Magazine Humeur

«Conflits de Canard» à Puteaux pour Joëlle Ceccaldi-Raynaud

Publié le 24 octobre 2011 par Kamizole

J’espère que «le volatile» comme l’appelait plaisamment le Général de Gaulle ne m’en voudra pas d’avoir utilisé le titre de la rubrique en principe consacrée aux perversions de la malbouffe. Sinon, c’eût été : indigestion de «Canard»… De Barbarie, «au sang», à «l’orange» ou en magrets selon vos préférences mais toujours aussi diantrement bien informé que satirique et… «Enchaîné» ! Sans nul doute point encore assez pour Joëlle Ceccaldi-Raynaud - édile de Puteaux dont nous savons tous que le gène de la démocratie doit faire défaut dans la famille -qui vient de s’illustrer par un nouveau coup d’éclat comme me l’apprit Le Monde Mise en cause par le "Canard enchaîné", la maire de Puteaux fait acheter tous les exemplaires de l'hebdo-madaire (21 oct. 2011).

C’est chose fort connue qu’a Puteaux l’ordre doit régner en muselant les opposants. Gestion policière musclée, donc. Sans remonter jusqu’à l’affaire dite de «la fusillade de Puteaux» lorsqu’en 1971 des partisans du maire (RPR) de l’époque, Charles Ceccaldi-Raynaud - abattirent Salah Kaced ( 31 ans), colleur d’affiches socialistes. Des employés de la mairie étant impliqués, lis-je sur Wikipedia. C’est dire si Puteaux est une ville charmante, évoquant plutôt «règlement de compte à O.K. Coral» que la liberté républicaine. D’ailleurs il me semble me souvenir que les gros bras de Ceccaldy-Renaud furent affublés du charmant sobriquet de «Tontons Macoute» généralement réservé aux peu recommandables nervis des Duvallier, père («Papa Doc») et fils («Baby Doc», dictateurs qui sévirent à Haïti jusqu’en 1986.

Il me semble bien qu’en matière d’arbitraire policier, quand bien même les armes eussent-elles été remises dans les râteliers et que la municipalité ne fût plus gouvernée par Charles Ceccaldi-Raynaud - c’est désormais Joëlle Ceccaldi-Raynaud qui est maire - les choses n’aient guère changé. Ce n’est certainement pas Christophe Grébert qui tient le blog Monputeaux qui risque de me démentir. Il fut poursuivi pour diffamation par la municipalité pour avoir critiqué la gestion de la ville, notamment en 2004, mais celle-ci perdit son procès devant la Cour d’appel en 2007.

Transmission familiale du pouvoir municipal de type quasi féodal. Certes. Mais Charles Ceccaldi-Raynaud - qui avait pourtant intronisé sa fille au Conseil municipal en tant que 1ère adjointe avant de démissionner pour raisons de santé en 2004 - voulut reprendre le flambeau en 2005, sans succès. Rififi à Puteaux : il fut battu en se présentant contre elle en 2008 et même contraint de démissionner du Conseil municipal car il y aurait eu - en toute illégalité - 3 conseillers municipaux de la même famille, Vincent Franchi, fils de Joëlle Ceccaldi-Raynaud ayant également été élu… «Main basse sur la ville» ?

Joëlle Caccaldi-Raynaud est loin d’être une inconnue et une débutante. Elle fut député suppléante d’un certain… Nicolas Sarkozy dans la 6ème circonscription des Hauts-de-Seine - autrement appelé «Sarkoland» !

Et vivier pléthorique de la clique qui gravite autour du chef de l’Etat : je ne peux que vous conseiller la fort instructive lecture de Marianne consacré cette semaine à un dossier particulièrement explosif sur «La république du copinage» où entre autres turpitudes de cette prétendue élite qui prétend - j’assume totalement la redon-dance ! - nous gouverner, vous apprendrez que «le clan des Hauts-de-Seine fut bien remercié»… Je ne m’étendrais pas aujourd’hui sur tous les heureux bénéficiaires des largesses sarkoïdales qui auront plus que bien profité de l’accession de Nicolas Sarkozy au sommet de l’Etat si ce n’est pour dire qu’il n’est point étonnant qu’ils fissent des pieds et des mains pour l’y maintenir après 2012. Sinon, gare à la chute !

