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Musique révoltée pour pays en révolution

Publié le 24 octobre 2011 par Generationnelles @generationnelle

Musique révoltée pour pays en révolutionLes pays arabes ont récemment fait parler d’eux pour leurs idées révolutionnaires «d’indignés» alors, on est calé en président du Yémen (Ali Abdullah Saleh) ou capitale du Bahreïn (Manama) mais en musique, nettement moins. Parce qu’à part la chanteuse anglo-égyptienne Natacha Atlas et sa reprise de Françoise Hardy, les maîtres algériens du raï Faudel, Rachid Taha et Khaled dans leur concert à Bercy 1, 2, 3 Soleils et la chanteuse maroco-israélienne Alabina avec sa Bande Originale de La Vérité Si Je Mens, on sèche.

Alors voilà un petit mémo sur les musiciens des pays en «révolution».

Les contestations ont débuté en Tunisie, notre petit voyage musical va y commencer aussi. De la musique orientale, Dhafer Youssef et Jasser Haj Youssef en retiennent les instruments mais pas le genre et proposent un jazz fusion. Mais la politique n’est jamais loin en Tunisie, même dans la musique. Dhikra Mohamed, la chanteuse connue dans tous les pays arabes et aux 20 ans de carrière, fut assassinée après avoir enregistré Qui ose parler ?, chanson de protestation sur le régime saoudien. Plus près de nous, c’est une chanson du rappeur tunisien El Général qui a été un véritable hymne à la révolution du Jasmin.

En Égypte aussi, la révolution a connu son heure de gloire et les copinages avec le pouvoir aussi. La star égyptienne, Angham s’est produite devant le Prince saoudien Walid Bin Talal pour le mariage de sa fille. Le jeune Tamer Hosni s’est fait refouler de la place de la contestation, Place Tahir pour son appui un peu trop tardif au goût des manifestants anti Moubarak. Des musiciens égyptiens uniquement pro ou anti politiques ? Le chanteur Amr Diab n’est pas sur ce registre là mais préfère voir vers l’international. C’est lui qui chante sur le refrain d’Ojos Asi de Shakira.

Au Maroc, le métissage est à l’honneur. Entre le ragga en arabe de Steph Ragga Man, le reggae sympathique de Darga et le blues plutôt étonnant de Vigon, ex première partie de Stevie Wonder, le pays est bien servi.

Dans les pays où la répression a été la plus forte, les représentants musicaux restent assez rares.

Omar Souleyman

Omar Souleyman

Au Yémen, la chanteuse populaire Ofra Haza, à qui l’on doit la musique du dessin animé Le Prince d’Egypte, et en Libye, le chanteur Ahmed Fakroun ont misé sur la musique orientale traditionnelle. Au Bahrein et en Jordanie, elle est plus moderne avec Ali Bahar et surtout Diana Karazon et ses clips gros budget.

En Syrie, c’est avec un look traditionnel mais une musique un peu plus moderne qu’Omar Souleyman, à ne pas confondre avec l’ancien premier ministre égyptien, fait danser les spectateurs des pays arabes et de l’Europe. Surprenant quand on entend ça ?

C’est pourtant avec une attitude minimaliste sur scène, les mains seules bougent, que le sosie de Yasser Arafat transforme le public calme en foule en folie.

Même vibes en Algérie avec Idir et sa mythique chanson A Vava Inouva et Souad Massi, habituée de la métropole. Mais la révolte n’est jamais loin dans ces pays. L’Algérie a été le berceau de la musique contestataire avec le groupe de rock Carte de Séjour, ancien groupe de Rachid Taha, et aussi le rappeur Intik qui flirta souvent avec la censure.

Pour l’Iran, la donne est un peu différente puisque la musique populaire interdite depuis la révolution de 1979 s’est exportée aux Etats-Unis avec Arash et Cameron Cartio. Si la pop est interdite, le rock, c’est tabou. Certains groupes se montent comme O-hum. Contestataires plus que musiciens ? Ils doivent être les 2 pour survivre dans le milieu underground comme on peut le voir dans le film, Les Chats Persans.

Alors tentées par la musique des pays en révolte ? En attendant, faisons comme les Clash, rockons la cashbah !

Solène L.
Article paru initialement le 9 juin 2011


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