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Un fort surprenant nouvel «indigné» sur la scène internationale : Jean-Claude Trichet !

Publié le 17 octobre 2011 par Kamizole

N’y croyez pas un seul instant. A quelques jours de la fin de son mandat à la tête de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet "entend des voix" ! Traduire : des «messages»… le terme revient 4 fois dans la dépêche de Reuters Le clin d'oeil de Jean-Claude Trichet aux "indignés" (16 octobre 2011) où Thierry Lévêque rend compte d’une interview donnée à Europe 1 où il affirme ainsi comprendre les revendications des «indignés» - lesquels croissent et se multiplient dans le monde entier, de l’Espagne à Tel-Aviv en passant par Wall Street et ailleurs - ainsi que celles des partisans de la «démondialisation»…

J’t’en fiche ! Que vous me croyiez ou non, je suis en mesure de vous révéler la raison de ce surprenant revirement (de façade). L’information qui n’a bien entendu pas été divulguée m’a été confiée hier après-midi dans le creux de l’oreille - il n’y pas encore de «fadette» pour en pister la trace et ne me demandez surtout pas de révéler le secret de mes sources perso - par une amie très bien informée pendant que je vaquai hier aux opérations électorales de la primaire socialiste dans le bureau de vote du Haut-Montmorency.

Or donc, j’appris ainsi que Jean-Claude Trichet, voulant échapper à ces "voix" si manifestement contraires à la pensée ultralibérale qu’il exprime à son ordinaire et se croyant atteint de folie, avait plongé tête la première dans une piscine remplie de lait d’beu… Qu’il ne sût point nager ou qu’il eût fait un malaise, l’histoire ne le précise pas… toujours est-il qu’il coula à pic et ne dut d’avoir la vie sauve qu’à la promptitude des secours.

Il eut néanmoins largement le temps de boire la tasse : ses déclarations sont autant de gorgées de lait d’beu que les maîtres nageurs lui firent recracher sur le bord de la piscine.

Lors même qu’il est une des bêtes noires que fustigent les «indignés» qui manifestèrent samedi dans le monde entier, il prétend adhérer - en partie - à leur message : «Il y a évidemment un ensemble de leçons à tirer de la crise qui sont des leçons très dures : il n'est pas possible de laisser un système financier et par voie de conséquence un système économique au niveau mondial qui soit aussi fragile (…) qu’il interprète comme la nécessité d’un renforcement des règles et contraintes imposées à la finance».

Ben voyons ! Je ne sais s’il vous en souvient mais c’est une resucée du discours dont politicards et économistes nous rebattirent ad nauseam les oreilles en septembre et octobre 2008 après le précédent krach boursier sur le mode «plus jamais ça !». Nous allions voir ce que nous allions voir - Sarkozy fut alors le plus critique contre le «capitalisme dévoyé» ! - et toutes les mesures assurant la régulation vertueuse des banques et marchés financiers seraient promptement mises en œuvre.

En dépit de nombreuses réunions internationales - G8, G20 et autres sommets mondiaux ou européens - la montagne accoucha de quelques souris, avec force clameurs comme il se doit. Avec pour unique résultat - les mêmes causes : la spéculation tous azimuts encore plus importante produisant les mêms effets - d’arriver à une crise bancaire et financière autrement grave sur fond de la dette souveraine des Etats européens ou des Etats-Unis.

Surtout pas question de remettre le système à plat : il s’oppose à ce que l’on «démolît les banques, celles-ci finançant les trois quarts de l’économie»… Tordant quand l’on sait que précisément elles utilisent nettement plus leurs ressources à spéculer - mettant ainsi dans l'embarras les Etats et grand nombre de multinationales (sans même parler des PME dont-elles se contrefichent ! Lors même que ce sont-elles qui créent le plus d‘emplois) - qu’à soutenir l’économie réelle.

En conséquence de quoi l’Europe communautaire, la BCE et… Nicolas Sarkozy s’apprêtent à remettre au pot des centaines de millions d’euros dans le capital des banques coupables de leurs propres turpitudes, ce qui aggravera d’autant la faillite des Etats en nourrissant une fois de plus la spéculation sur leur dette souveraine. Deux images me viennent en tête : le «tonneau des Danaïdes» ou le serpent (monétaire ?) qui se mord la queue. Le résultat se traduisant de toute façon pour nous, pauvres con…tribuables et con…sommateurs par l’austérité maximale, des taxes comme s’il en pleuvait, des services publics de base et un pouvoir d’achat peau de chagrin. On dit «merci qui ?».

Dexia était déjà à la dérive en 2008. Sauvée grâce à des expédients. Comment ont-ils pu laisser la principale banque des collectivités locales - naguère dépendant de la Caisse des Dépôts et consignation, à laquelle il est question aujourd’hui de l’adosser à nouveau ! - spéculer ainsi sur le marché financier ? Parfaite illustration de l’antienne libérale «privatisation des profits, nationalisations des pertes»…

Quant aux règles prudentielles édictées par «Bâle 2» l’on ne connaît que trop la propension des banques à maquiller leurs bilans par une foule d’artifices… En 2008 j’étais déjà encline à laisser les banques à la dérives crever de leur belle mort - ce que fit au demeurant Franklin Roosevelt au début du New Deal - et encore plus aujourd’hui : l’argent injecté à fond perdu pour leur recapitalisation serait nettement plus utile dans l’économie réelle ou pour atténuer les effets de la crise chez les chômeurs et les habitants de plus en plus nombreux de la «France qui souffre».