Joëlle Ceccaldi-Raynaud n’a-t-elle pas ainsi été élue présidente de l’Epad (pour faire court : l’aménagement de la Défense) après que Nicolas Sarkozy dut la mort dans l’âme renoncer à y propulser son rejeton Prince Jean, sans compétences ni qualités ? L’épisode qui fit beaucoup de bruit en octobre 2010 - avec une savoureuse remarque de François Hollande, disant que Nicolas Sarkozy «ne perdait pas seulement la main mais aussi pied» - ne fut certainement pas pour rien dans la vertigineuse chute de la Maison Sarko dans les sondages. Trop c’est trop !

C’est vous dire si je ne fut guère surprise de lire avant-hier soir ce titre du Monde Mise en cause par le "Canard enchaîné", la maire de Puteaux fait acheter tous les exemplaires de l'hebdomadaire (21 oct. 2011) que je m’empressai d’ouvrir et d’enregistrer, sachant qu’une nouvelle fois j’y trouverais du lourd.

600 exemplaires achetés par les envoyés spéciaux de la Mairie de Puteaux… Mazette ! À 1,2 € l’exemplaire, cela fait 720 €… Si elle fait financer cette dépense par le budget municipal, elle risque des ennuis avec la Cour régionale des comptes. Après tout, les Fédéraux ont bien fait tomber Al Capone pour une vulgaire histoire d’impôts si ma mémoire ne m’abuse.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là : des kiosquiers ont reconnu des employés de la mairie et Joêlle Ceccaldi-Raynaud faisant régner l’habituel climat de peur, ils ont été menacés de représailles s’ils demandaient à être réapprovisionnés.

La pôv c. ! Elle a fait ainsi plus pour médiatiser l’affaire qui l’oppose à son père et pèse également sur elle puisqu’il l’accuse d’avoir reçu des pots de vin dans un marché public et alors même qu’elle n’a été entendue que comme témoin assisté. Les Putéoliens ne sont pas si stupides : sans doute beaucoup d’entre eux travaillent à Paris ou en dehors de Puteaux où ils trouveront aisément le Canard Enchaîné.

J’en apprend nettement plus en lisant un pourtant très court entrefilet de Marianne - n° 757 du 22 au 28 oct. 2011 - selon lequel Joëlle Ceccaldi-Raynaud «aurait fait transiter d’importantes sommes par un compte ouvert au Luxembourg»… Tiens ! Le même chemin que les rétro-commissions du Karachigate…

L’intéressée se défendant en affirmant «aujourd’hui, je suis en règle»…

Bien évidemment risible si cela ne témoignait de la méconnaissance des règles juridiques : sauf flagrant délit, les infractions poursuivies concernent rarement des faits actuels. Mieux encore, s’agissant de pots-de-vin, si l’instruction devait révéler qu’elle en a perçus - le respect de la présomption d’innocence impose le conditionnel - elle pourrait être alors poursuivie pour «recel d’abus de biens sociaux».

Or, ceux-ci et selon une jurisprudence constante de la Cour de cassation n’obéissent pas à la prescription du droit commun et dans ce cas le délai de prescription part du jour où l’infraction a été révélée (souvent par une dénonciation) ce qui est fort logique puisqu’ils sont par nature trop bien masqués pour espérer les découvrir fortuitement ou par une enquête normale.

Nous comprendrons aisément pourquoi Nicolas Sarkozy - lui-même étant tout comme ses amis suvi par une longue procession de «casseroles» rutilantes - promit en 2007, à l’occasion de l’Université d’été du Medef - de faire abroger cette règle si contraire à ses intérêts et essaya par la suite de faire adopter une loi dans ce sens. Sans succès sinon de déclencher une fois de plus l’ire des magistrats et notamment ceux de la Cour de cassation, la plus haute instance de l’ordre judiciaire.


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