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La femelle des beaux quartiers

Publié le 26 février 2008 par Cathy Eglon

Les animaux du XVIème sont globalement des femelles à peaux lisses et poils longs.
Le mâle est peu visible de jour, occupé qu’il est à rapporter à sa femelle son butin quotidien.

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Tendus comme des arbalètes, les visages sans expressions affichent une moue boudeuse imposée par le repulpage massif des babines. Le tout est crayonné, badigeonné et mis en lumière par les plus grandes marques. La crinière se veut résolument balayée, ni trop courte ni trop longue dans un mouvement souple et faussement décontracté : le chic absolu du coiffé/décoiffé sans avoir l’air mais en ayant l’air un peu quand même…tout un art.

Les parures donnent le ton. Le décontracté chic ne souffrirait pas la pacotille. Il est donc forcément assorti de quelques babioles sans prix. Sac, bijoux, chaussures, ceinture, si ca sort de chez LVMH c’est à coup sur un indicateur de bon gout, une preuve.

En hiver, du poil long, doux soyeux, très cher et le plus rare possible, prélevé à la serpette dans une barbarie et une sauvagerie insoutenable mais ho combien nécessaire pour asseoir une condition et afficher sa différence avec  le commun des mortels.

Ca regarde le reste du monde haut. Ou plutôt non, ça ne le regarde pas, ça le survole, ça surnage au dessus de la populace, ça interpelle les petites gens par leur prénom avec une condescendance poisseuse, ça compte les sourires et ça les distille à doses homéopathiques et à qui de droit. Ca s’écoute parler et ça met de l’intonation so prout prout à toutes les sauces, c’est ridicule mais ça ne le sait pas.

Ca ne l’envisage même pas.


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