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The Elder Scroll V : Skyrim – Test

Publié le 14 novembre 2011 par Duxxy28 @duxxy28

The Elder Scroll V : Skyrim – TestPutain six ans ! En mars 2006, le denier Elder Scrolls sortait sur la nouvelle génération de consoles histoire de succéder dignement à Morrowind, sorti lui en 2002. Oblivion, comme son illustre prédécesseur, proposait des graphismes époustouflants pour l’époque et une carte proprement gigantesque, invitant le joueur à flâner dans le décor pour admirer le paysage. Hélas, le jeu n’était pas sans défauts : monde désespérément vide, incapacité du gamebryo engine à afficher autre chose que des caricatures en guise de trognes ou à gérer les échelles, combats franchement mous… Imaginez-vous plongé au milieu d’un bac à sable géant avec un seau troué et une pelle sans manche. Heureusement, la communauté des Elder Scrolls est particulièrement active et aujourd’hui, avec plusieurs giga-octets de mods et d’add-on, Oblivion est devenu relativement fréquentable. Reste à savoir si Skyrim réussira à lever cette malédiction qui force le joueur à attendre plusieurs mois pour voir le potentiel du jeu pleinement libéré grâce aux fans.

« Il était cinq fois en Tamriel… »

The Elder Scroll V : Skyrim – Test

Un souverain et son conseiller : amis ou ennemis ?

L’histoire se déroule dans une nouvelle contrée de Tamriel : Skyrim, patrie des nordiques. Les dragons s’éveillent et menacent de ravager le pays et avec eux, on voit ressurgir une ancienne prophétie. Elle parle d’un homme capable de terrasser les dragons et d’absorber leurs âmes pour se servir de leurs pouvoirs : le Dragonborn. Coup de chance, vous avez semble-t-il été béni du sang des dragons et c’est de vous qu’on parle. Manque de pot, il vous faudra affronter le Dévoreur de Mondes pour sauver le monde. Avec un tel nom, on s’imagine bien la puissance du bestiau d’en face. Fait cocasse, vous étiez jusqu’alors ignorant de votre statut d’élu et il va falloir tout apprendre pour vous préparer au combat final. Ainsi débute votre recherche du pouvoir des dragons. Ne croyez pas pour autant que tout le monde vous aidera parce que vous êtes un héros en devenir. Bon nombre d’habitants de Skyrim n’en auront cure et vous considéreront comme un banal roturier. Les autres pour leur part seront partagés entre le respect intéressé et l’envie de meurtre. Conformément aux habitudes ayant cour en Tamriel, les puissants complotent et guerroient, faisant passer leur intérêt personnel avant le vôtre ou celui du peuple. Ne comptez pas sur une aide désintéressée, la définition d’une telle hérésie n’ayant pas cours sur ces terres de glace. Vous devrez donc évoluer au milieu des complots politiques, des sectes et des guildes, chacune à la recherche de plus de pouvoir de notoriété.

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Hache dans une main, un sort dans l'autre. Il va falloir faire mieux que ça pour se débarrasser de lui.

Comptez également sur les dragons pour venir vous barrer régulièrement la route. Vous devrez en tuer quelques-uns en communauté, mais vous serez la plupart du temps seul à les combattre. Une des meilleures expériences que vous pouvez avoir dans ce jeu consiste à effectuer un banal voyage entre deux villes pour une quête ou par curiosité, et vous faire attaquer en rase campagne par un lézard volant. Premier réflexe, l’attaque frontale. Dommage, vous êtes mort. Après un reload bien senti, votre priorité sera de trouver un abri. Personnellement, je me suis planqué sous un pont comme un gros lâche et j’ai attendu qu’il parte, sans succès. Dans ce cas, jouez les fourbes et allez-y par petites touches : une flèche dans sa mouille, et retournez vous cacher. Après avoir vécu ce genre d’expérience et le stress occasionné, vous réviserez votre jugement sur la couardise et le courage. Les courageux y sont peut-être allé bravement mais sont morts en vingt secondes. Moi, je suis toujours là.

