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G20 : à défaut d’accord, le décor

Publié le 04 novembre 2011 par Hmoreigne

G20 : à défaut d’accord, le décorCe n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il ne faut pas s'afficher. La montagne G20 accouche d'une souris mais Nicolas Sarkozy fera son numéro vendredi soir simultanément sur France 2 et TF1 avec Barack Obama en vedette américaine pour assurer le niveau d'audience. "Une opération de communication insupportable" juge François Bayrou.

"Que les deux principales chaînes de télévision françaises soient requises toutes les deux, la semaine dernière pour une heure et quart d'interview de Nicolas Sarkozy (...) et que, deuxièmement ce soir, on fasse rebelote avec Barack Obama et Nicolas Sarkozy dans une opération dont le but est transparent: montrer que ce sont les grands de la planète et qu'ils se parlent, qu'ils se tutoient est quelque chose de très troublant et même d'insupportable dans le déséquilibre qui est créé dans la communication", a déploré le président du MoDem sur Radio Classique/Public Sénat.

"Il est anormal qu'on fasse ainsi une sorte de monopole avec les deux principales chaînes de télévision. Il y a quelque chose qui n'est pas normal dans la pratique qui devrait être pluraliste des médias en France" estime très en colère le député des Pyrénées-Atlantiques.

A défaut d'accord, le décor est symboliquement parlant puisqu'il s'agit du palais des Festivals de Cannes. Faute de pouvoir mettre en avant, comme initialement prévu, l'accord du 27 octobre et l'image d'un président français sauveur du monde, l'Elysée met en scène Sarkozy parmi les grands de ce monde. Une superproduction qui coûte au passage au contribuable la bagatelle de 28 millions d'euros qui viennent s'ajouter aux 31 dépensés précédemment pour le sommet de Deauville.

L'exercice de communication tente de cacher la piètre prestation des trois principaux acteurs du film : Angela Merkel, Nicolas Sarkozy et Georges Papandréou.

Papandréou tout d'abord, qui, le pistolet sur la tempe aura tenté un instant de sortir du piège dans lequel il s'est enfermé lui-même en redécouvrant tardivement les vertus d'une démocratie et d'une union nationale qu'il avait longtemps ignoré.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ensuite dont l'arrogance et le mépris à l'égard des petits Etats aura atteint des niveaux inégalés. Un couple à la Bonnie and Clyde qui a ignoré ses partenaires européens et totalement marginalisé les institutions de l'UE, ravalées pour l'occasion au rang de simple secrétariat.

Une fois les projecteurs éteints et les limousines reparties, l'Europe risque d'avoir la gueule de bois. Une Europe qui se sera couchée avec une gouvernance complexe et brouillonne et qui se réveille aux mains d'un directoire franco-allemand animé par un état d'esprit aux antipodes de celui de ses pères fondateurs.

En grand connaisseur de l'espèce humaine Napoléon disait : "Il existe deux leviers pour faire bouger un homme, la peur et l'intérêt personnel". Ce sont hélas les ficelles sur lesquelles tirent Nicolas Sarkozy et Angela Merkel pour faire bouger aujourd'hui la marionnette européenne.


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