Magazine Europe

Sale passe pour la Bosnie-Herzé

Publié le 25 octobre 2011 par Hrvatska

Sale passe pour la Bosnie-Herzégovine

Zdravko Grebo, professeur à la Faculté de droit de Sarajevo, et Miodrag Živanović, professeur à la Faculté de philosophie de Banja Luka, se sont entretenus sur la crise qui frappe la Bosnie-Herzégovine, cela au cours de l'émission "Most" diffusée par la Radio Slobodna Evropa.

Extraits :

Sommes-nous au creux de la vague ou bien la Bosnie-Herzégovine peut-elle encore davantage s'enfoncer ? A cela Zdravko Grebo répond :

Il y a deux ou trois ans je me suis exprimé sur une chaine de télévision et j'ai prétendu que la Bosnie-Herzégovine vivait ses derniers jours. Non pas parce que cela me plaisait, ni parce que je le souhaitais, mais parce que déjà alors tout indiquait que notre habileté à s'autodétruire était sans limite. Si vous me demandez maintenant si la Bosnie-Herzégovine a touché le fond, je ne peux pas vous répondre ; certes je suis infiniment triste mais aucunement résigné. Actuellement nous traversons la plus mauvaise passe de la Bosnie-Herzégovine, seulement comme nous sommes infiniment doués pour nous enfoncer peut-être allons nous encore descendre d'un pallier. Ceci est bien entendu sarcastique. Néanmoins cette passe que traversent les Bosno-herzégoviniens, pour autant qu'ils existent, est en quelque sorte une situation catastrophique dans laquelle les gens ne savent pas ce qui va les attendre le lendemain matin.

"Non seulement la Bosnie-Herzégovine n'existe-t-elle pas en tant qu'Etat mais malgré tout ce qui nous avons vécu de triste elle n'existe pas non plus comme société. Nous vivons dans une sorte de chaos, d'effroi, où chacun ne sait à quoi s'attendre le lendemain. Je ne suis pas sûr que la Bosnie-Herzégovine existe en tant qu'édifice constitutionnel et juridique. C'est une façade qui tient tant bien que mal à coups de subterfuges et de supercheries depuis un an, lorsque se sont déroulées les élections. Un effroyable chaos gardé sous contrôle par la communauté internationale est maintenu en l'état. Comme je vois les choses, jamais dans son histoire la Bosnie-Herzégovine n'a été aussi mal en point, et je ne vois pas comment elle pourrait aller mieux demain. Demain nous serons à nouveau nez-à-nez avec le chaos, avec le dragon planté au milieu du feu et qui nous dit : "Vous n'allez pas mourir aujourd'hui, mais vous allez devoir vivre sous cette pression", rajoute Grebo.

A la même question, Živanović répond : Il y a quelques années j'ai moi-aussi avancé que la Bosnie-Herzégovine ne pouvait se maintenir sous une telle forme.  Aujourd'hui je m'exprimerais autrement. A présent cette Bosnie-Herzégovine qui n'existe point convient à tous les politiciens. Nous sommes en présence de ce que j'appellerais le paradoxe bosno-herzégovinien : plus le peuple va mal et plus les élites politiques se portent bien. Les élites politiques voient d'un bon œil l'absence de pouvoir au niveau étatique. Il s'est avéré que les parties de la Bosnie-Herzégovine peuvent tout aussi bien fonctionner sans les organes de l'Etat. Les entités, les cantons et les municipalités - tout cela fonctionne. D'ailleurs le pouvoir à l'échelon fédéral fonctionne depuis 15-16 ans en affaires courantes et n'a rien entrepris pour le bien de ses citoyens."

Quand on lui demande si on pourrait assister en Bosnie-Herzégovine à une révolte des ventres creux, Grbo répond :

"Tous les matins, lorsque je me réveille, je suis heurté par cette passivité, par cette léthargie chez des gens qui ont véritablement été menés dans l'impasse, menés à la destruction de leur propre dignité humaine. En vieillissant je deviens plus las, je deviens légaliste, je n'inciterais pas à des changements violents toutefois, si j'étais un peu plus jeune, j'encouragerais les gens à descendre dans la rue et à prendre les choses en main car le niveau de perversion du corps politique a dépassé toute mesure et la seule façon pour changer les choses est que les jeunes, les syndicats, les chômeurs, les retraités... constituent un front et disent : assez de manipulations, nous voulons maintenant diriger nos vies. Cela peut-il se faire ? J'en doute. Même des actions moins radicales n'aboutissent pas parce que comme je l'ai dit au début nous avons un don immense pour l'écroulement. Nous sommes encore aptes à crouler.

Source : oprevolt.com, le 23 octobre 2011.


Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Hrvatska 1 partage Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Dossiers Paperblog