C’est dans les vieux pots…

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Votre héros pourra enfin avoir un visage normal.

Comme à l’accoutumé, vous commencez votre aventure dans la peau d’un prisonnier non répertorié. Personne ne sait vraiment quelles sont vos fautes ni votre nom ou votre profession ce qui permet d’introduire la phase de création du personnage. On commence à avoir l’habitude maintenant. Première bonne surprise, si c’est toujours le Gamebryo qui constitue le cœur du Creation Engine, le nouveau moteur du jeu, des progrès ont été fait sur les faciès, et vous pourrez maintenant accoucher d’un personnage qui n’ait pas une tête d’attardé ou de Franck Ribéry. Les races habituelles sont toujours présentes, et chacune offre un bonus spécifique : meilleur résistance, compétence de marchandage, maîtrise de la magie… les choix sont variés mais au final, ils serviront principalement au début de l’aventure, votre progression étant libre et le jeu vous permettant de toucher à tous les domaines comme bon vous semble.  A ce propos, il est bon de signaler que les habitués seront peut-être un peu perdus au moment de passer le premier niveau : oubliez les points à placer en force, intelligence, constitution et autres statistiques. A chaque nouveau palier, vous devrez choisir d’améliorer votre santé, votre mana ou votre stamina, ces trois paramètres disposant d’une réserve se régénérant au fil du temps. Vous devrez ensuite investir un point de compétence dans la perk de votre choix grâce à un système d’arbre d’évolution. A titre d’exemple, le signe « destruction » vous permettra de déverrouiller des bonus de dégâts aux sort de feu et d’électricité, ou de réduire le coût de mana des sorts de cette classe, sans que les sorts de restauration ne soient affectés par ces bonus. Certaines parties de l’arbre ne pourront d’ailleurs être acquises qu’après avoir acheté les compétences de puissance moindre et avoir atteint un niveau suffisant dans le domaine. Skyrim reste un Elder Scrolls et vos compétences monteront toutes seules indépendamment du niveau du personnage si vous les utilisez fréquemment. Ne se battre qu’à l’arc fera progresser vos talents d’archer et avancer à pas feutrés en présence d’ennemis renforcera votre capacité d’infiltration.  Saluons tout de même la disparition de certaines compétences inutiles de ce système, comme le saut ou la course : vous ne serez plus obligé de parcourir le monde comme un kangourou pour gagner des niveaux, ce qui ne peut pas nuire à l’immersion.

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Le pauvre ne se doute pas de ce qui l'attend.

Au rang des nouveautés majeures, veuillez accueillir le combat à deux mains. Enfin dans un Elder Scrolls, vous pourrez contrôler séparément chacune de vos pognes, ce qui est bien pratique quand on veut rôtir son ennemi et taper dessus en même temps pour attendrir la viande ou lancer un sort de soin tout en se protégeant avec son bouclier. Sort, arme, bouclier, vous pourrez assigner ce que bon vous semble à vos mains droite et gauche pour coller à votre style de jeu, hormis certaines contraintes liées à la nature des objets saisis : si votre personnage se sert d’une claymore, inutile de préciser que les deux mains seront utilisées. De temps en temps, on mettra également le même sort dans les deux mains afin de renforcer son effet, nous interdisant dès lors de porter autre chose. A vous de trouver le meilleur combo en combat en fonction des ennemis. Il faudra d’ailleurs vraiment réfléchir différemment selon que vous serez encerclé par de la piétaille ou chargé par un troll ou un géant, seul mais puissant. Dans le premier cas, vous pourrez compter sur quelques parchemins magiques bien utiles comme le « Scroll of Mayhem » semant la confusion chez l’ennemi et les forçant à se battre entre membre d’une même troupe. Il ne vous restera plus ensuite qu’à défaire le chef, en général plus résistant et dernier encore en vie.  Dans le second cas, une nouvelle forme de magie propre à Skyrim vous sauvera peut-être la vie : le cri. Votre destin est intimement lié à celui des dragons et vous disposez d’une capacité unique : vous pouvez lire la langue des dragons et ainsi utiliser leur magie, après avoir absorbé leur âme. Ces sorts ne nécessitent pas de mana pour fonctionner et sont utilisables une infinité de fois par jour pourvu qu’on laisse passer un intervalle de quelques secondes entre chaque utilisation. D’abord peu efficaces, ils deviendront redoutables lorsque vous enrichirez votre vocabulaire et combinerez les différents « mots » pour libérer leur puissance. Ils repousseront les ennemis, vous permettront de filer comme le vent ou de cracher les flammes de l’enfer. Beaucoup sont cachés dans le monde de Skyrim et il vous faudra fouiller chaque recoin et effectuer toutes les quêtes secondaires pour être sûr de n’en oublier aucun.

