à 14 se voyaient obligés de jouer en pick and go, tandis que la France en profitait pour ne rien faire...
Mi-temps, fin temporaire du calvaire et je me pris à espérer que Bernard Laporte soit descendu dans les vestiaires afin d'inciter cette équipe à se bouger la chique et à leur marcher sur la gueule. Si notre Bernard national était là, c'était sans doute celui de 2007 qui capitalisa en demi finale sur un écart favorable dérisoire et se fit aligner sur un drop de Wilkinson.

C'est beau le rugby, quand même...

Bon, on a gagné, on a gagné

Oh non, l'équipe de France ne revint pas plus conquérante, mais si possible plus navrante. Une pénalité à la 51 permit de prendre 6 points d'avance, et de toute évidence, il ne fallait pas s'attendre à mieux. Palisson, Médard et Clerc on du finir le match avec des engelures à force d'atteindre des ballons n'arrivant jamais. Coup de pied par dessus de Yachvili, coup de pied de placement de Parra, et Mermoz dans le rôle du picador qui s'obstine à chercher un passage au milieu du maul quand il manquait un gallois à l'aile. Bref, de l'équipe de France version laborieuse, comme effrayée par l'idée de devoir affronter une équipe réduite à quatorze avec un numéro 10 en mode Roger Lanzac époque piste aux étoiles. Ce fut la chance des Bleus. Car avec la blessure de Priestland, c'était Hook qui était sur le terrain, puis fut remplacé par Jones. Déjà réduits à 14 les gallois se sont vus obligés de jouer à 9 avec l'incapacité à Hook puis Jones de réussir une passe correcte, un coup de pied, une transformation.

C'est beau le rugby, quand même...

A quand un vrai 10 dans cette Coupe du Monde

En effet, le cauchemar de 2007 se reproduisait. En position favorables, dominateurs en mêlée, volants des ballons en touche, les français se trouvaient menacés et pénalisés face à des gallois jouant avec le désespoir et à 9 donc, puisque tout ballon lancé à l'ouverture se trouvait systématiquement aiguillé vers une impasse. Et c'est finalement à 9 alors que la France défendait en attendant une passe de Pillips au dix qui n'était pas venue, ne viendrait jamais et n'avait pas d'objet eu égard au traitement qu'il en aurait été fait, que celui-ci en 9 roublard malgré un physique de déménageur breton, alla à l'essai en profitant d'un espace entre une charnière française décidément peu fiable.
Les gallois allaient passer devant... Jones avait remplacé Hook et se révéla aussi mauvais, ratant sa pénalité. 9 à 8 pour la France, décidément le fantôme de 2007 se réveillait.
Il restait 20 minutes et des gallois à 14 hachés devaient craquer. C'était sans compter avec l'intelligence de jeu française sortie de l'esprit d'un pilier des familles. Plus un point ne fut marqué dans ce match... Étrangement apathiques et incapables d'aligner deux passes, tétanisés par l'idée de faire une erreur, voire de profiter d'un surnombre à l'aile, la France continua à ne pas jouer. Swarzewski offrit sa pizza habituelle sur le seul lancer en touche pouvant être favorable à la France.
C'était les gallois contre les shadocks, les gallois poussaient, les français pompaient, pompaient, galéraient. Les cinq dernière minutes galloises furent une succession de pick and go, et de 23 phases de jeu en attendant la position de drop et la faute française qui ne vint jamais. Un ballon perdu un en avant pour la France ballon envoyé en touche, emballé s'est pesé et la France en finale.
Que dire de ce match? Une conférence de presse crispée a suivi ou Marc Lièvremont a rappelé que l'important était la victoire. Certes, mais je ne me souviens guère d'un match aussi raté, à la différence que d'habitude la défaite est au bout. Comment comprendre ce match, la pluie? Elle était pour les deux équipes. L'expulsion? Comment croire qu'une équipe à 14 est plus forte.
Remake de 2007 sauf le résultat. Ce fut un match de gagne petit, d'une équipe crispée à l'idée de faire faute ou de se faire contrer. Il faut dire qu'étant donné la faiblesse au plaquage du duo Rougerie Mermoz, il fallait mieux taper au loin en espérant un contre en touche. Même le staff semblait crispé car pas de coaching ne fut tenté. On peut s'étonner de ne pas avoir tenté un Trin  Duc, face à une équipe en infériorité et une ouverture digne de la Namibie (au passage j'espère que le président de Perpignan ne s'est pas levé pour regretter son investissement sur Hook).

C'est beau le rugby, quand même...

C'est demain la finale non?

Mais au final c'est la France qui est en finale, pour la 3eme fois, d'une compétition qu'elle n'a jamais gagné. Les futurs adversaires de la France ont du se marrer devant ce match. C'est là sans doute la chance des bleus, de ne pas être crédible en finale, en espérant la suffisance de l'adversaire. Certes, si le résultat seul compte, nous sommes content d'être en finale, mais version hold up du siècle à la Spagiari.
Et si tout ça était une stratégie, la stratégie de l'échec? Passer pour les plus mauvais, se faire oublier pour surgir. Se prendre des coups dans la trogne pour retrouver l'esprit combattif. J'ai déjà dis ne plus comprendre la France du rugby, je renonce définitivement. L'équipe arrive en finale sans avoir rien prouvé, bénéficié d'un calendrier favorable, de deux équipes en sous régime sur les deux derniers match. Le bluff du siècle pour le match d'une vie dans une semaine? Il faudra y repenser à tête reposée, car pour le moment rien ne permet d'y croire. La seule certitude tiens dans la volonté de ne pas lâcher un maigre avantage par une défense de fer. Mais ou sont passé les rouflaquettes de feu, la paire de centre idéale que l'on nous vendait? Je regardais dernièrement un match de Bègles en 91 avec une tortue de 15 joueurs traversant le terrain, nous sommes dans cette mouvance.
Pour finir, je n'arrive pas à croire que l'on soit en finale, sans ouvreur, avec une défense fébrile une attaque inexistante, mais une chance débordante, en fait. J'ai peut être une théorie, l'équipe joue tellement mauvais que les équipe d'un niveau inférieur se mettent en confiance et les meilleures se mettent au niveau. Mais bon, on est en finale, et ce serait tellement mieux pour le rugby que l'on ne passe pas à coté, histoire d'être digne de l'évènement...
PS: Il est toujours surprenant dans les différents sports d'entendre les analyses des différents chroniqueurs sur les expulsions. C'est à se demander s'il ne faut pas jouer en infériorité tellement on peut entendre des explications bateau sur la difficulté à se mobiliser face à une équipe en sous nombre censée être plus vaillante, face à une équipe crispée par l'obligation de gagner...

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