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Une année de réalisations BDS et de défis

Publié le 10 novembre 2011 par Parolededemocrate
Une année de réalisations BDS et de défis
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=11365
Le bilan d’une année de BDS fait par un petit groupe américain. Il y a un an, Philly BDS créait le premier groupe de Philadelphie se consacrant à faire avancer le mouvement en faveur du boycott, du désinvestissement et de sanctions contre Israël. Cette créationrépondait à l’appel du 9 juillet 2005 de 171 organisations de la société civile palestinienne pour faire rendre des comptes à Israël
jusqu’à ce qu’il se conforme au droit international et aux principes universels des droits humains pour les Palestiniens dans les Territoires occupés, pour les citoyens palestiniens d’Israël, et pour

les réfugiés palestiniens.Aujourd’hui, à notre premier anniversaire, notre réflexion porte au- delà des grandes étapes de notre boycott consommateur de l’houmous Sabra et de l’houmous Tribe, et va jusqu’aux initiatives éclatantes du mouvement BDS dans le monde au cours de l’année écoulée. Le mouvement BDS n’a pas arrêté de prendre de l’ampleur, et des défis importants se sont aussi présentés d’eux-mêmes.


Mondialement, il y a un certain nombre de succès concrets remarquables. Pour en mettre quelques-uns en évidence :
De novembre 2007 à novembre 2010, Adalah NY, basé aux États-Unis, a
lancé une campagne mondiale contre le milliardaire israélien, magnat
du diamant et constructeur de colonies, Lev Leviev. La campagne a
conduit à son reniement par l’UNICEF, sa dénonciation par Oxfam, au
retrait d’une rubrique promotionnelle de son site qui mettait en
vedette des acteurs comme Salma Hayek, Drew Barrymore, et Halle Berry,
et à une décision du gouvernement britannique de ne pas louer l’espace
ambassade de son entreprise. En novembre 2010, la société Africa
Israel de Leviev annonçait qu’elle ne s’impliquerait plus dans la
construction dans les colonies.
Répondant aux appels de la société civile après l’agression d’Israël
contre la flottille humanitaire vers Gaza, en juin 2010, les dockers
d’Oakland, de Californie, de Suède et de Norvège ont refusé
l’accostage et le déchargement de navires israéliens, imposant un
blocus, si l’on peut dire, sur les marchandises israéliennes. Une
action similaire historique avait été lancée par les dockers sud-
africains en février 2009.
Courant de l’été 2010 également, le conseil d’administration de la
coopérative Food Co-op à Olympia, capitale de l’État de Washington,a
décidé de boycotter les marchandises israéliennes. La Olympia Food Co-
op a maintenu le boycott face à un tollé d’oppositions, y compris une
plainte récemment déposée dans laquelle des responsables du
gouvernement israélien sont probablement mêlés, au moins dans les
coulisses. (Voir notamment : Soutien des Affaires étrangères d’Israël
aux procès contre BDS aux États-Unis - Richard Silverstein - 19 sept
2011)
Des coups déterminants ont été portés aussi à Carmel Agrexco, le plus
gros importateur d’Israël, et à Veolia, la multinationale française
opérant dans le domaine des services de l’eau, de la gestion des
déchets, de l’énergie et des transports. Agrexco commercialise 60 à70
% des produits agricoles des colonies israéliennes et joue un rôle clé
dans le développement de l’industrie agroalimentaire israélienne et à
un haut niveau, elle a exploité sa relation intime avec les autorités
de l’occupation israélienne pour s’assurer un statut de quasi-monopole
dans l’exportation des produits palestiniens de la bande de Gaza.
Agrexco a été confrontée à une activité massive de boycott en Europe,
son principal marché pour l’exportation, qui l’a obligée à déclarer
faillite. Veolia, mêlée à un certain nombre de projets israéliens,
dont le tristement célèbre projet de tramway visant à relier les
colonies de Cisjordanie à Jérusalem, a perdu nombre de contrats
importants en Europe grâce aux campagnes BDS, et elle a annoncé des
baisses surprenantes de ses profits.
Ce qui est très positif, c’est que toujours plus d’organisations et
initiatives recommandant le BDS continuent de surgir partout dans le
monde, et notamment sur les campus. Philly en est un bon exemple, où
un groupe BDS à l’université de Pennsylvanie est maintenant actif. Une
même initiative a été signalée à l’université DePaul du Michigan, et à
celle de Columbia et d’autres. Même si ces actions ont connu des
réussites plus ou moins grandes, leur prévalence croissante démontre
qu’un vent fort pousse en avant le mouvement BDS.
Une réussite importante a été enregistrée en mars 2011 avec un boycott
universitaire et culturel par l’université de Johannesbourg qui a voté
la rupture de ses liens avec l’université Ben Gourion d’Israël, en
raison du rôle de cette université dans l’occupation israélienne.
La liste grandissante de personnalités reconnues qui adoptent le BDS
comprend des légendes de la musique comme Roger Wateers de Pink Floyd.
En 2006, Waters avait programmé un spectacle à Tel Aviv. Mais des
militants palestiniens et des militants pour les droits des
Palestiniens à travers le monde lui ont demandé de ne pas y aller. Et
en réponse, il s’est rendu en Palestine, expérience qu’il décrit lui-