« J’adore qu’un plan se déroule sans accroc »

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Ici, une attaque basse du front ne marchera pas : il a plus de vie que vous et tape plus fort. Heureusement, vous avez des sorts et des potions.

Autant vous dire que vous risquez d’y passer du temps. Après plus d’une dizaine d’heures, vous aurez à peine l’impression d’être rentré dans le jeu. Comme pour les épisodes précédents, le contenu proposé est absolument titanesque mais, bonne nouvelle, les quêtes sont beaucoup plus intéressantes que d’ordinaire et disposent de plusieurs résolutions possibles. Elles paraissent aussi mieux amenées et jouent souvent sur la corde de l’honneur ou de l’émotion. Dans la première ville, Whiterun, vous croiserez une vieille femme qui crie à qui veut bien l’entendre que son fils est toujours en vie. Après l’avoir croisé quelques fois, vous pouvez lui demander pourquoi elle pense ainsi alors que tout le monde le dit mort. Pas de gros point d’exclamation au-dessus de sa tête, il vous faudra écouter et observer pour savoir qui aider et qui combattre. Souvent, vous surprendrez des informations au détour d’une conversation entendue au coin de la rue, et les PNJ ne se jetteront pas sur vous pour vous exposer leur problème. Votre tâche consiste vraiment à vous intégrer dans le monde, à aller à sa rencontre, et flâner dans les rues sans objectif précis n’aura jamais été aussi productif pour peu que vous tendiez l’oreille. Et pour le cas où vous vous ennuieriez  quand-même, les développeurs ont pensé à tout : le pays nordique est infesté de sales bestioles qui chercheront à vous faire la peau et très vite, vous serez poursuivi par des assassins. En marchant dans les steppes et les montagnes, vous pourrez aussi récolter des plantes, du cuir et des minerais, qui vous permettront de créer potions, armes et armures bien utiles lors de combats un peu plus ardus que prévu. Car la difficulté est au rendez-vous. Rien d’insurmontable bien sûr, mais à force de tuer du bandit de grands chemins par paquet de quinze, vous serez parfois surpris par la puissance de certains ennemis, et foncer tête baissée en criant « LEEROYYY JEEENKIINS ! » en chaque occasion se révèlera peu productif sur le long terme. Sans être exceptionnels, les combats ont gagné en intensité et en profondeur, et il faudra souvent mener une attaque en plusieurs étapes pour être sûr qu’elle arrive à terme. Le terrain accidenté de Skyrim offre de superbes opportunités stratégiques, à l’instar des nombreux pièges installés dans les donjons à votre endroit. Il est absolument délectable de se planquer, tuer un garde à l’arc pour attirer l’attention des autres, se découvrir à leur vue et les attirer dans une mare de pétrole qu’on pourra enflammer grâce à un sort ou aux lampes à huile suspendues au plafonnier.

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Je crois que je viens de tuer tous ses copains. Du coup il pleure comme une fillette. Je m'en vais abréger ses souffrance.

