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Sarkozy fatigue. Nous aussi.

Publié le 26 octobre 2011 par Juan
Sarkozy fatigue. Nous aussi.Nicolas Sarkozy est fatigué. Le Monarque n'a plus le courage de partir dans les Deux-Sèvres, ce vendredi, nous apprend une journaliste. Comme Chirac en son temps, à quelques mois d'une élection présidentielle qu'il termina pourtant victorieux, Sarkozy serait-il déjà « fatigué, vieilli, victime de l'usure » ?
Quoique fatigué, Sarkozy parlera à la télévision, c'est confirmé, ce jeudi. Il « sera l'invité exceptionnel d'une émission consacrée à la crise jeudi dès 20 h 15 » et « répondra en direct de l'Elysée aux questions d'Yves Calvi pour France Télévisions et de Jean-Pierre Pernaut (TF1). Il fallait deux chaînes pour impressionner l'électeur.
Stress européen
L'information nous vient de Nathalie Schuck, la jeune journaliste du Parisien, accréditée à l'Elysée. « Selon nos informations, Nicolas Sarkozy devrait se rendre courant novembre dans le département des Deux-Sèvres, fief de son ex-rivale de 2007, Ségolène Royal. Initialement, le déplacement était prévu vendredi au lendemain de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy consacrée à la crise sur TF1 et France 2, en direct depuis la bibliothèque du Palais de l'Elysée. Mais crise européenne oblige, le président est trop fatigué... » Vous avez bien lu: « crise européenne oblige.... » Le story-telling continue.
Il faut avouer qu'il se dépense beaucoup, notre Monarque. Mais ce n'est pas l'Europe et sa crise de gouvernance qui l'ont autant fatigué. Il a certes fait quelques allers-et-retour le weekend dernier entre Paris et Bruxelles, pour être près du berceau de la dernière-née du clan Sarkozy. Mais la fatigue vient d'ailleurs. Le stress de la situation épuise. Les nerfs sont à bout. A Paris, mardi encore, une certaine confusion des esprits régnait encore, à quelques heures de ce sommet européen de mercredi.
Jean-Pierre Jouyet, président de l'AMF, a prévenu que les banques françaises devraient accepter « des sacrifices ». François Fillon reconnaissait, mardi devant les députés, que la restructuration de la dette grecque coûterait « une dizaine de milliards d'euros ».
Juste avant le double sommet des chefs d'Etat, ceux de la zone euro puis ceux de l'Union européenne dans son ensemble, une réunion des ministres des finances initialement prévue a été annulée. L'affaire cache un conflit entre les membres de la zone euro et les autres. Cette réunion avait été demandée par ces derniers. David Cameron en tête, ils sont énervés de subir les contre-coups de la crise de l'euro. Cette annulation en a irrité plus d'un.
Visites électorales
Mais depuis dimanche soir, pour Sarkozy, l'Europe est passée au second plan dans son agenda. Lundi, il a rencontré quelques professionnels du cinéma pour leur promettre de faire réviser le plafonnement budgétaire de leur CNC.
Sarkozy fait aussi campagne, à raison de 150 visites en province par an. Ce mardi, la visite était encore éclair, moins de deux heures sur place, dont une inauguration d'hôpital et une table ronde. Bien sûr que tout cela fatigue !
Le candidat était à Carcassonne, pour monologuer sur la santé. Sans surprise, il a plaidé pour la maîtrise des dépenses, et omis de débattre des défiscalisations diverses qui plombent les comptes de la Sécu. Voyez l'exonération de charges sociales sur les heures supplémentaires depuis octobre 2007, inefficaces et coûteuses. Ou l'extension de la taxe Sodas aux boissons avec édulcorants pour financer une autre exonération de charges sociales, cette fois-ci en faveur des agriculteurs, votée la semaine dernière.
« Je comprends parfaitement le côté inépuisable des besoins mais je voudrais qu'on ait tous ensemble l'honnêteté de reconnaître que la France consacre à la santé des dépenses justifiées qu'aucun autre pays au monde ne fait ». Et il a parlé de son inévitable et épuisant devoir: «Mon devoir de chef de l'Etat, c'est de faire droit aux demandes (...) et de les mettre dans un contexte qui ne conduira pas la France dans les affres, (...) je suis bien obligé de tenir compte des réalités, je ne peux pas être la machine à dire oui à tout le monde ».
