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Rolland-Garros : les alternatives au massacre des serres d'Auteuil sont légion !

Publié le 07 novembre 2011 par Delanopolis
Alors que la Fédération françaises de tennis et son factotum maire de paris ont lancé une concertation-expresse pour tenter de prendre de vitesse le mouvement de défense des serres d'Auteuil, plusieurs voix s'élèvent pour démontrer que bien d'autres solutions sont possibles. Il suffit des les écouter. Rolland-Garros : les alternatives au massacre des serres d'Auteuil sont légion ! Donnons d'abord la parole à un architecte : Christian Cholet, bien au fait du sujet :

" D'après les plans présentés, nous voyons que le stade projeté de 4 950 places pourrait parfaitement tenir côté ouest (là où est prévu le stade de 2 000 places), on pourrait ainsi conserver le stade ovale ... et conserver les serres dont la destruction/reconstruction partielle est si fortement contestée.

- On pourrait également faire plusieurs entrées pour R-G, l'une à l'endroit actuel, la deuxième à l'ouest au bout des Princes, la troisième dans le très grand espace entre le Stade Chatrier et le Bd. d'Auteuil à la place du Village de toile.

- J'ai rappelé en séance que la couverture rétractable du stade de 15 000 places étant à claire-voie avec un côté ouest, il s'ensuivra par fortes précipitations d'ouest, la pénétration d'eau sur le stade-même et sa non-utilisation, but évidemment non recherché par la FFT. Je sais de quoi je parle : j'habite à 700 m de RG ; les gros orages de printemps par vent d'ouest sont terribles ; ils fouettent mes vitres très violemment, celles qui sont exposées ouest et même ouest-nord-ouest; ils soulèvent les ardoises de mon toit et en déplacent.

- Aucune production de chiffres détaillés n'a été donnée pour la reconquête par la Ville et ensuite par RG de A13 par couverture partielle ou totale, du Périph en sa grande partie (l'objection du trop grand éloignement ne tient plus si RG s'étend, comme projeté, sur les Serres ; par ailleurs le Périph est plus proche du Métro, des bus, du Parking de Carrefour, de la sortie de l'A13 et de celle du Périph.

- Un dernier petit point sur les 4 serres projetées sous les 4 950 : qui a déjà vu des serres exposées au nord? qui a déjà vu des serres couverte par du béton? Fiat lux !"

Ce sont, il est vrai de solides objections au projet municipal !

Ajoutons-y celles d'Eric Bassi, journaliste et ancien riverain, qui a écrit aux membres de la commission nationale des sites pour leur rappeler quelques évidences :

"Ce n'est pas à la FFT de financer directement la couverture de l'A 13 mais plutôt à la mairie de Paris, qui la financerait avec la redevance normale que devrait lui payer par la FFT

Les chiffres évoqués ont toujours été les mêmes : ils s'appuient sur une étude de l'APUR de 2005 faite pour les JO 2008, la couverture du périphérique Porte des Lilas (99 M EUR, 2007) et porte de Vanves (58,4 M EUR, fin en 2008) et une estimation faite par un ancien expert de la mairie de Paris (5.000 euros HT du m2 + éventuellement 10% pour aménagement).

Ils ont été également corroborés par un ancien ministre des sports.

Compte-tenu de la surface à couvrir pour l'A 13, 12.000 m2 au maximum, et de la dérive des prix, le coût est au maximum de 150 millions d'euros, et encore en voyant large, comme je l'ai dit lors de la réunion du 10 octobre.

Le financement n'est hors de portée de personne, à condition que la FFT paye à la mairie de Paris la redevance qu'elle devrait lui payer, sur la base des propres normes de la mairie (15 % du chiffre d'affaires, au moins celui réalisé sur le site de la FFT, qui est de 140 M EUR environ).

La FFT devrait donc payer une redevance annuelle d'au moins 20 millions d'euros (cf audit de la ville de mai 2008 sur Roland-Garros) alors qu'elle ne paiera au plus que 6,5 M EUR à partir de 2016, la ville s'étant "couchée" lors des négociations avec la FFT.

Avec cette redevance "normale" (selon la norme appliquée au Tir aux Pigeons ou à la Croix-Catelan par exemple), la couverture du périphérique serait financée par la mairie en 5 à 6 ans (6 X 20 = 120 M EUR) et il n y aurait nul besoin d'aller envahir les Serres d'Auteuil.

Je rappelle par ailleurs que la FFT avait fortement songé à déménager Roland-Garros à Versailles, avec une facture de l'ordre de 550 à 600 millions d'euros.

Je rappelle également que la mairie sollicitée par des élus UMP du 16ème en conseil de Paris a refusé en juillet de chiffrer précisément le coût éventuel de couverture de l'A 13."

Bon, si avec tous ces arguments la mairie de Paris et la FFT continuent d'essayer de faire gober qu'il n'existe pas d'autres solutions que la destruction de facto des serres d'Auteuil, c'est qu'elles sont de mauvaise foi.

Qui pourrait croire une chose pareille ?



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