Mais tout ceci ne serait pas possible sans la présence d’une intelligence artificielle quelque peu améliorée. Désormais, les archers tenteront de rester au loin pendant que les guerriers viendront vous taquiner les flancs à grands coups d’épée à deux mains enflammée. Si vous blesser un peu trop brutalement votre adversaire, celui-ci pourra implorer votre pitié et si vous ne faites rien, il s’enfuira comme un lâche sans demander son reste. Plus drôle encore, il se peut que ce genre de comportement soit adopté par un adversaire, sans que vous ne l’ayez touché : après avoir décimé un camp de bandit composé de mages, archers barbares et autres créatures surnaturelles, vous vous approchez du coffre pour ramasser votre dû quand vous apercevez, caché derrière un rocher, un dernier bandit archer roulé en boue, tremblant et implorant votre pardon après avoir assisté au massacre en règle de ses compagnons. Surprise, sa jauge de vie est encore pleine. Ce PNJ réagi simplement aux évènements dont il a été le témoin. « Le monde est bien fait, » vous dites-vous en lui éclatant la tête à coup de masse avec un grand sourire. Et cette intelligence artificielle améliorée n’est pas le seul apanage de vos ennemis. Les PNJ classiques agissent maintenant de manière cohérente, que ce soit entre eux ou avec vous. Si vous êtes bon ami avec Untel, il ne vous dira rien si vous lui prenez une pomme sous le nez. Gare à vous en revanche s’il vous surprend en train de crocheter son armoire secrète ou de voler un des biens auquel il tient. Ainsi, se lier avec un forgeron ne vous autorisera pas à prendre chez lui les meilleures armes. Au mieux vous laissera-t-il une dague en fer ou une épée bon marché. Pour faire simple, le monde offre une cohérence plaisante à voir et qui renforce le sentiment d’immersion.

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S'emparer du pouvoir d'un dragon est toujours très spectaculaire.

De temps à autre toutefois le quatrième mur vole en éclat, nous rappelant au passage que tout cela n’est qu’un jeu. Votre personnage se trimbale avec une flèche plantée dans le crâne sans être gêné le moins du monde, les trolls des neiges sont bloqués par de simples marches comme s’il s’agissait de murs infranchissables, et d’une manière générale, vos ennemis ont le vertige et sont incapables de sauter d’une hauteur  supérieure à un mètre cinquante. Pour des victoires faciles, il suffit donc simplement de les attirer sur une plateforme, d’en descendre et de les griller avec le sort de flamme ou de les mitrailler de flèches tandis qu’ils restent coincés au-dessus de vous, morts de trouille. On remarquera également quelques animations de mort étranges, surtout pour les animaux. Parfois tout se passe bien et le loup que vous venez d’occire devient tout mou et dévale les pentes jusqu’à une zone moins escarpée. La majeure partie du temps hélas, il devient tout raide comme une figurine et reste là où vous l’avez tué, yeux et gueule ouvertes. Ces quelques bugs permettent toutefois de s’octroyer des petits plaisirs coupables : pendant l’éveil d’un squelette, avant qu’il ne soit complètement debout, dépouillez-le de ses armes comme vous le feriez pour un cadavre et regardez le paniquer, ne sachant quelle conduite adopter.

Beau de loin

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Pour afficher un monde aussi vaste, Bethesda privilégie la beauté artistique à la plastique pure. Pari gagné.

Pour ce qui est de sa réalisation, Skyrim se détache sans problème de son prédécesseur Oblivion, mais reste très loin des standards du genre. Pour rester dans le domaine du RPG, il se fait aplatir par The Witcher 2 avec perte et fracas. La raison en est très simple : quand Geralt de Rives se déplace dans un environnement fermé, où même les forêts sont des couloirs, votre avatar évolue dans un monde ouvert. Vous pouvez littéralement aller partout où se pose votre regard pour peu que vous aimiez les longues ballades bucoliques et la grimpette sans baudrier. En réglant la distance d’affichage au maximum, la plupart d’entre vous fera cracher du sang à son PC, mais quel spectacle ! Autour de vous dans la plaine, les loups chassent le cerf en meute, et des plantes aux couleurs chatoyantes s’étalent à vos pieds, attendant que votre main les cueille. Sur votre gauche, une montagne s’offre à votre vue, le vert des sapins couvrant son flanc écrasé par la blancheur immaculée des neiges éternelles siégeant à son sommet. En portant votre regard sur l’horizon, vous remarquez que les ombres dessinent les contours de ce qui pourrait être une ville siégeant en hauteur, telle une nouvelle tour de Babel bâtie sur le toit du monde pour rapprocher les hommes des cieux. Sa silhouette paraît lointaine et il vous faudra peut-être marcher dix ou vingt kilomètres pour l’atteindre au cours d’un pèlerinage parsemé d’embûches.

