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Jamais un si gros chèque ne m’a rendu aussi triste

Publié le 15 novembre 2011 par Fabien Major @fabienmajor

Il voulait une assurance. Il m’a contacté il y a bien 6 mois et jonglait avec l’idée. Il, c’est Louis (nom fictif). Je le connais depuis 5-6 ans. Je m’occupais du fonds de pension d’une petite compagnie de logiciels de la Rive-Nord et il y était un technicien. On s’est tout de suite entendu parce qu’il était curieux et voulait en savoir plus sur ses affaires. Il voulait comprendre ses avoirs et que je le renseigne le plus possible sur le monde des placements.

C’est là que j’adore la partie. Ça a cliqué aussi parce qu’on avait le même âge et… des enfants du même âge. J’ai toujours aimé échanger avec lui sur l’économie, les grands enjeux et les gars dans la quarantaine qui se questionnent sur la famille, le couple et… leurs rêves.

Récemment , il a refait sa vie avec une nouvelle flamme et une autre famille reconstituée a vu le jour. Il a changé de demeure, mais, comparativement à bien d’autres, il a pensé à refaire son testament. Comme ça, au cas où. La nouvelle hypothèque pèse bien lourd dans le budget de cette nouvelle famille, alors c’est pour ça qu’il voulait une assurance. Juste pour ne pas transmettre des dettes en héritage ou pire, forcer sa nouvelle gang à déménager dans la tristesse, si un drame se produisait.

Jamais un si gros chèque ne m’a rendu aussi triste

Alors, un bon vendredi de mars je me rends chez Louis. Il est prêt et veut que je l’aide à dénicher une assurance vie pour couvrir le prêt hypothécaire. Bon, et pourquoi ça presse comme ça?
-Je pars en vacances, dans le sud… demain. Pis, j’n’en ai pas d’assurance. M’as voyager plus léger avec ça de réglé.

Pas de trouble. Il est en bonne santé, jeune quarantaine. Pas de problème médical connu. Ça devrait être une formalité. On a signé le tout et je suis reparti avec un chèque de moins de cinquante dollars en lui laissant une note de couverture d’assurance provisoire. Le dossier était à l’étude, jusqu’à maintenant.

Sa conjointe Sylvie m’a appelé hier. Le voyage d’amoureux a tourné à la catastrophe. Après 3 jours de détente et de plaisir au soleil, un AVC a terrassé Louis. Il s’est éteint dans les bras de sa douce. Pas d’avertissement, pas de chance, pas de répit. Ça frappe comme ça. Sans sonnette, sans allure. Louis était une connaissance, mais je l’aimais bien.

Sa blonde occupe un emploi précaire à temps partiel. L’hypothèque sera payée et elle aura un souci de moins, parce que Louis y a pensé. Voilà, je voulais vous offrir ce matin, un autre aspect de la finance qui ne fera pas la manchette de la grosse Presse. Le chèque ne compensera rien du tout et ne remplacera personne. La peine sera au rendez-vous encore très longtemps. Mais, pas la misère.

Cette famille serait tellement plus riche aujourd’hui avec le grand sourire de Louis dans la cuisine. Tu vas me manquer vieux!


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