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Hollande, cet autre pays du chômage

Publié le 11 novembre 2011 par Copeau @Contrepoints

Hollande, cet autre pays du chômage

Pour le moment, tout va bien puisque l’État peut continuer à payer les petits fours. Et comme les sommets se sont un peu calmés pour le 11 novembre, ça donne l’occasion à François Hollande de sortir de sa léthargie digestive pour aller tacler Sarkozy sur ses terres.

Enfin, tacler, c’est un bien grand mot, hein, puisque le choc émotionnel est équivalent à la rencontre inopinée d’un escargot et d’une coccinelle. Bref : le Hollande, cet autre pays du chômage, nous sort l’analyse de la crise la plus pertinente de son stock, assortie d’un programme ec.

J’écris « ec », parce que c’est vraiment, pour le moment, une toute petite esquisse de programme éco, et dans quelques mois, après moult efforts et beaucoup de sueur, on aura peut-être un programme économi. Avec un peu de chance, un programme économique complet sera prêt pour mai 2012.

Vieux Hollande, fruité mais un peu mou.
Mais bon, puisqu’il a gagné la bataille des Primaires, le plus Primaire des socialistes s’est réuni avec les plus fins économistes que compte le pays pour nous faire une belle démonstration de sa capacité à reprendre la main et lancer une offensive.

Dans ces économistes, on retrouve la fine fleur de l’intelligentsia socialiste et d’autres satellites plus ou moins connus. Mais Hayek, Friedman ou même Bastiat auraient bien pu venir dans ce groupe, le résultat n’aurait pas changé d’un pouce : Hollande nous gratifie au final d’une bouillie consensuelle … et socialo-keynésienne.

On apprend ainsi que notre bon François est contre les paradis fiscaux. C’est logique du reste, puisqu’il est pour les enfers fiscaux et s’acharnera donc à en mettre un en place ici même : pour lui, « aucune banque ne devrait travailler avec un pays qui abrite un paradis fiscal ». Rappelons que la définition de paradis fiscal varie d’un politicien à un autre, et d’une période à une autre (la Suisse a fait partie du gang, un moment donné, par exemple). En outre, on ne le répétera jamais assez : si on sucre les paradis fiscaux, où diable iront les sommes que nos politiciens détournent allègrement dès qu’ils le peuvent ?

(ici, insérez vos insultes sur le populisme, la démagogie de mon propos et la méchanceté qui sourd de ce paragraphe dans lequel on pourrait croire que j’insinue que François aurait magouillé, ce qui est peu probable compte tenu de sa charge en testostérone digne d’une huître).

Mais foin de populisme, qui peut me trouver un candidat qui se déclare officiellement « pour » les paradis fiscaux ? Aucun, ce qui démontre à l’envi que tous ne rêvent que d’assommer d’impôts le contribuable, sans aucun espoir de fuite pour lui, ce qui est logique d’un enfer (beaucoup moins d’un paradis). On se demande au passage quel vice (à part celui du socialisme qu’ils ont chevillé au corps) les pousse à penser de la sorte alors que vouloir tout faire pour transformer son pays en paradis fiscal aurait sans l’ombre d’un doute des vertus évidentes tant pour les politiciens que pour les habitants…

Mais en attendant, Hollande continue dans la même voie : si les paradis fiscaux doivent être dissous dans une fiscalité invasive ou l’acide nitrique ou les deux, les hedge funds aussi. Enfin, pas tous, mais les plus méchants. Charge à lui (et à sa fine équipe) de définir ce qu’est un vilain hedge fund. Ensuite, c’est très simple : une instance mondiale sera le réceptacle de tout ce qui a été décidé dans toutes les instances diverses et variées au niveau politique, financier ou commercial, comme le FMI, et mettra tout le bazar en route.

Il est comme ça, WinnieFrançois : il se lance dans une primaire, veut devenir président, et le voilà déjà à l’assaut du Globe, de la finance mondialisée. L’étape d’après, moyennant un slip rouge sur son pyjama bleu, consistera à partir à la conquête de l’Univers.

Quant au reste, on retombe sur ce que lui, ses adversaires, ses coéquipiers, l’extrême droite, l’extrême gauche, le voisin et Jules Petitbedon de Triffouilly prônent tous d’une façon ou d’une autre :

* Il faut renforcer le fonds de solidarité financière européen, voyons ! Il est déjà à 1000 milliards d’euros, n’arrive pas à écouler ses bons sur le marché (c’en est même comique), mais dotons-le de plus de moyens, les enfants, créer de la dette va résorber le problème de la dette ! Et la solidarité incarnée dans ce fonds sera donc renforcée, miam miam : c’est bon, ça, la solidarité, et les Grecs l’apprécient tout particulièrement actuellement. F-Hollande ♥ G-Pap, tout ça.

* Il faut autoriser officiellement la BCE à racheter des emprunts d’État (les français, par exemple, y’a des promos actuellement), voire autoriser les eurobonds : allons-y, si ça fait grincer les dents des Teutons, c’est que c’est une bonne idée, non ? D’t'façon, ils sont psychorigides, ces Germains, ils ne savent pas rigoler. Alors que François, lui, il a tout compris à l’économie et question souplesse, c’est pas comme Barre, lui, c’est un esprit rond dans un corps rond. Pas comme une queue de pelle, disons, mais bon. Vous voyez.

* Et pour diriger toute cette production minutieusement contrôlée de papier, une bonne petite dose de Gouvernance Européenne, qui sera au niveau des institutions du Vieux Continent ce que sa lubie précédente était au niveau globo-mondialo-planétaire. Tout ceci sent le mûrement réfléchi, et laisse planer un petit doute sur la qualité du café distribué (libéralement, on peut être sûr) dans les séminaires de François.

Signalons tout de même un éclair de lucidité lorsqu’il pressent que les efforts budgétaires de Fillon seront supportés par les ménages : «Les 3/4 des sept milliards annoncés lundi seront payés par les ménages, ce qui fait 500 euros par ménage»… Éclair de lucidité malheureusement un peu trop court puisque ce triste coquin oublie de constater que cet effort ne représente au mieux qu’un petit pourcentage du déficit courant ou à venir du budget de l’État.

On pourrait déjà s’amuser à imaginer l’ampleur du déficit que Hollande produira par son premier budget en tant que président alors que la crise fera rage. Cantonné à faire le bouffon dans des enfilades de G20 tous plus grotesques et inutiles les uns que les autres, on sait déjà qu’il ne fera pas mieux, ni plus, que Sarkozy dont on apprend par ailleurs qu’il envisage à présent sérieusement une défaite en 2012.

Et si Sarkozy a deux sous d’entregent politique, il pourrait bien souhaiter perdre et ainsi laisser le pays, en ruine, à son rival qui ne pourra absolument rien faire, tant par incompétence que parce qu’il est de toute façon bien trop tard.

En attendant, François, ne sentant pas le piège qui se referme, se lance dans de grandiloquentes tirades où le vote de mai 2012 sera celui qui permettra de redresser la France et l’Europe, tagada tsoin tsoin, et envoyez les flons-flons républicains et festifs !

Au fait, si, pendant tous ces discours, ces petites joutes faussement enflammées entre les socialistes plus ou moins extrêmes des partis politiques franchouilles, vous entendez, de façon insistante, des bruits de pelle, ce n’est pas un problème auditif. C’est simplement celui des fossoyeurs qui s’acharnent à creuser le trou dans lequel se pays s’enfonce, et dont les bruits ahanant sont à peine couverts par nos clowns à roulettes.

Et quand ces bruits de pelles s’arrêteront, ce ne sera pas du tout bon signe.
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