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L'arrivée d'une aurore boréale est toujours un moment privilégié. Vous vous arrêterez souvent pour la contempler un instant avant de reprendre votre route.

Oui, les textures bavent et sont loin d’être HD, la peau des personnages donne parfois l’impression d’être en papier mâché et les sphères ressemblent plus à des dodécagones. Mais le rendu global est magnifique et le travail sur les lumières vient donner une touche de majesté supplémentaire au tableau. Il suffit de voyager de nuit, éclairé par les deux lunes et une aurore boréale, ou de visiter les vestiges d’un temple baignés de la lumières perçant par les ouvertures forcées par le temps et la végétation pour s’en convaincre. Le plus gros défaut du Creation Engine vient sans doute de ses chutes de framerate inexpliquées. Etrangement, le jeu peut tourner à 60 images par secondes puis passer à 15, 40 et revenir à 60, sans logique apparente. Habituez-vous également à des temps de chargement de quelques secondes lors des transitions entre environnement extérieurs et intérieurs.

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Le nouveau système d'évolution se transforme pour mieux ressembler à la concurrence.

Cette nouvelle version du Gamebryo est poussée dans ses derniers retranchements et s’accompagnent de nouveautés salutaires. Outre les paysages grandioses qu’il nous offre et les visages enfin crédibles des personnages, le moteur permet désormais des animations plus naturelles. Ainsi, en vue à la troisième personne, votre personnage a enfin retiré le balai qu’il avait dans le rectum et les combats ne ressemblent plus à des bastons entre figurines en plastique. L’utilisation du moteur Havok Behaviour pour les animations des personnages permet en outre de ne plus mener les conversations en zoomant sur la tête en carton du PNJ auquel vous vous adressez. Désormais, tout se déroulera naturellement. Les personnages bougeront, regarderont alternativement votre auguste personne ou leurs interlocuteurs, les rois prendront nonchalamment la pose dans leur trône. Tout ceci encore une fois renforce grandement l’immersion. Malheureusement, on note aussi quelques ratés : les sauts sont approximatifs, il y a encore beaucoup de bugs de collision et si un mammouth vous frappe, vous serez littéralement mis sur orbite.

The Elder Scroll V : Skyrim – Test

Vous devrez faire plusieurs tentatives pour découvrir les spécificités de chaque ingrédient.

Le travail sonore est également de très bonne facture. Les musiques alternent entre les thèmes lancinants et épiques en fonction des situations rencontrées et donnent un vrai souffle à votre aventure. L’environnement vit également autour de vous. Vous entendrez le vent souffler dans les branches, les insectes bourdonnent autour de vous et en tendant l’oreille, vous devinerez aisément quels animaux se trouvent alentour. La spatialisation est précise et les sorts et les coups disposent d’un bon feedback sonore, soins particulièrement appréciables lors des combats contre plusieurs ennemis : il sera très facile de deviner le nombre et le type d’ennemis vous encerclant ainsi que leur emplacement à la seule force de l’oreille. Et si la VF n’est pas catastrophique, nous vous encourageons encore une fois à passer les voix en anglais pour profiter de dialogues plus fins que d’ordinaire avec, en bonus, des PNJ qui se coupent la parole de façon réaliste, une première ! Seul petit problème, rencontré par votre serviteur en personne : le jeu supporte mal les échantillonnages de haute fréquence. Ainsi, il vous sera impossible de lancer le jeu si le son Windows est réglé sur 192kHz et vous entendrez des grésillements aléatoires si vous restez à 96kHz. La seule solution consiste à passer le son en 48.000Hz via Windows, et revenir à une qualité supérieure en sortant du jeu si vous êtes vraiment audiophile.