Vous avez bien lu, encore une fois: « je suis bien obligé de tenir compte des réalités ». Il faudra ressortir cet aveu. Depuis 2007, Nicolas Sarkozy-qui-ne-veut-pas-augmenter-les-impôts a créé ... 24 taxes. Rien que cela.
Déchirement à droite
Nicolas Sarkozy a un autre motif de fatigue. Son camp se déchire, gravement. Rachid Dati a fait fort. L'ancienne protégée du Monarque a accusé François Fillon d'avoir acheté des voix à l'UMP pour s'implanter à Paris dans « sa » circonscription. On oublierait presque que l'ancienne Garde des Sceaux ... n'est pas députée. L'UMP est ainsi. La perspective de la défaite législative de juin 2012 précipite les ambitions. La guerre des places à la députation fait rage. Sur France Inter, l'attaque de Dati a été particulièrement violente.
Primo, elle critiqua le désintérêt du premier ministre pour les affaires du pays: «Moi, je suis choquée qu’au lieu de s’occuper des Français et de leurs difficultés, il soit en Corée, au Japon, (...) choquée qu’il soit plus préoccupé par son avenir personnel ». Secundo, elle l'a accusé de venir se présenter à Paris par crainte de perdre dans sa Sarthe natale: « Il l'a dit à plusieurs ténors de l'UMP ». Tertio, elle a expliqué que Fillon avait imposé Dominique Tibéri, fils de l'ancien maire Jean, au ministère des Finances «contre l’avis du ministère des Finances», « une nomination en guise de remerciement au ralliement de la famille Tibéri à François Fillon » justifiait le Figaro. Le quotidien de Sarkofrance est venu en défense du premier collaborateur de Sarkozy: « Rien ne prouve (...) que François Fillon est intervenu personnellement pour obtenir la nomination du fils de Jean Tibéri en échange de son soutien ». Mais alors, pourquoi donc cette nomination qui, à l'époque, avait fait grand bruit ?
Ces bisbilles ne sont pas que parisiennes. Elles permettent d'oublier quelques instants le stress généralisé qui a envahi la « majorité » minoritaire. A ceux qui se rassuraient d'un éventuel affaissement de la candidature de Hollande, d'autres ont montré d'autres sondages prévoyant une défaite législative même en cas de victoire présidentielle. Philippe Goujon, maire du XVème arrondissement, président de cette fédération UMP déchirée de Paris, s'est énervé: « On ne peut pas quand on est membre de l'UMP, députée de surcroît, attaquer le Premier ministre ! » Valérie Pécresse, porte-parole du gouvernement UMP, a regretté les « propos irrespectueux » de Dati à l'encontre de Fillon.
Lundi soir, la réunion de conciliation organisée en urgence par Jean-François Copé n'a rien donné. Les sbires de Fillon attendaient une exclusion pure et simple de l'ancienne chouchoute de l'Elysée.
Radicalisation à droite
L'UMP serait un espace de débat. La Droite Populaire emprisonne les sarkozystes dans une surenchère avec l'extrême droite. Après le référendum contre le droit de vote des étrangers, les « Popu » veulent retirer le bénéfice du minimum vieillesse (ASPA, 742 euros par mois) aux étrangers présents en France. C'est l'une des surprises du débat en cours sur le budget de la Sécurité sociale pour 2012: « l'objectif (...) est de rétablir l'équité et de mettre fin à cette injustice qui permet, aujourd'hui, à un étranger hors Union européenne de bénéficier du minimum vieillesse sans jamais avoir travaillé et cotisé sur le territoire national  » a justifié l'un de leurs représentants, Philippe Meunier, co-fondateur du collectif UMPiste. On dénombre environ 22.000 étrangers, sur les 70.000 bénéficiaires de l'ASPA. Pourtant, l'ASPA est déjà réservé aux immigrés titulaires d'un permis de séjour (et résidant plus de 6 mois dans l'année en France). Combien d'étrangers de plus de 65 ans sont légalement installés en France sans avoir travaillé (et donc cotisé) au préalable en France ?
Contre la Droite Populaire, une fraction centriste de l'UMP avait créé le collectif des Humanistes, animé par Jean Léonetti. Ce dernier a peine à se faire entendre.
Un parti divisé, une Europe en flamme, un budget improbable, Nicolas Sarkozy a quelque raison d'être « fatigué, vieilli, victime de l'usure ».
Ami sarkozyste, où es-tu ?


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