Mais de ceux-ci Sarkozy et sa clique n’ont nullement cure, préférant fustiger «l’assistanat» tout en abreuvant de centaines de millions d’euros leurs commensaux multimilliardaires de l’interminable «Nuit du Fouquet’s» !

Même son de cloche concernant la «démondialisation» - à laquelle il est bien évidemment opposé - décryptant toutefois (à sa façon) le message envoyé par ceux qui s’en réclament, «en faveur d’un renforcement de la gouvernance économique mondiale dont… il faut tenir compte». Celle-ci étant tout aussi illusoire que la promesse d’instaurer une sérieuse régulation des banques et marchés financiers, je n’y reviendrais pas. Si nos si brillants gouvernants de la France, de l’Union européenne et de la Zone euro ou d’ailleurs en avaient seulement le soupçon du tiers du quart, nous le saurions depuis belle heurette !

Or donc, toujours le même lait d’beu concernant les bienfaits de la mondialisation - forcément «heureuse» selon Alain Minc ! - pour les pays du Tiers-Monde et en voie de développement. Il y a quelques années l’on nous serinait que l’on y vivait de mieux en mieux grâce précisément à la mondialisation en conséquence de quoi nous devions accepter de nous appauvrir chaque jour davantage. Etant maintenant patent qu’il n’en est rien, bien au contraire !

L’on nous fait le donc le coup de l’égoïsme des riches occidentaux qui chercheraient «à freiner les échanges économiques mondiaux car cela supposerait notamment d’empêcher le développement de pays jadis pauvres où le niveau de vie reste bas»… La faute à qui ? «Ce qui reviendrait à dire aux pays émergents que nous ne sommes pas contents de leur propre développement et qu’en conséquence nous entendrions l’entraver»… et petite cerise sur le gâteau : il rappelle que «ce développement de pays du Tiers-monde et donc la concurrence qu’ils font aux pays industrialisés est l’objectif de la communauté internationale depuis 1945».

Je ne vais pas m’étendre sur le sujet mais c’est exactement le processus qu’anticipa en 1913 Rosa Luxembourg dans «L’accumulation du capital» : les colonies n’étaient plus seulement des débouchés pour la production des pays industrialisés mais tendraient à intégrer le système capitaliste de production, déjà menacé par des crises de sous-consommation.

Il me semble évident depuis belle heurette en se référant à l’histoire autant politique qu’économique que cette tendance décrite naguère comme «impérialisme» - principalement des Etats dominants - devrait s’entendre aujourd’hui des multinationales qui exercent le véritable pouvoir sur l’ensemble de la planète et qu’il n’y aurait aucun problème de débouchés non plus que de concurrence si les marchandises des nouveaux producteurs des pays émergents avaient pour vocation première de satisfaire les besoins de leur population.

Or, nous savons qu’il n’en est absolument rien : les salaires des ouvriers de l’industrie ou de l’agriculture de ces pays sont nettement trop faibles pour satisfaire ce que l’on nomme la «demande solvable intérieure» mais les marchandises produites pour un coût minime (sans même parler des conditions de travail et de l’absence de protection sociale) entrent directement en concurrence avec celles produites - pour un coût nettement supérieur - dans les ex pays industrialisés occidentaux (les Etats-Unis et la France étant le parangon de cette dérive). D'où les délocalisations dites boursières.

Autrement dit : la mondialisation à la sauce ultralibérale ruine les économies et la protection sociale lato sensu des pays occidentaux qui ont bradé leurs industries et leur agriculture tout en continuant de ravager celles des pays émergents. Sans même parler de l'environnement... Quel beau résultat !

Je suis intimement convaincue - depuis une bonne trentaine d’années ! - que la démondialisation n’est ni égoïste ni perverse pour autant qu’elle tende à réindustrialiser les pays qui ont délocalisé à tout va mais uniquement si ce processus conduit dans le même temps à aider les pays émergents à se donner les moyens de satisfaire les besoins de leur population. En premier les plus vitaux - l’abandon des cultures vivrières ou des élevages traditionnels (qui ne date pas d’aujourd’hui !) est un des plus grands facteurs de la manultrition voire des famines.

Enfin, Jean-Claude Trichet «suggère aux pays de l’Union européenne de réformer les traités pour empêcher à l’avenir un de ses Etats membres - de vagabonder ! - créant des problèmes pour les autres, comme c’est le cas actuellement, notamment pour la Grèce»… Il propose donc que «le conseil européen puisse statuer sur des sanctions à la majorité, sur la base d’une proposition de la Commission européenne : la leçon de la crise c'est que, en effet, il faut aller plus loin que les recommandations, éventuellement avec les sanctions».

J’ai toujours trouvé aussi stupide que carrément assassin d’écraser un pays qui l’est déjà suffisamment par des sanctions - forcément financières. Une sorte de double peine.

En revanche, nous connaissons parfaitement les véritables responsables de la crise grecque. A commencer par Goldman Sachs (bien aidé ensuite par la Deutsche Bank) qui non seulement aida le gouvernement grec à maquiller ses comptes pour lui permettre l’adhésion à la Zone euro mais trouva le moyen - tout en continuant à le conseiller - de lui faire accepter un emprunt dont il n’avait nul besoin au demeurant tout en faisant courir le faux bruit que la Chine aurait refusé d’en acquérir les titres !

Bien dommage que la pendaison haut et court n’existât plus !


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