On se console comme on peut

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Le crochetage est d'une simplicité enfantine. Inutile de monter cette compétence, vous arriverez à déverrouiller les serrures les plus complexes avec le niveau de base.

Grosse déception en revanche concernant l’interface du jeu et les contrôles en général. C’est officiel, Bethesda est passé du côté obscur de la force en visant principalement les consoles dont le PC devient un parent pauvre. Votre interface s’affiche via un menu radial, les objets sont listés par ordre alphabétique sur une seule colonne et en texte uniquement, impossible d’attribuer les combinaisons main droite/main gauche aux touches alphanumériques ou F1, F2… En gros, la synthèse de tout ce qu’il ne faut pas faire sur PC. Pour changer d’arme à la volée, il faudra donc aller dans le menu, attribuer à une arme ou un sort la caractéristique « favori » et en combat, ouvrir ce menu « favoris », ce qui met le jeu en pause, attribuer un objet à la main droite, un autre à la gauche et revenir en jeu. Tout cela au lieu d’un simple petit coup de molette ou d’une pression sur « 1 », deux actions qui ont l’avantage de ne pas suspendre l’action.  La map est de son côté très jolie, en 3D et en couleur, mais pas ergonomique pour deux sous, et enfin, consoles obligent, le joueur est ultra assisté à coup de boussole, de marqueurs de quête et de téléportation à la demande sans contrepartie. Heureusement, la plupart de ces aides sont désactivables sur PC via le fichier SryrimPrefs.ini et nous vous concocteront bientôt un petit guide pour rendre Skyrim plus beau et plus intelligent, en attendant les premiers mods.

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L'architecture des villes est très crédible et les rues sont vivantes. De plus les habitants vont vraiment quelque part et ne errent plus du matin au soir sans raison.

Bethesda a en effet annoncé de longue date sa volonté d’offrir les outils de création aux joueurs PC avec son jeu. Il semblerait toutefois que le Creation Kit ait dû être retardé pour régler quelques détails, mais nous devrions bientôt pouvoir jouer à Dieu avec ce nouveau pays du continent de Tamriel. Ces outils ne seront disponibles que sur PC et marquent quand même la gratitude de Bethesda envers la communauté des Elder Scrolls pour son travail sur les précédents épisodes. Tous les titres de cet éditeur sortent en général mal fignolés de par leur gigantisme, et les moddeurs travaillent derrière pour en tirer la quintessence et libérer le plein potentiel des jeux. Pour résumer, un jeu Bethesda moyen à sa sortie deviendra bon au bout d’un an et un bon jeu deviendra vite excellent, tout cela grâce aux fans. Il en a toujours été ainsi, et il est bon de voir que le studio garde cette volonté de fournir aux joueurs tous les outils nécessaires pour améliorer leur expérience.

Note Globale : 9/10

Ce cinquième épisode de la série affiche crânement un niveau de finition encore jamais atteint par un Elder Scrolls à sa sortie. Malgré ses quelques défauts, Skyrim et une vraie perle vidéo-ludique indispensable aux aventuriers solitaires à la recherche d’un terrain de jeu suffisant pour étancher leur soif de grandeur. Le pays nordique est immense et incroyablement riche : qu’il s’agisse de la faune, la flore, des quêtes, des personnages, des façons de jouer, tout est présent dans des proportions gargantuesques. Et pourtant, les développeurs réussissent le tour de force de ne pas nous noyer au milieu de cette avalanche. Pour une fois dans la série Elder Scrolls, vous n’êtes jamais perdu, et vous savez toujours quel est votre objectif principal même en sortant de cinq ou six mini-quêtes. Pour peu que vous vous intéressiez aux quêtes secondaires et aux promenades bucoliques, sans compter les mods à venir, vous pourrez facilement passer une centaine d’heures sur Skyrim sans vous ennuyer un instant. Le système de quêtes interactives vous permet de construire votre propre histoire et de devenir qui vous voulez. Avec le temps et grâce aux moddeurs, ce jeu risque bien de devenir parfait et notre verdict est aujourd’hui sans appel : il s’agit sans doute du meilleur opus de la série Elder Scrolls.


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