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La grande guerre au gaspillage

Publié le 11 novembre 2011 par Chroneric

Cette année, l'Armistice coïncide avec une date particulière : le 11/11/11 ! C'est d'ailleurs la seule fois dans votre vie que vous connaîtrez une telle suite de un (remarquez la date et l'heure de cet article...). A moins, que vous ne viviez encore cent ans. Bref, l'occasion annuelle de rendre hommage à nos poilus de la grande guerre et de respecter le devoir de mémoire. Mais, aujourd'hui, a-t-on oublié à ce point le sacrifice de nos aïeux ?

Le premier reportage d'Envoyé spécial, la toujours excellente émission de France 2, portait sur la gaspillage alimentaire et la surconsommation. C'est la crise et pourtant nous vivons finalement dans l'opulence car nous achetons beaucoup de produits alimentaires mais nous en jetons le quart ! Nul besoin ici de chercher un responsable car nous le sommes tous, du producteur au consommateur en passant par le distributeur. Nous achetons ce dont nous n'avons pas forcément besoin, dans des quantités injustifiées.

Le producteur doit fournir des produits jolis, bien calibrés et pas abîmés, au grossiste car ces produits sont bien côtés et donc vendables sur les plates-formes de distribution et ensuite dans les supermarchés. Ce dernier réclame des produits vendables et donc qui rapportent du chiffre car le consommateur que nous sommes exige un bon et joli produit. Une tâche sur un melon ? Le producteur le jette à la poubelle ! Dans un paquet d'endives emballées, l'une d'elle à une tâche ? Le distributeur jette le paquet complet car il n'a pas le temps de trier ! Des consommateurs ont dans leur frigo un pack de yaourts dont la date limite est le lendemain ? Poubelle !

25% de ce qui est produit part à la poubelle. C'est fou et consternant.

Et ce qui ajoute du drame à tout ça, c'est que même les denrées non périssables, comme les pâtes ou le riz, subissent le même sort. Chaque matin avant l'ouverture, les rayons sont vidés des produits dont la date limite de consommation (DLC) ou la date limite d'utilisation optimale (DLUO) approche à grands pas mais qui sont encore consommables. Avez-vous déjà été malade avec un yaourt mangé trois jours après sa péremption ? Moi, non.

Alors, me direz-vous, on pourrait donner ces articles aux associations pour les distribuer aux plus démunis. Ben non justement. Les grandes surfaces préfèrent les arroser d'eau de Javel et les jeter plutôt que d'organiser un transport en semi-remorque jusqu'aux Resto du cœur ou au Secours populaire. Le temps c'est de l'argent. C'est la loi de finance. Toujours ces enquiquineurs d'actionnaires.

Il ne faut donc pas s'étonner qu'aujourd'hui des gens fassent les poubelles derrière les magasins, le soir, quand tout est fermé. C'est le cas de ce couple, montré pendant le reportage, qui régulièrement, le soir, fait le tour de trois ou quatre magasins, récupère assez de marchandises pour remplir le coffre de leur voiture et redistribue ensuite à d'autres familles dans le besoin. Ce n'est pas gaspillé, ça remplit des frigos et ça aide. Et ce sont des produits neufs et propres à la consommation.

Des gens se sont battus pour notre liberté et notre intégrité, et nous, nous bafouons ce sacrifice pour faire les difficiles devant un rayon aux 36 000 références.


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