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Critiques cultivés? A demi…

Publié le 26 novembre 2011 par Bernard Girard
Je regardais tôt ce matin une émission culturelle sur Paris-Première : Ca balance à Paris, une sorte de masque et la plume qu'anime Eric Naulleau avec quelques jolies frimousses (dont celle de la très blonde Adélaïde de Clermont-Tonnerre) et plusieurs quinquagénaires mal rasés et plutôt négligés. La formule est convenue, mais l'ensemble est vif et parfois amusant. On y parle théâtre, cinéma, littérature, toujours en quelques secondes, mais aussi de musique, de rock, de chanson, de variétés, jamais de musique classique ou contemporaine, d'opéra, de concert ou de danse. N'est-ce pas de la culture? Ou n'est-ce pas plutôt que nos critiques tous terrains sont d'une ignorance crasse en la matière? Mais sont-ils les seuls?
Ivo Malec me faisait récemment remarquer que les gens cultivés n'ont souvent, en France, de références musicales que dans la chansonnette. C'est vrai. Mais pourquoi? On peut avancer plusieurs explications sans qu'aucune soit vraiment convaincante :
- L'éducation musicale depuis toujours négligée en France? C'est vrai, mais les salles de concert sont pleines ;
- A l'inverse d'un film ou d'une pièce de théâtre, les concerts se donnent rarement plusieurs fois, ce qui interdit au critique de les recommander? Sans doute, mais cela ne vaut pas pour les disques ;
- Les critiques n'ont aucune formation musicale et seraient donc bien en peine de porter un jugement ayant quelque apparence de sérieux? Probable, mais il existe des critiques de musique qui savent lire et vont aussi au cinéma. Ils seraient tout à fait à leur place dans ce genre d'émission ;
- Cela ennuierait le public? Peut-être, mais pourquoi plus que des discussions sur une pièce de théâtre ou un roman?
- Il est difficile de parler de musique? C'est vrai, mais la tribune des critiques d'Armand Panigel et toutes les émissions construites depuis sur le même modèle, que l'on peut entendre sur France Musique, montrent que ce n'est pas impossible (que l'on peut même y faire preuve de beaucoup de méchanceté) ;
- La critique, partie prenante de l'industrie culturelle, privilégie les niches les plus "rentables"? C'est l'explication la plus convaincante. Je ne suis cependant pas sûr qu'elle suffise…
Critiques cultivés? A demi…

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