même comme transformatrice. Il a annulé son spectacle à Tel Aviv et il
est même reparti du pays en soutien au boycott, écrivant « Quand les
gouvernements refusent d’agir, les gens le doivent, avec tous les
moyens pacifiques dont ils disposent ».
D’autres personnalités ont choisi d’observer le boycott et de ne pas
se produire en Israël, tels que les Pixies, Elvis Costello, le
regretté Gil Scott-Heron, le guitariste Santana, et le rappeur Snoop
Dog. De même que les Yes Men ont retiré leur film du festival du film
de Jérusalem et que le réalisateur, scénariste et critique de film,
Jean-Luc Godard, a annulé son projet de participer à celui de Tel Aviv.
Des victoires importantes aussi dans les désinvestissements méritent
notre attention, plus qu’on pourrait le faire ici. Pour en citer
quelques-unes : en février 2009, le College Hampshire, qui devint un
pionnier dans les années soixante-dix en étant la première
l’université américaine à se désinvestir de l’apartheid sud-africain,
a décidé de se désinvestir des 200 entreprises qui « violent les
normes du College relatives à la responsabilité sociale », dont 6
entreprises qui ont d’étroites relations avec l’occupation par Israël.
En juin 2010, les étudiants du Collège d’État Evergreen, à Olympia,
État de Washington, ont voté le retrait des fonds de la Fondation du
collège des entreprises qui tirent profit de l’occupation illégale
israélienne. Et en juillet 2010, les militants de la Voix juive pour
la Paix ont présenté plus de 15 000 signatures de pétitions et cartes
postales à l’attention de l’un des fonds de pension les plus
importants du monde, TIAA-CREF, lui demandant de se désinvestir des
entreprises réputées profiter de l’occupation par Israël des
territoires palestiniens.
Ces évolutions ont montré que les populations, partout dans le monde,
y compris aux États-Unis, sont de plus en plus conscientes de la
nécessité d’une pression véritable, populaire, sur Israël pour mettre
fin à sa politique d’apartheid, et se lèvent pour agir. Considérant
que le mouvement BDS n’a, en lui-même, qu’une dizaine d’années à
peine, les réalisations à ce jour sont remarquables et encourageantes.
Et la tendance pointe vers des actions plus grandes dans le futur.
Rien ne montre mieux l’importance et le succès grandissants du
mouvement BDS mondial que toutes les focalisations et les attaques
dirigées contre lui. Toutefois, le mouvement est confronté à des défis
importants pour les années à venir. Le gouvernement israélien et les
groupes et institutions pro-israéliens dans le monde ont multiplié
leurs efforts pour combattre le BDS. Défrayant la chronique récemment,
le vote par le parlement israélien d’une loi anti-BDS. Le projet de
loi était présenté par le député Ze’ev Elkin, du Likoud, et a été voté
le 11 juillet 2011.
Cette loi permet aux citoyens d’engager des poursuites civiles contre
les personnes et organisations qui appellent au boycott économique,
culturel ou universitaire d’Israël et des institutions israéliennes -
y compris des sociétés et universités. Elle empêche aussi le
gouvernement de faire travailler des entreprises qui initient ou se
conforment à de tels boycotts. D’après Elkin, la mouture définitivedu
projet de loi qui a été votée est « végétarienne », parce les
dispositions qui criminalisaient le boycott en ont été supprimées. La
loi a provoqué une grande controverse tant à l’intérieur qu’à
l’extérieur d’Israël. Elle a été dénoncée partout dans le monde. En
effet, même de nombreux parlementaires israéliens se sont exprimés
publiquement contre cette loi.
Cette loi n’est pas le seul cas de « retour de bâton » contre BDS.
L’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) intervient de plus
en plus ouvertement sur la question du BDS. En mars de cette année,
des organisations ont fait passer l’information que les Renseignements
militaires israéliens avaient créé une nouvelle unité chargée de
localiser les groupes à l’étranger, comme en Cisjordanie et dans la
bande de Gaza dont l’objectif était de « délégitimer l’État d’Israël
». L’unité va surveiller, parmi un panel apparemment illimité de
cibles possibles, les militants de BDS.
Plus inquiétant peut-être encore, le mois dernier, 11 étudiants de
l’université Irvine de Californie, les « Onze d’Irvine », ont été
déclarés coupables de complot visant à perturber, et de tapage lors
d’un discours de Michael Oren, ambassadeur d’Israël aux États-Unis.
Certains peuvent voir dans ces réactions comme un présage inquiétant
de ce qui est à venir dans ce pays comme à l’étranger. D’autres, dont
Philly BDS, voient les choses autrement, comme un signe sans équivoque
que le mouvement BDS est au premier rang, et ne peut plus être ignoré.
Il devient général.
La direction israélienne a manifesté sa crainte du mouvement BDS de la façon la plus claire possible, en l’interdisant. Et si nous ne minimisons pas les difficultés véritables auxquelles sont confrontés nos courageux alliés, comme les Onze d’Irvine et les nombreux militants BDS en Palestine qui ont été emprisonnés pour leur militantisme, nous préférons voir dans ces réactions la certitude que nous faisons la différence, que nous construisons un mouvement irrépressible et durable pour la justice en Israël/Palestine.

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