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Sarkozy, les juifs, Internet, et cetera...

Publié le 16 février 2008 par Mgallot

Ma note précédente a déclenché une avalanche de commentaires. Note que j'avais pourtant postée bien innocemment car je n'avais lu qu'un tout petit article de Libération et ne soupçonnais pas que cette initiative de notre président ferait la une des journaux le lendemain et qu'on en parlait sur toutes les radios. Note assez vite écrite, je l'avoue, en réaction immédiate, un peu facile sans doute - d'autres notes plus exigeantes m'ont pris plusieurs heures et n'ont pas suscité le moindre commentaire (peut-être même que personne ne les a lues?)

Cette petite aventure a été pour moi matière à réflexion.

Cela fait maintenant 7 mois que je tiens ce blog et je n'ai jamais eu autant de lecteurs ni de commentaires  - une déferlante incroyable en quelques heures, toute nouvelle pour mon blog au statut mal défini, hébergé sur un site d'actualité mais tenant finalement surtout du blog littéraire et cinéphile, vivotant gentiment à une centaine de visites par jour (et encore!), un commentaire deci-delà, de temps en temps. Je me suis retrouvée bombardée en un clin d'oeil parmi les "blogs les plus visités" et les "notes les plus lues" du cercle des blogueurs Courrier International, augmentant ainsi mon nombre de lecteurs par un cercle dont je ne parviens pas à déterminer s'il est vicieux ou vertueux. 7029 visites dans la journée où il a été publié.

Cette expérience m'a donné une idée en miniature de ce que peut être l'emballement médiatique, une effrayante perte de contrôle, et pour moi un besoin instinctif de me protéger, de débrancher et quitter Internet. Parfois en lisant tous ces commentaires dont le volume dépasse de beaucoup ma modeste note, je ne reconnais plus mon enfant. La glose prolifère comme une tumeur et finit par recouvrir son objet, s'y substitue. Certains finissent par m'attribuer des intentions que je n'ai jamais eues.

Internet lieu de débat, lieu citoyen sans doute. Après quelques hésitations, j'ai mis en ligne tous les commentaires, même ceux qui me paraissaient tendancieux sur le plan idéologique. Lieu de débat: je laisse la parole. Constructif et intéressant parfois, mais pas toujours, loin de là. Cette discussion tous azimuts ne m'a pas intéressée tant que ça, je dois dire. Beaucoup de convenu, chacun y met ce qui lui tient à coeur, la politique, Sarkozy, Israël, l'enseignement, les étrangers, les horreurs du monde, etc. Des commentaires sans doute écrits aussi vite que ma note. Un défouloir. Je n'ai jamais pensé ni voulu que mon blog ressemble à un défouloir. J'ai même eu envie de supprimer mon article avec tous ses commentaires.

J'ai compris la recette pour être lu sur Internet: réagir sur l'actualité, si possible à chaud (et même un tout petit peu avant ébullition) - mieux: en citant le nom de Nicolas Sarkozy (toujours bon pour les moteurs de recherche, et parce que tout le monde a son mot à dire et se sent autorisé à en parler) - essayer d'apporter une contradiction pour créer la polémique (jeter de l'huile sur le feu) - faire suffisamment court - ne pas parler de livre, ou de cinéma documentaire (quel éteignoir!) - poster l'article vers midi, histoire que tous ceux qui font leur pause déjeuner puissent le lire en mangeant leur sandwich.

J'ai sans doute l'air un peu cynique. Mais j'espère que certaines des personnes qui ont visité pour la première fois mon blog à cette occasion en ont profité pour lire mes articles culturels et auront découvert un auteur, un film, un blog ami, Sitartmag... Je rêve du jour où seront postés autant de commentaires sur toutes mes notes, même celles où il ne sera question ni de notre président ni de la shoah. Même celles qui n'auront aucun lien avec l'actualité qui nous téléguide.

Ceci étant dit: merci à tous ceux qui m'aident, par leur lecture et leurs remarques, à faire vivre ce blog!


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