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Conte soufi : Le marchand et le derviche chrétien

Publié le 06 novembre 2011 par Unpeudetao

   Un riche marchand de Tabriz se rendit à Konya pour y rencontrer l'homme le plus sage de la ville, car il avait des ennuis. Il consulta des chefs religieux, des juristes et autres personnages éminents, mais n'en fut pas éclairé. Enfin, quelqu'un lui parla de Rumi, et le conduisit chez le maître.
   Le marchand avait apporté une offrande de cinquante pièces d'or. Quand il vit le maulana dans la salle d'audience, il fut envahi par l'émotion.
   “Tes cinquante pièces sont acceptées, dit Jalaludin. Mais tu en as perdu deux cents, c'est pourquoi tu es ici. Dieu t'a puni ; et Il te montre quelque chose. Désormais tout ira bien pour toi.”
   Le marchand était stupéfait. Rumi poursuivit :
   “Tu as eu beaucoup d'ennuis parce qu'un jour, à l'extrême occident de la chrétienté, tu as vu, dans la rue, un derviche chrétien étendu par terre. Tu as craché sur lui. Va le trouver, demande-lui pardon, et transmets-lui mon salut.”
   Le marchand ne dit mot, terrifié d'être ainsi percé à jour.
   “Veux-tu que nous te le montrions maintenant ?” dit Jalaludin.
   Il toucha le mur du bout des doigts. Le marchand vit une place du marché, en Europe, et sur cette place, il reconnut l'homme qu'il avait maltraité. Il se retira en chancelant de la présence du maître, complètement déconcerté.
   Il se rendit aussi vite qu'il put dans le pays d'Europe où vivait le derviche chrétien. Il le trouva prosterné, s'approcha. L'autre se redressa et, montrant du doigt un point dans l'espace, dit : “Notre maître Jalal a communiqué avec moi.”
   Le marchand regarda dans la direction que le derviche indiquait : il eut la vision de Jalaludin psalmodiant : “Pour le rubis, pour le caillou, il y a place sur Sa montagne, il y a place pour tous…”
   Le marchand revint transmettre le salut du saint d'Occident à Jalal et se fixa dans la communauté des derviches de Konya.

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